Couche-Tard: Québec songe à un bloc de contrôle avec des investisseurs privés

Québec peut créer des conditions favorables pour inciter... (PHOTO Martin Chamberland, LA PRESSE)

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Québec peut créer des conditions favorables pour inciter des investisseurs potentiels à acheter des actions de Couche-Tard, sans investir directement dans l'entreprise, croit le ministre des Finances, Carlos Leitao.

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(Québec) Québec envisage de constituer un bloc de contrôle avec des investisseurs privés afin de protéger Couche-Tard. Pour y parvenir, il ferait appel à son bras financier, Investissement Québec. Mais il est hors de question de faire un achat « massif » d'actions.

Mercredi, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a offert son aide au PDG Alain Bouchard en vue d'éviter la vente de l'entreprise. Il a fait un pas de plus jeudi en précisant la forme que pourrait prendre l'intervention de l'État.

« Investissement Québec peut attirer d'autres investisseurs privés québécois qui, ensemble, pourraient constituer un bloc de contrôle. C'est ça l'objectif », a soutenu le grand argentier du gouvernement lors d'une mêlée de presse. « Investissement Québec peut servir de catalyseur pour créer un groupe d'actionnaires qui peut détenir un certain pourcentage d'une entreprise et donc créer un bloc de contrôle. Ça, ça peut se faire ».

De son côté, la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, a souligné qu'Investissement Québec peut très bien acheter un bloc d'actions en vue de contribuer au maintien du contrôle québécois d'une entreprise. « Est-ce qu'il y a une possibilité qu'on soit capable avec Investissement Québec d'acheter des blocs d'actions qui permettent de nous assurer que le leadership québécois demeure ? C'est absolument une possibilité. C'est quelque chose qu'on peut très bien envisager. Mais je ne réponds pas sur la question de Couche-Tard spécifiquement, je réponds pour l'ensemble des entreprises. Mais bien sûr que ça peut inclure Couche-Tard. »

L'achat éventuel d'actions de Couche-Tard doit « respecter la capacité des Québécois de payer », a-t-elle répondu.

Carlos Leitao a d'ailleurs précisé qu'un achat massif d'actions par Investissement Québec n'est aucunement envisageable. « Est-ce que c'est à l'État d'investir massivement dans les entreprises québécoises ? Écoutez, nous ne sommes pas dans un régime de capitalisme d'État, on n'est pas dans un régime soviétique. Ce qu'on peut faire, c'est de créer les conditions pour que des groupes locaux d'actionnaires puissent augmenter leur participation dans une entreprise québécoise », a-t-il plaidé.

Il répondait ainsi à une proposition du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault. Il a demandé au gouvernement de confier à Investissement Québec « quelques milliards de dollars » provenant du Fonds des générations, qui sert à réduire le poids de la dette, afin d'acheter des actions de Couche-Tard.

En entrevue à La Presse, M. Bouchard a évoqué la possibilité de vendre Couche-Tard si les actionnaires ne revoient pas leur position et que la société perd effectivement en 2021 ses actions à droit de vote multiple, qui la protègent contre les offres d'achat. Ces titres à 10 votes par action deviendront des actions ordinaires à un seul vote dans un peu plus de cinq ans, comme le prévoit une clause signée par les fondateurs en 1995. Alain Bouchard a tenté sans succès jusqu'ici de maintenir les actions à droit de vote multiple lors de l'assemblée des actionnaires. Les actionnaires de Toronto sont responsables du blocage, a indiqué M. Bouchard.

Selon François Legault, il manque de 6% à 8% d'appuis à Alain Bouchard pour obtenir les 66% nécessaires pour préserver le statut des actions à droit de vote multiple. Quelques milliards d'actions sont ainsi en jeu. M. Legault a justifié l'intervention de l'État en disant que l'entreprise n'est pas un « canard boiteux ». « On parle d'aider une des entreprises canadiennes les plus rentables, qui a obtenu le meilleur rendement pour ses actionnaires », a-t-il plaidé. « Ce qu'on pourrait faire, par exemple, c'est utiliser le Fonds des générations puis, plutôt que de le mettre dans une gestion un peu passive, le faire gérer en partie par Investissement Québec puis s'assurer qu'Investissement Québec joue son rôle pour protéger les sièges sociaux. »

Comme Carlos Leitao, Dominique Anglade a rejeté cette option. « Il faut faire attention : il ne faut pas envoyer le message comme quoi au Québec on est prêt à nationaliser toutes les entreprises que nous avons », a-t-elle dit.




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