Des magasins Jacob survivront-ils?

Certaines boutiques Jacob fermées au début du mois de mai... (PHOTO YAN DOUBLET, LE SOLEIL)

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Certaines boutiques Jacob fermées au début du mois de mai pourraient rouvrir, alors que le fondateur et propriétaire Joseph Basmaji cherche à poursuivre les activités de l'entreprise.

PHOTO YAN DOUBLET, LE SOLEIL

La disparition de tous les magasins Jacob n'est plus aussi certaine qu'elle l'était il y a un mois. Le détaillant insolvable s'est trouvé un nouveau prêteur, ce qui lui donnera le temps d'évaluer d'autres options que la liquidation de ses actifs.

En se plaçant à l'abri de ses créanciers début mai, l'entreprise avait clairement indiqué que son objectif était de procéder à une liquidation ordonnée de ses actifs. Le scénario le plus probable était alors que Jacob écoule ses vêtements dans ses magasins, jusqu'à ce qu'une entreprise spécialisée en liquidation achète les stocks restants et les vende.

Jacob avait annoncé le 5 mai son intention de solliciter les acquéreurs potentiels et de conclure une vente avant le 3 juin.

Or, aucune transaction n'a encore été conclue. L'entreprise montréalaise s'est plutôt trouvé un prêteur intérimaire: Continental Capital Investments (CCI), a appris La Presse Affaires en consultant des documents déposés en Cour supérieure. Et le tribunal lui a permis de demeurer à l'abri de ses créanciers jusqu'au 19 juillet. CCI est une entreprise de l'arrondissement de Saint-Laurent. Elle appartient, selon le Registraire des entreprises du Québec, à Andrew Chelminski, qui fut président des magasins de valises Bentley (de 1987 à 2013), ainsi qu'à Leonardo Gucciardi. Son secteur d'activité est «encanteur et liquidateur».

La marge de crédit d'un maximum de 8 millions de dollars, au taux annuel de 15%, servira en priorité à rembourser la dette garantie de Jacob auprès de la Banque CIBC, soit 4,1 millions, au 26 mai, selon les estimations du syndic au dossier, PricewaterhouseCoopers. Mais cette nouvelle injection de fonds (un financement «DIP», pour «debtor-in-possession», dans le jargon) servira un autre objectif: «donner du temps à l'entreprise pour évaluer d'autres options de restructuration».

Relance partielle

Selon nos informations, le fondateur et propriétaire de Jacob, Joseph Basmaji, chercherait le moyen de poursuivre les activités de Jacob. «Il aimerait effectuer une relance réduite, avec seulement quelques magasins. Il travaille là-dessus.» Les actifs de Jacob seraient ainsi liquidés en partie seulement.

La fille de l'entrepreneur, Cristelle Basmaji, chargée de répondre aux questions des médias, n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.

Les autres possibilités sont une vente complète de l'entreprise (stocks, baux, marques de commerce). Il est aussi envisageable que les actifs soient vendus à différentes entités. Une entreprise pourrait vouloir seulement les vêtements et une autre les baux, afin de prendre de l'expansion rapidement dans tous le pays, dans des centres commerciaux de grande qualité. Les grands propriétaires immobiliers pourraient aussi racheter leurs baux pour les relouer un à un.

Même si aucune transaction n'a encore été conclue, «plus d'un acquéreur» était intéressé par les stocks, nous a indiqué Christian Bourque, associé chez PricewaterhouseCoopers (PwC) et directeur du département de restructuration à Montréal. Une dizaine d'entreprises de liquidation ont été contactées ces dernières semaines et il y a eu «un engouement réel pour les vêtements».

2,4 millions en loyers impayés

Le rapport de PwC nous apprend par ailleurs que Jacob doit 1,1 million à Ivanhoé Cambridge, le bras immobilier de la Caisse de dépôt et placement du Québec et 1,3 million à Cadillac Fairview, propriétaire du Carrefour Laval et des Promenades St-Bruno. Il s'agit de loyers impayés dans les deux cas. Ses dettes envers d'autres acteurs du secteur immobilier sont moindres: Oxford, 39 000$; Primaris, 26 000$; Oberfeld Snowcap, 68 000$; Yorkdale Shopping Centre, 32 000$.

La très grande majorité des autres entreprises à qui Jacob doit une somme dans les cinq et les six chiffres sont établies en Chine ou à Hong Kong. Il s'agit de fournisseurs de vêtements.

Jacob doit aussi 179 000$ au ministère du Revenu du Québec, 60 000$ au cabinet d'avocats Stikeman Elliott, et 100 000$ au ministère des Finances de Colombie-Britannique.

Dans la liste des créances garanties, on retrouve les salaires des employés (955 000$), la Banque de développement du Canada (7,5 millions), la CIBC (9,3 millions officiellement) et deux entreprises à numéro appartement à Joseph Basmaji (total de 55 millions).




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