Marijuana médicinale: marché concurrentiel au Canada

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Geordon Omand
La Presse Canadienne
VANCOUVER

Les beaux jours de la marijuana médicinale sont bel et bien terminés depuis que le gouvernement fédéral a imposé de nouvelles règles qui empêchent aux patients de faire pousser eux-mêmes leurs plantes, mais un nouveau commerce est en train de fleurir.

La permission de produire étant désormais accordée à quelques producteurs commerciaux, un nouveau secteur est en train de se métamorphoser pour devenir très concurrentiel.

Mais la situation est loin d'être la panacée «irrationnelle» dont parlent les écoles d'affaires, selon le président directeur général de la firme d'investissements Matica Enterprises, Boris Ziger. Le marché financier est devenu «complètement fou» au printemps 2014, alors que différentes entreprises ont commencé à se positionner comme producteurs de marijuana dans l'espoir d'empocher les rares investissements de l'industrie.

L'entreprise de M. Ziger a mis des millions de dollars dans la THC Dispensaries Canada, un aspirant producteur de marijuana médicinale.

Au début de cette ruée vers l'or vert, les organismes de réglementation des marchés ont mis les investisseurs en garde face au fait de mettre leurs sous dans ces entreprises, en raison d'un manque de disponibilité d'informations et de la frénésie du marché.

«C'était un marché très à la mode, les gens spéculaient, a raconté Nick Brusatore, qui possède la part majoritaire d'une compagnie aspirant à la production, Affinor Growers. Mais les gens en ont assez de la mode. Le marché est plus sage maintenant.»

De nouvelles entreprises qui tentent d'entrer dans le secteur de la production de marijuana médicale ont même du mal, à présent, à financer leurs sociétés.

«Même nous, nous trouvons cela difficile d'amasser de l'argent, a affirmé M. Ziger, ajoutant que les nouveaux joueurs doivent travailler encore plus fort pour ce qui pourrait rapporter gros. On n'a pas vu une telle ouverture de marché depuis la levée de la prohibition de l'alcool. C'est vraiment la seule comparaison qu'on puisse faire.»

La firme de M. Ziger en est aux dernières procédures pour obtenir le permis de Santé Canada et prévoit une expansion de 10 millions de dollars pour ajouter un terrain de 14 hectares à THC Dispensaries Canada. Cela permettra à la compagnie de produire 11 000 kilogrammes de marijuana annuellement.

Malgré la féroce concurrence pour les investissements, les entreprises continuent d'appliquer pour obtenir des permis de production de Santé Canada. Au 26 janvier dernier, le ministère avait reçu plus de 1200 demandes.

Environ la moitié des demandes étaient incomplètes, 223 ont été refusées et 35 ont été retirées, selon Santé Canada. Vingt-trois permis ont été accordés, soit 15 pour la production pleinement autorisée, et huit pour la culture seulement, sur une base probatoire. L'agence traite présentement 320 demandes. Au Canada, environ 40 000 patients consomment de la marijuana à des fins médicales.

Mais l'enthousiasme des investisseurs a une fin: la légalisation. Selon Nick Brusatore, la légalisation de la marijuana verrait l'approvisionnement se tourner vers l'Argentine ou l'Uruguay où les coûts de production sont moins élevés qu'au Canada.

«Les marchés de la marijuana ne seront pas ce que les gens pensent. Ils vont s'écrouler. Point.»




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