La dette des ménages reste un risque à l'économie, dit la Banque du Canada

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne
OTTAWA

La Banque du Canada a une nouvelle fois identifié la dette croissante des ménages comme une des plus importantes failles dans l'armure économique du Canada.

La banque centrale a publié mercredi sa revue semestrielle du système financier pour souligner ses principales vulnérabilités et avertir des menaces qui pourraient planer sur lui.

Cependant, le rapport affirme que malgré les risques qui persistent, l'économie continue de montrer des «signes de généralisation de la reprise», et l'évaluation d'ensemble que fait la banque centrale de la stabilité financière du Canada reste relativement inchangée par rapport à cet été.

«Nous estimons que la probabilité d'un choc négatif a diminué depuis la publication de la (revue du système financier) en juin dernier», a fait valoir le gouverneur de la banque, Stephen Poloz, dans un communiqué.

«Cette évolution fait contrepoids au constat selon lequel certaines vulnérabilités financières semblent augmenter légèrement.»

En plus de la croissance de la dette à la consommation, la revue a lancé un avertissement au sujet de la possible surévaluation du marché de l'habitation, d'une augmentation de la prise de risques sur les marchés financiers et de l'émergence de nouvelles menaces, comme l'affaiblissement des prix des matières premières et le plongeon du cours du pétrole.

La banque a aussi insisté sur les écueils qui pourraient éventuellement menacer la position du Canada, comme une hausse soudaine des taux d'intérêt à long terme, une augmentation des tensions financières en Europe et en Chine et une correction prononcée des prix des habitations. Elle a cependant répété qu'elle misait davantage sur un atterrissage en douceur du marché de l'habitation.

Selon la Banque du Canada, le marché de l'habitation pourrait être surévalué d'entre 10 et 30%.

Plus tôt en décembre, M. Poloz a maintenu le taux d'intérêt directeur de la banque centrale à 1%, où il se trouve depuis septembre 2010.

La faiblesse des taux d'intérêt a encouragé les Canadiens à accumuler les dettes depuis la récession, ce qui a aidé à revigorer l'économie. La plupart des économistes est des analystes ne s'attendent pas à ce que le taux directeur de la Banque du Canada soit modifié avant la moitié de l'an prochain.

Entre-temps, les Canadiens continueront à profiter du crédit peu dispendieux.

Le rapport de la banque centrale a prévenu que le ratio de la dette au revenu des ménages était près de son sommet historique, et que cet état des choses avait peut-être été alimenté en partie par la féroce concurrence entre les prêteurs.

Cette situation pourrait avoir encouragé certains Canadiens à trop emprunter et convaincu une partie des entités financières de prendre des risques plus importants dans leur choix de clients, a expliqué la banque.

Selon la Revue du système financier, environ 12% des Canadiens sont «fortement endettés». Même si ce pourcentage a été stable ces dernières années, il a doublé depuis l'an 2000, a souligné la banque. Ces ménages détiennent environ 40% de l'ensemble de la dette des ménages canadiens.

Les jeunes propriétaires d'habitations, a ajouté la Banque du Canada, sont devenus plus vulnérables aux chocs négatifs sur les revenus et aux hausses des taux d'intérêt.

«Les jeunes ménages de la génération actuelle qui sont propriétaires de leur logement affichent une dette hypothécaire rapportée au revenu plus élevée que les générations précédentes au même âge», a noté la banque dans son rapport.




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