SNC-Lavalin: un rapport accablant

«Malgré ce que nous croyons être des violations... (Photo Robert Mailloux, archives La Presse)

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«Malgré ce que nous croyons être des violations claires des contrôles internes, le chef des affaires financières [Gilles Laramée, qu'on voit ici sur une photo de 2002] travaille toujours pour SNC et dirigera l'application des recommandations du comité de vérification sur les contrôles internes», s'inquiète la firme Veritas.

Photo Robert Mailloux, archives La Presse

(Montréal) Autre tuile pour SNC-Lavalin: un nouveau rapport extrêmement critique envers l'entreprise vient soulever des questions sur le rôle du chef des finances, du conseil d'administration et du comité de vérification dans l'histoire des paiements douteux qui secoue l'entreprise depuis plus de deux mois.

Dans un rapport intitulé «Des squelettes dans le placard» et que La Presse Affaires a obtenu, la firme de recherche financière Veritas met en doute la «minutie» et la «transparence» du comité de vérification chargé de faire la lumière sur les paiements de 56 millions US dont SNC-Lavalin a perdu la trace.

Veritas s'interroge aussi sur le rôle du chef des finances de SNC-Lavalin, Gilles Laramée, dans le scandale. La firme soulève également le fait que le président du conseil de SNC-Lavalin International, Michael Novak, ait vendu 64% de ses actions de l'entreprise en mars 2011 «alors qu'il détenait peut-être des informations non publiques concernant certains des actes irréguliers».

Veritas, firme de placement torontoise, avait été la première à sonner l'alerte sur les pratiques comptables de la firme de génie québécoise dans un rapport publié en 2008.

«Nous maintenons que les problèmes de SNC-Lavalin sont loin d'être terminés», écrit Veritas dans son rapport de 51 pages daté du 26 avril 2012.

SNC-Lavalin a rejeté d'emblée ce rapport, en affirmant qu'il «entremêle à la fois des faits qui sont inexacts et les opinions personnelles très superficielles de ses auteurs».

«Il est étonnant que les auteurs questionnent le travail du comité de vérification et la réponse du conseil d'administration avec très peu d'information», a dit la porte-parole, Leslie Quinton.

Selon Veritas, le comité de vérification indépendant mandaté en février dernier par SNC-Lavalin pour faire la lumière sur les paiements suspects de 56 millions US n'est pas allé au bout de son travail.

«Nous nous interrogeons sur la minutie («thoroughness») de l'examen indépendant et la transparence de tout le processus», écrit la firme.

Veritas se questionne en particulier sur la décision de SNC de garder en poste le chef des affaires financières, Gilles Laramée. Selon les documents publiés par l'entreprise, M. Laramée savait que des paiements étaient attribués à des projets auxquels ils ne se rapportaient pas chez SNC. Pourtant, il n'a avisé ni le comité de vérification, ni le président du conseil. Il a aussi continué de signer les états financiers de l'entreprise.

«Malgré ce que nous croyons être des violations claires des contrôles internes, le chef des affaires financières demeure à l'emploi de SNC et dirigera l'implémentation des recommandations du comité de vérification sur les contrôles internes», s'inquiète Veritas.

La Presse Affaires avait déjà publié l'opinion de plusieurs experts qui mettaient aussi en doute le rôle de M. Laramée dans l'histoire des paiements douteux.

Selon Veritas, «la réponse globale du conseil d'administration a été insuffisante et manquait d'imputabilité».

«Nous avons un conseil d'administration qui n'a pas gardé l'oeil ouvert», a aussi dit hier à l'agence Bloomberg Stephen Jarislowsky, président de Jarislowsky Fraser, firme montréalaise qui est le plus gros actionnaire de SNC avec environ 14% des actions.

«La discipline était assez relâchée», a ajouté M. Jarislowsky.

Le rapport de Veritas braque aussi les projecteurs sur Michael Novak, président de la filiale SNC-Lavalin International. En mars 2011, M. Novak a liquidé 64% de ses actions ordinaires de SNC en exerçant des options, empochant un profit brut de 13 millions. Se basant sur les documents publiés par SNC, Veritas se demande si M. Novak, de par son rôle, ne fait pas partie des hauts dirigeants qui avaient eu vent des irrégularités à une date préalable à la vente de ses actions.




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