Les prix du sucre, du café et du cacao dégringolent de concert

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Le sucre échangé à Londres a glissé jusqu'à 394 dollars la tonne vendredi, un record de faiblesse depuis avril 2009.

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Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse
Londres

Les prix des matières premières alimentaires ont tous chuté cette semaine, les cours du sucre tombant même à des minima depuis plusieurs années à cause d'une offre surabondante sur le marché.

Le sucre au plus bas depuis 2009-2010

Les prix du sucre sont tombés cette semaine à des niveaux inconnus depuis quatre ans à New York et depuis plus de cinq ans à Londres, plombés par l'abondance d'offre sur le marché mondial.

Le sucre échangé à Londres a glissé jusqu'à 394 dollars la tonne vendredi, un record de faiblesse depuis avril 2009, tandis que celui coté à New York est tombé le même jour à 14,25 cents la livre, au plus bas depuis juin 2010.

«Depuis la fin du mois de juin, le prix du sucre ne semble connaître qu'une direction: la baisse», ont signalé les économistes de Commerzbank, pointant comme raison l'abondance de l'offre au niveau mondial.

Ainsi, malgré la sécheresse historique qui a affecté le Brésil (premier producteur mondial) au premier trimestre, les volumes de canne à sucre récoltés dans la principale zone sucrière du pays, le centre-sud, restent jusqu'ici légèrement supérieurs à ceux de la saison dernière, selon les chiffres dévoilés mardi par les industriels brésiliens d'Unica.

Le marché mondial du sucre est en excédent d'offre depuis quatre saisons consécutives et le sera encore la saison prochaine (2014/15, qui commence début octobre), selon les dernières prévisions de l'Organisation internationale du sucre (ISO).

Le café recule, apaisement des craintes sur l'offre

Les cours du café se sont repliés cette semaine, tombant jeudi à Londres à leur plus bas niveau depuis trois semaines (à 1979 dollars la tonne) et mercredi à New York à leur plus bas depuis sept semaines (à 180,40 cents la livre).

«Les investisseurs se sont habitués à l'idée que le marché sera en déficit pour la saison 2014/15», ont expliqué les analystes de Commerzbank.

Les pertes enregistrées par la récolte brésilienne de café, en raison de la sécheresse au premier trimestre, a enflammé les cours depuis le début de l'année, notamment ceux de l'arabica, montés jusqu'à un plus haut en deux ans en avril - le Brésil étant premier producteur mondial de café, principalement d'arabica.

Mais cette situation est désormais prise en compte dans les cours de l'arabica qui, malgré leur récente baisse, affichent toujours une hausse de plus de 60 % depuis le début de l'année.

«De plus, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) prévoit que les zones de culture caféière du Brésil bénéficient de conditions météorologiques favorables dans les prochains mois», ont souligné les experts de Commerzbank.

Enfin, il y a eu un facteur technique lié aux devises qui a affecté les cours du café cette semaine, a signalé Jack Scoville, analyste chez Price Futures Group.

En effet, les monnaies brésilienne et colombienne se sont affaiblies face au dollar, ce qui a incité les producteurs à vendre leur récolte, puisqu'ils recevront plus de devises pour des produits vendus à l'extérieur en dollars.

Le cacao poursuit sa correction

Après avoir atteint fin août des plus hauts depuis 2011, les cours du cacao ont entamé une correction, qu'ils ont continuée cette semaine.

Le cacao échangé à Londres a ainsi glissé mardi jusqu'à son niveau le plus faible depuis début août (à 1959 livres sterling la tonne) tandis que celui coté à New York a marqué jeudi un plus bas depuis fin mai (à 3019 dollars la tonne).

Le marché est toujours en train de digérer les annonces de l'Organisation internationale du cacao (ICCO), qui a récemment changé ses prévisions pour la saison 2013/14, a expliqué Jack Scoville, analyste chez Price Futures Group.

L'ICCO envisage maintenant un surplus de 40 000 tonnes pour cette saison, qui se termine à la fin du mois, alors qu'elle tablait auparavant sur un déficit de 75 000 tonnes.

Ce changement a été causé par une très nette amélioration des perspectives de production au niveau mondial, grâce à des récoltes record en Afrique de l'Ouest, principale région productrice.

La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial, est ainsi en bonne voie pour atteindre une récolte supérieure à 1,8 million de tonnes en 2013/14, ce qui surpasserait le précédent record de 1,51 million atteint en 2010-2011.




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