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Radio-Canada dénonce la «vision erronée» de ses concurrents

Pour la première fois depuis qu'un groupe de... (PHOTO ALAIN ROBERGE, archives LA PRESSE)

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Pour la première fois depuis qu'un groupe de télés privées québécoises a dénoncé, au mois de mars, le « chèque en blanc » de 675 millions sur cinq ans du gouvernement Trudeau à Radio-Canada, le PDG de la société d'État, Hubert T. Lacroix, s'apprête à répondre directement à ces critiques dans un discours - que La Presse a obtenu - qui sera prononcé ce soir à Vancouver.

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(Ottawa) Les appels des télédiffuseurs privés qui, comme Québecor, veulent le statu quo à Radio-Canada en attendant une révision de son mandat ont une vision à « courte vue » et « erronée » du paysage télévisuel canadien, selon le PDG de Radio-Canada, Hubert T. Lacroix.

Pour la première fois depuis qu'un groupe de télés privées québécoises (Groupe TVA, Groupe V Média et Groupe Serdy) a dénoncé, au mois de mars, le « chèque en blanc » de 675 millions sur cinq ans du gouvernement Trudeau à Radio-Canada, le PDG de la société d'État, Hubert T. Lacroix, s'apprête à répondre directement à ces critiques dans un discours - que La Presse a obtenu - qui sera prononcé ce soir à Vancouver.

Dans son discours, Hubert T. Lacroix fera valoir que le « statu quo » à Radio-Canada demandé par certains concurrents comme Québecor serait une vision « à courte vue » et « erronée », alors que la société d'État a justement un plan stratégique (la Stratégie 2020) pour augmenter son offre de services numériques. Selon le PDG, imposer le statu quo à Radio-Canada équivaut en réalité à réduire son importance.

« Malheureusement, alors que la culture canadienne doit affronter des défis à l'échelle mondiale, certains croient que la solution est de réduire l'importance de la radiodiffusion publique, indique le discours. Comme si en empêchant CBC/Radio-Canada d'avoir des sites web locaux et une stratégie axée d'abord sur le numérique, les journaux allaient être plus rentables. Certains radiodiffuseurs privés ont suggéré que la solution au déclin de leurs revenus serait de confiner CBC/Radio-Canada dans un genre de "statu quo" ou de simplement combler les lacunes. Cette vision est non seulement à courte vue, mais elle est erronée. »

UN « GENRE DE STATU QUO » DEMANDÉ

Depuis le budget Morneau en mars, Groupe TVA, Groupe V Média et Groupe Serdy demandent une révision du mandat de Radio-Canada et une meilleure « imputabilité » des sommes versées par Ottawa au diffuseur public. Le PDG de Québecor, Pierre Dion, a indiqué au début du mois vouloir un « genre de statu quo » à Radio-Canada en attendant de redéfinir « sa mission, son mandat, son imputabilité » et le « genre d'émissions [produites] pour être complémentaire aux chaînes généralistes privées ».

Sans nommer expressément ses concurrents privés qui réclament une révision du mandat de Radio-Canada, Hubert T. Lacroix argumentera que la société d'État « fait partie de la solution » au sein d'une industrie médiatique en difficulté. « Le statu quo n'existe plus aujourd'hui, indique le discours. S'il y a une chose que nous avons apprise, c'est à quel point les changements surviennent rapidement. Nous devons tous changer. »

«Discréditer la radiodiffusion publique n'aidera pas les entreprises privées à augmenter leurs revenus. Ça n'aidera pas non plus les Canadiens à savoir ce qui se passe dans leur communauté. Ça ne créera pas davantage d'émissions canadiennes remarquables. CBC/Radio-Canada n'est pas la source du problème. Mais nous faisons partie de la solution.»

Extrait du discours

« La raison d'être d'un radiodiffuseur public fort est de faire en sorte que cet espace canadien existe, qu'il renforce l'identité canadienne et qu'il pousse tous les autres médias canadiens à redoubler d'efforts pour servir les Canadiens. »

Dans son discours, le PDG de Radio-Canada reviendra sur les compressions imposées au cours des dernières années, une période « pas facile » et « même décourageante », selon lui. Hubert T. Lacroix a néanmoins confiance en la nouvelle stratégie numérique du Canada. Dans son discours, il confiera même que « si tout était à recommencer, la chose sensée à faire serait de tout investir dans le numérique. Mais nous ne partons pas d'une page blanche ». Avec la Stratégie 2020, Radio-Canada veut ainsi être « branché sur la génération numérique », mais s'assurer « de ne pas abandonner les autres Canadiens » qui regardent en moyenne 27 heures de télé par semaine.




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