Jack Dorsey, un patron à mi-temps pour deux sociétés cotées

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Agence France-Presse
New York

Jack Dorsey, qui a fêté son 39e anniversaire jeudi en sonnant la cloche de Wall Street pour y marquer l'entrée de sa société de paiements mobiles Square, est une figure très en vue dans la Silicon Valley, où il dirige désormais deux entreprises cotées pesant chacune des milliards de dollars.

Outre Square, qu'il a créée en 2009 et dont il reste le premier actionnaire avec 21,9% du capital, Jack Dorsey est en effet cofondateur du réseau social Twitter, dont il a pris récemment les commandes.

Il siège par ailleurs depuis décembre 2013 au conseil d'administration du géant américain des médias et du divertissement Disney.

C'est grâce à Twitter qu'il s'est d'abord fait connaître: il a inauguré le réseau en envoyant le tout premier «tweet», le 21 mars 2006, depuis son compte jack, suivi aujourd'hui par plus de 3 millions de personnes. Et avant de remplacer cette année le patron démissionnaire Dick Costolo, il avait déjà été à la tête de l'entreprise entre 2007 et 2008.

Cette première tentative s'était plutôt mal passée. Critiqué pour sa mauvaise gestion, Jack Dorsey avait fini par se faire évincer et remplacer par un autre cofondateur, Evan Williams.

Ces dernières années, il a toutefois eu l'occasion de redorer son blason de patron d'entreprise chez Square. Et il a affiché lors de ses premières semaines à la tête de Twitter sa détermination à relancer la croissance du réseau social, dont l'audience peine à décoller.

Il a démarré son mandat officiel chez Twitter en annonçant la suppression de 8% des effectifs, soit quelque 340 emplois. Il a promis davantage d'écoute et de transparence aux développeurs auprès desquels il s'est excusé pour la confusion du groupe, et il a entrepris de simplifier les produits proposés avec l'espoir de séduire davantage le grand public.

Self-made-man

Jack Dorsey a fait don d'un tiers de sa participation dans Twitter aux salariés du groupe le mois dernier, et n'en détient plus que 2% du capital. Ajouté à ses actions dans Square, cela lui permet néanmoins d'afficher une fortune personnelle de 1,44 milliard de dollars, selon les dernières estimations du magazine Forbes.

Rien ne semblait le prédisposer à devenir milliardaire. Dans la lignée d'une série de figures de la Silicon Valley allant de Steve Jobs à Mark Zuckerberg en passant par Bill Gates ou Michael Dell, il a arrêté ses études avant d'obtenir un diplôme universitaire, malgré deux tentatives, dans son Missouri natal puis à New York.

Il a appris la programmation informatique par ses propres moyens: avant de concevoir le programme de Twitter (en deux semaines selon la légende, avec l'Allemand Florian Weber), il avait créé un logiciel permettant de gérer des flottes de véhicules.

Lors de la première levée de fonds de Twitter, il arborait un piercing dans le nez et des dreadlocks. Il avait par la suite affiché un style beaucoup plus épuré, cachant généralement le tatouage de son avant-bras sous les longues manches de tenues sobres. Mais son look fait toujours les choux gras des observateurs qui se sont attardés ces derniers mois sur sa barbe de hipster, qu'il a taillée jeudi pour aller à Wall Street marquer le baptême boursier de Square.

Au Wall Street Journal, qui l'avait nommé «innovateur de l'année» en 2012, il avait dit envisager peut-être de créer une troisième société un jour dans le domaine de la santé.

Ses goûts sont très éclectiques: c'est un masseur certifié, il a suivi des cours de botanique et de stylisme, et n'excluait pas en 2013 dans une interview sur CBS de briguer un jour la mairie de New York.

Pour l'heure, ce célibataire sans enfant, qui s'est fait accompagner par sa mère pour l'entrée en Bourse de Square jeudi, vit à San Francisco, où ses deux sociétés sont presque voisines sur une grosse artère du centre-ville.

Cette proximité n'a toutefois pas calmé les inquiétudes de certains observateurs, qui s'interrogent sur sa capacité à jongler entre deux entreprises déficitaires, et qui vont demander beaucoup d'attention de la part de leur patron à mi-temps.




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