Une panne des écrans boursiers de Bloomberg pertube les marchés

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Signe de la gêne occasionnée: une émission de bons du Trésor britanniques portant au total sur 3 milliards de livres a dû être repoussée «en raison de problèmes techniques avec un fournisseur d'accès».

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Agence France-Presse

Les écrans boursiers de Bloomberg ont été affectés  vendredi matin par un problème technique au niveau mondial les rendant temporairement inutilisables, une panne rarissime pour le fournisseur de données financières incontournable dans les salles de marchés.

«Des parties importantes, mais pas toutes, de notre réseau ont fait face à des perturbation aujourd'hui», a confirmé une porte-parole de la société dans un courriel à l'AFP.

«Nous avons restauré le service pour la majeure partie de nos clients et nous efforçons de ramener l'intégralité du réseau à la normale», est-il ajouté dans ce message reçu vers 11 h 45 GMT (7 h 45 heure de Montréal).

Des observateurs du marché du monde entier, à Londres, Singapour ou Paris, s'étaient immédiatement plaints sur Twitter de l'arrêt inopiné du service.

Signe de la gêne occasionnée: une émission de bons du Trésor britanniques portant au total sur 3 milliards de livres a dû être repoussée «en raison de problèmes techniques avec un fournisseur d'accès».

Un responsable du Debt management office (DMO) joint par l'AFP a précisé que ce report était bien lié aux problèmes rencontrés par Bloomberg sur ses terminaux. «Nous utilisons le système d'enchères de Bloomberg», a-t-il expliqué.

«Je suis moi-même incapable de me connecter au terminal», avait expliqué en début de matinée une employée de Bloomberg.

Rarissimme pour Bloomberg

Les terminaux de Bloomberg, qui relaient les cotations des places financières du monde entier, donnent le cours de certains produits (matières premières, changes, dérivés, etc.), ainsi que les dernières nouvelles économiques, constituent des instruments de travail essentiels dans les salles de marché. Les pannes sont extrêmement rares.

«Bloomberg, habituellement synonyme de fiabilité, a été frappé par des problèmes techniques ce matin, ce qui a pour conséquence que les volumes d'échanges sont un peu en dessous de la normale en début de session», remarque ainsi Alastair McCaig, analyste marché pour le courtier en ligne IG, basé à Londres.

Ce problème technique «est très gênant pour tout le monde», renchérit René Defossez, stratégiste obligataire de Natixis basé à Londres, qui élabore notamment quotidiennement des modèles lui permettant de formuler ses conseils et prévisions. Or «ils fonctionnent avec les données Bloomberg et ça, c'est un véritable problème».

Bloomberg n'est pas seul sur le marché des données financières et les banquiers ont toujours la possibilité de se référer par exemple aux écrans de Thomson-Reuters.

Il n'empêche. Les clients de Bloomberg paient un abonnement annuel important pour avoir accès en temps réel à une foule de données financières sur les cours de Bourse, les taux de change ou les prix du pétrole.

Certains effectuent même des transactions via les terminaux de Bloomberg.

Robert Yawger, un analyste américain de Mizuho Securities US qui rédige chaque jour une note d'informations sur les marchés pétroliers, se réjouit de n'avoir pas rencontré de difficultés particulières quand il est arrivé à son bureau new-yorkais.

«J'aurais pu aller sur le site du CME (la plateforme boursière spécialisée dans les produits dérivées, NDLR), ou me renseigner sur les sites d'informations sur internet. Mais ca m'aurait fait bizarre et m'aurait pris beaucoup plus de temps. J'ai toutes mes préférences installées sur mon écran Bloomberg», raconte-t-il à l'AFP.

Aucune explication à la panne n'était avancée ou privilégiée vendredi en fin de matinée.

Les acteurs des marchés financiers sont de plus en plus vulnérables aux problèmes techniques.

Il peut s'agir de véritables pannes informatiques, comme celle qui en mai 2012 avait fait de l'entrée en Bourse de Facebook un fiasco ou celle qui avait forcé la plateforme d'échanges électronique Nasdaq à suspendre toutes les cotations pendant plus de trois heurs en août 2013.

La menace de cyberattaques est toutefois devenue de plus en plus prégnante, comme l'a illustré la récente offensive lancée début avril contre la chaîne française TV5-Monde par des pirates se revendiquant de l'organisation de l'État islamique (EI) qui a empêché la diffusion de tout programme pendant plusieurs heures.

Quelques jours plus tard, c'était au tour du site d'un des principaux journaux belges francophones, Le Soir, d'être piraté.




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