Corus Média: miser sur l'agilité et l'audace

Mario Cecchini, président de Corus Québec, voit son... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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Mario Cecchini, président de Corus Québec, voit son entreprise comme « une start-up bien capitalisée. » «Comme nous sommes plus petits, nous pouvons nous retourner plus vite que les autres », explique-t-il.

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(Montréal) Avec une capitalisation boursière supérieure à 2 milliards de dollars, Corus n'est pas la dernière venue dans l'industrie des médias. Et pourtant, le nouveau patron de Corus au Québec, Mario Cecchini, se sent comme un dirigeant de start-up. «Corus Média, c'est comme une start-up bien capitalisée», dit-il.

Depuis la vente de ses 11 chaînes de radio (dont le 98,5 FM et CKOI) à Cogeco en 2010, Corus n'avait comme actif au Québec que le studio Toon Boom Animation, spécialisé en logiciels d'animation. Mais avec le refus du CRTC d'autoriser Bell à acheter Astral en entier à l'automne 2012, Corus a vu l'occasion de faire son entrée au petit écran francophone québécois.

En janvier 2013, Corus s'entendait avec Bell pour acheter sept chaînes de télé, dont quatre chaînes francophones (Télétoon, Télétoon Rétro, Séries+ et Historia).

La transaction de 400 millions a été finalisée en janvier 2014.

«Au Québec, il y a maintenant un top 5 de la télé avec Corus et V. Il y a des nouveaux joueurs importants qui ont les moyens de leurs ambitions», dit Mario Cecchini, président de Corus Média, une division qui regroupe les quatre chaînes de télé au Québec, les trois chaînes de télé régionales en Ontario affiliées à CBC et les radios en Ontario.

Avec 31 employés d'Astral qui sont passés chez Corus, les bureaux montréalais de l'entreprise albertaine, situés dans le quartier du Plateau Mont-Royal, ressemblent étrangement à ceux d'une entreprise en démarrage. «Nous voulons miser sur notre agilité et notre audace, dit Mario Cecchini. Comme nous sommes plus petits, nous pouvons nous retourner plus vite que les autres.» Évidemment, être une entreprise en démarrage n'a pas que des avantages, surtout dans le premier mois suivant un déménagement.

Un exemple: le grand patron attend toujours que sa télé soit branchée au câble. Par contre, le plan d'affaires de Mario Cecchini est bien entamé. Résumé en quatre points.

1) Faire passer les cotes d'écoute à plus de 10%

À moyen terme, Corus veut faire passer les cotes d'écoute de ses quatre chaînes francophones de 8,5% à plus de 10% des parts de marché.

«Ce sont des marques en santé et nous avons été capables d'avoir l'expertise des gens qui ont bâti ces marques, dit Mario Cecchini. Soixante-trois pour cent des Québécois regardent nos chaînes chaque semaine, mais nous croyons pouvoir faire encore du millage.»

2) Des chaînes soeurs francophones

Corus évaluera lesquelles de ses chaînes anglophones elle pourrait adapter en français. L'entreprise possède notamment les chaînes W Network, Cosmopolitan TV, Oprah Winfrey Network et ABC Spark.

«Nous voulons évaluer lesquelles peuvent répondre à un besoin au Québec», dit Mario Cecchini. En cas de réponse affirmative, demander une nouvelle licence au CRTC peut prendre un an.

3) Des acquisitions

À long terme, Corus ne cache pas vouloir occuper plus d'espace au petit écran francophone. Une option pour y arriver: faire d'autres acquisitions. Inscrite en Bourse, l'entreprise albertaine demeure avare de détails à ce sujet.

«La croissance peut aussi venir d'occasions qui se présentent», dit Mario Cecchini.

4) Lointaine radio

Après avoir vendu ses stations de radio à Cogeco en 2010, Corus songe-t-elle à revenir un jour à la radio au Québec?

«À court terme, probablement pas, dit Mario Cecchini. Sur cinq ans, nous nous devons d'examiner cette option. Nos concurrents offrent des combos radio-télé, télé-journaux, radio-affichage. Le retour de Corus au Québec démontre que quand Corus a vendu ses radios [en 2010], c'était une décision d'affaires nécessaire afin d'unir la concurrence face à Astral en radio.»

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Mario Cecchini

> Président de Corus Média depuis septembre 2013

> Vice-président principal chez Astral Radio de 2011 à 2013

> Vice-président de Corus Québec de 2006 à 2011

> Président de Zoom Média de 2003 à 2006

> Divers postes de cadre chez Télémédia de 1984 à 2002.

Corus

> 24 chaînes de télé, dont > 4 chaînes francophones (Télétoon, Tététoon Rétro, Séries+, Historia) et 20 chaînes anglophones (W Network, HBO Canada, Movie Central, Oprah Winfrey Network)

> 37 stations de radio au Canada anglais

> Toon Boom Animation, un studio spécialisé en logiciels d'animation

> Société inscrite à la Bourse: 2,1 milliards)

Les forces

> Ses quatre chaînes de télé francophones sont toutes rentables (profits de 34,9 millions pour Teletoon/Télétoon, 9,1 millions pour Historia et 16,6 millions pour Séries+ en 2012)

> Capacité financière de faire des acquisitions

Les faiblesses

> Absence d'actifs dans une autre plateforme médiatique francophone pour faire la promotion de ses chaînes de télé

> Phénomène du débranchement du câble qui pourrait rendre plus difficile le lancement de nouvelles chaînes de télé spécialisées. «Nous ne prétendons pas qu'il n'y a pas de défis, mais la clé est d'offrir du contenu attrayant, dit Mario Cecchini. Quand j'ai commencé dans cette industrie [à CKAC en 1984], on disait que le contenu était roi. C'est encore vrai 30 ans plus tard!»

Le cas Télétoon

Lors des audiences du CRTC, Corus voulait pouvoir calculer ses dépenses en émissions canadiennes sur l'ensemble de ses chaînes, mais les producteurs d'animation s'inquiétaient des conséquences pour Télétoon. Résultat: le CRTC a coupé la poire en deux, permettant à Corus de calculer ses dépenses en programmation canadienne sur l'ensemble de ses chaînes à condition de garder son quota actuel à Télétoon (9% de revenus réinvestis en émissions canadiennes). «Jamais Télétoon n'aura été aussi bien servie au Québec, dit Mario Cecchini. Il y aura davantage de dépenses en programmation canadienne selon la nouvelle formule: environ 30% des dépenses de programmation totales de la chaîne, contre 28%, 30% au cours des dernières années. Et nous devons investir 5 millions en bénéfices tangibles sur sept ans. »




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