Le Québec trop «au ralenti», selon Louis Vachon

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Le président de la Banque Nationale, Louis Vachon.

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En pleine saison budgétaire, le président de la Banque Nationale, Louis Vachon, constate que l'économie du Québec est «un peu au ralenti» en ce début d'année.

Néanmoins, il dit encore s'attendre à une «meilleure deuxième moitié d'année» qui devrait permettre d'atteindre la prévision de «croissance réelle» de l'ordre de 1,8% pour le produit intérieur brut (PIB) provincial.

«On n'est pas en récession au Québec, mais c'est certainement un peu au ralenti», a indiqué M. Vachon au cours d'un entretien avec La Presse, hier, en marge d'un discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

C'était aussi jour de budget fédéral à Ottawa et de rumeur grandissante à Québec d'un budget provincial présenté dès jeudi prochain, le 20 février. «Ce qu'on voit le plus ces temps-ci au Québec, c'est que la croissance des dépôts des entreprises dépasse celle de leurs emprunts», a indiqué M. Vachon.

«La bonne nouvelle pour l'économie, c'est que les entreprises sont en très bonne santé financière. La moins bonne nouvelle, c'est que les entreprises attendent pour investir, même si elles en ont les moyens, a expliqué M. Vachon. On sent un certain attentisme parmi les entreprises, mais ce n'est pas un phénomène qui est seulement québécois. On voit un peu la même chose en Ontario, dans le secteur manufacturier surtout.»

En contrepartie, le président de la Nationale a dit s'attendre, avec ses adjoints en services aux entreprises, que la hausse du taux de change se manifeste bientôt en gains financiers.

«On espère tous que les petits 6 à 10 cents perdus sur le dollar canadien (par rapport au dollar américain) aient un impact positif sur le cash flow des entreprises exportatrices, ce qui devrait les inciter à investir davantage. Ça devrait se produire au cours des 12 prochains mois», selon M. Vachon.

Pénurie d'entrepreneurs

Avant cet entretien, c'était pour discuter de culture entrepreneuriale au Québec que Louis Vachon était l'invité de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, hier, devant un auditoire de dirigeants du Québec inc. de la finance.

Avec graphique PowerPoint à l'appui, Louis Vachon s'est inquiété du déclin de la création d'entreprises au Québec en comparaison de ce qui se passe en Ontario et dans le reste du Canada.

Pourtant, a-t-il souligné, une relance de l'entrepreneuriat serait l'un des meilleurs moyens pour «créer de la richesse» au Québec, de pair avec une meilleure approche des projets de ressources naturelles.

Et cela, alors que la création de richesse est un enjeu de plus en plus important au Québec pour «faire face aux défis qui ont déjà été constatés, comme celui de réconcilier les finances publiques avec une courbe démographique vieillissante».

Parmi les efforts de relance entrepreneuriale, le président de la Banque Nationale a vanté des initiatives comme l'École d'entrepreneurship de Beauce (EEB) et le rapprochement des milieux d'affaires avec les établissements d'enseignement supérieur.

En contrepartie, Louis Vachon a déploré l'insuffisance de l'éducation économique dans les écoles secondaires et les cégeps, afin de sensibiliser ces jeunes à la culture entrepreneuriale.

«Du capital-risque pour appuyer les entrepreneurs, il y en a une bonne variété au Québec. Mais ce que je veux promouvoir, c'est le facteur humain de l'entrepreneuriat. Qu'est-ce qui peut inciter des gens à vouloir s'y lancer?», a souligné M. Vachon.

«C'est la chose dont j'ai parlé le plus avec madame [Pauline] Marois depuis qu'elle est première ministre: changer le curriculum scolaire pour augmenter le nombre d'écoles secondaires où le cours d'initiation à la vie économique est offert.»

Selon les informations qu'on lui a transmises, «environ 35 écoles offrent ce cours actuellement de façon optionnelle, et ça devrait augmenter au cours des prochaines années».

«C'est un pas dans la bonne direction, a admis Louis Vachon. Mais notre recommandation, c'est que ce cours d'initiation à la vie économique devienne obligatoire dans toutes les écoles secondaires.»




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