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Petrobras: le scandale de corruption entraîne la chute de sa PDG

Graças Foster, PDG démissionaire de Petrobras.... (PHOTO VANDERLEI ALMEIDA, ARCHIVES AFP)

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Graças Foster, PDG démissionaire de Petrobras.

PHOTO VANDERLEI ALMEIDA, ARCHIVES AFP

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Pierre AUSSEILL
Agence France-Presse
Rio de Janeiro

La présidente du géant pétrolier brésilien Petrobras, Graças Foster, et l'ensemble de sa direction ont démissionné mercredi, emportés par l'onde de choc de l'énorme scandale de corruption aux ramifications politiques qui ébranle le groupe étatique.

«Petrobras informe que son conseil d'administration se réunira vendredi pour élire une nouvelle direction après la démission de la présidente et des cinq directeurs», a indiqué le groupe dans un communiqué remis à l'autorité des marchés.

La plus grande entreprise brésilienne a ainsi officialisé ce que l'ensemble de la presse brésilienne donnait pour acquis depuis mardi, à la suite de rumeurs insistantes confortées par une réunion à Brasilia en soirée entre Mme Foster et la présidente Dilma Rousseff.

La présidence brésilienne n'a pas commenté l'annonce du géant pétrolier. Mais celle-ci implique implicitement que la présidente de gauche Dilma Rousseff s'est finalement résolue à sacrifier Mme Foster, une proche qu'elle avait nommée en février 2012 à la présidence de Petrobras et dont elle avait refusé à deux reprises sa démission depuis le début du scandale.

L'affaire a explosé à l'automne dernier, en pleine campagne électorale, au fil d'une enquête sur un vaste réseau de blanchiment d'argent dont de nombreuses ramifications ont convergé vers la plus grande entreprise du Brésil.

La police a découvert l'existence d'un système institutionnalisé de corruption au sein de Petrobras, dont certains hauts responsables recevaient des pots-de-vin des plus grandes entreprises de construction du Brésil, en échange de l'attribution de marchés tels que la construction de raffineries. Certains hauts responsables de Petrobras aujourd'hui en prison se sont enrichis personnellement. Mais une partie importante des pots-de-vin étaient reversés à des parlementaires de partis de la coalition au pouvoir ainsi qu'au Parti des travailleurs (PT) qui dirige le pays depuis 2003.

Trente-neuf personnes, entrepreneurs et ex-directeurs de la compagnie pétrolière sont à ce jour poursuivis. Sans compter les politiques, dont le nombre exact et les identités sont toujours couverts par le secret de l'enquête.

Le parquet fédéral estime à ce jour le montant des sommes détournées à 4 milliards de dollars ces dix dernières années.

Graça Foster, une ingénieure chimiste ayant fait toute sa carrière chez Petrobras, réputée pour sa force de travail et sa probité, n'est pas soupçonnée par les enquêteurs d'implication dans les malversations au sein de Petrobras, qui se sont produites pour l'essentiel avant sa présidence.

Position intenable

Mais la position de cette femme à poigne, nommée par Dilma Rousseff pour remettre de l'ordre dans Petrobras, était devenue de plus en plus intenable au fil des semaines.

Petrobras, détenue majoritairement par l'État brésilien mais cotée à la Bourse de Sao Paulo et à celle de New York, a d'abord dû reporter fin 2014 à deux reprises la publication de ses résultats du troisième trimestre 2014, que son auditeur externe refusait de valider faute d'estimation par le groupe pétrolier de l'impact du scandale sur la valeur réelle de ses actifs.

Petrobras s'est résolu à publier le 28 janvier ses résultats du 3e trimestre, non seulement en berne, mais encore une fois non-audités, et toujours sans fournir d'estimation de ses pertes liées à la corruption pourtant très attendue par les marchés.

Ajoutant à la confusion, Petrobras a indiqué le même jour avoir identifié 34 milliards de dollars de surcoûts dans 31 projets passés au crible par la justice, tout en avouant ne pas être en mesure de chiffrer la part de ce montant liée à la corruption.

Les conséquences du scandale sont multiples et catastrophiques pour Petrobras. Les agences Moody's et Fitch ont abaissé ces derniers jours la note de Petrobras, dont l'action a chuté depuis le mois de décembre de 66,7%, soit une perte de capitalisation boursière d'environ 70 milliards d'euros.

Les marchés avaient déjà réagi euphoriquement mardi aux rumeurs faisant état d'un changement de direction: l'action de Petrobras avait bondi de plus de 14% à la Bourse de Sao Paulo. Elle progressait modestement mercredi en cours de séance autour de 0,8%.




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