Réforme du réseau de la santé: des usagers se disent muselés

En avril dernier, le projet de loi 10... (PHOTO MARIANNE L. ST-GELAIS, ARCHIVES LE QUOTIDIEN)

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En avril dernier, le projet de loi 10 du ministre de la Santé Gaétan Barrette, qui modifie la gouvernance du réseau de la santé, a été adopté par l'Assemblée nationale. Plusieurs établissements ont été fusionnés pour former des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

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Frustré par les nouvelles directives ministérielles précisant la mission des comités des usagers des établissements de santé, un groupe de citoyens déplore que la voix des patients ne soit pratiquement plus entendue dans le réseau.

« Avec les réformes, l'usager est maintenant très loin des décisions. Avant, nous avions un lien direct avec la direction des établissements. Plus maintenant », dénonce la présidente du comité des usagers du CSSS des Sommets, Jacinthe Normand.

En avril dernier, le projet de loi 10 du ministre de la Santé Gaétan Barrette, qui modifie la gouvernance du réseau de la santé, a été adopté par l'Assemblée nationale. Plusieurs établissements ont été fusionnés pour former des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

Les 11 établissements du territoire des Laurentides sont aujourd'hui regroupés dans le CISSS des Laurentides, dirigé par un président-directeur général (PDG) et un seul conseil d'administration.

Dans une directive envoyée le 18 janvier aux PDG du réseau, le sous-ministre à la Santé, Michel Fontaine, présente les « attentes ministérielles » à l'égard du soutien à apporter aux comités des usagers.

Si chaque centre jeunesse, hôpital, centre de réadaptation en déficience intellectuelle et autre établissement de santé conserve son comité des usagers local, un seul représentant siège dorénavant au conseil d'administration des CISSS et y représente « tous les comités des usagers des établissements fusionnés », peut-on lire dans la directive ministérielle.

« Mais ce qui se vit dans un centre jeunesse est très différent que ce qui se vit dans un centre pour aînés. On ne peut plus être certains que les préoccupations locales se rendent aux oreilles des dirigeants », affirme Mme Normand, qui dénonce « la perte d'un système qui donnait plus de place aux usagers au profit d'une organisation qui apparaît de plus en plus autocratique ».

Une autonomie satisfaisante

Le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU) est au contraire très satisfait de la directive ministérielle, notamment parce qu'elle confirme « l'autonomie des comités des usagers » et « leur donne beaucoup de pouvoir ». « C'est la première fois qu'on va si loin », assure le directeur général du RPCU, Pierre Blain.

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, n'est pas de cet avis. « On a complètement perdu l'essence de ce que doit être un comité des usagers. Ces comités doivent dire ce qui ne marche pas sur le terrain. Mais maintenant, ils n'ont presque plus accès aux décideurs ! Comment faire pour qu'une situation se règle vite ? Si un patient ne reçoit pas de bons soins, qui va pouvoir faire en sorte que la situation s'améliore rapidement ? Ça va être de plus en plus difficile de faire entendre la voix des patients », dit-il.

« Il y a encore des dirigeants dans les établissements de santé. C'est aux comités des usagers locaux de trouver les bons interlocuteurs », réplique M. Blain.

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