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Aide médicale à mourir: le financement des maisons de soins palliatifs pourrait être remis en question

Gaétan Barrette... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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Gaétan Barrette

Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

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Katia Gagnon
La Presse

L'avocat spécialisé dans la défense des droits des patients, Me Jean-Pierre Ménard, croit que le financement public des maisons de soins palliatifs pourrait être remis en question à la suite de la décision de ces établissements de refuser d'administrer l'aide médicale à mourir à leurs patients.

Chaque année, le gouvernement dépense 18 millions pour financer en partie les 29 maisons de soins palliatifs du Québec. «Le financement est de 68 000$ par année par lit», explique la porte-parole du ministère de la Santé, Marie-Claude Lacasse.

Pour Me Ménard, même si la décision des maisons de soins palliatifs respecte la loi, elle peut tout de même être remise en question. «Il n'était pas prévu que les maisons de soins palliatifs se concertent ainsi. Ça compromet le droit des citoyens à l'accès aux soins.»

L'avocat mentionne que le message envoyé est que si un patient veut des services dans une maison de soins palliatifs, il ne doit pas demander l'aide médicale à mourir. «Ça ne respecte pas l'esprit de la loi. C'est une pente dangereuse», dit-il.

«Une partie du financement des maisons de soins palliatifs est publique. Comme société, on peut se demander si on devrait continuer de payer. Accepterait-on de financer une école qui n'applique pas le cursus du Ministère?», demande Me Ménard, qui ajoute qu'il faudra d'abord s'interroger sur la meilleure façon de répondre aux besoins des citoyens.

Appel au calme

Le président du Collège des médecins du Québec, le Dr Charles Bernard, a tenu à calmer le jeu, mercredi. «C'est un sujet sensible. Mais la société a décidé d'aller de l'avant avec l'aide médicale à mourir. Et nous sommes là pour s'assurer que ça se passe bien», dit-il.

Le Dr Bernard a rappelé que «les soins palliatifs continueront d'être encouragés » et que « très peu de patients» demanderont l'aide médicale à mourir.

Sommité en soins palliatifs à domicile au Québec, la Dre Geneviève Dechêne lance elle aussi un appel au calme. En 32 ans de pratique, seulement deux patients lui ont demandé une aide médicale à mourir.

Elle rappelle que la loi 52 concerne surtout les soins palliatifs, obligeant tous les hôpitaux de la province à offrir de tels soins d'ici quatre ans.

«En ce qui concerne l'aide médicale à mourir, je vois ça de façon très sereine. La loi se mettra en marche très progressivement. Il faut rester calme.»

La Dre Geneviève Dechêne

Pour la Dre Dechêne, il est «normal que les médecins de soins palliatifs ne veuillent pas offrir l'euthanasie». «Nous offrons des soins de vie. Je ne suis peut-être pas la bonne personne pour offrir ça. Mais certains collègues, comme, par exemple, des intensivistes, pourraient être à l'aise avec ça», dit la Dre Dechêne, qui note qu'en Suisse, où l'euthanasie est autorisée, aucun médecin de soins palliatifs ne la pratique, à sa connaissance.

Selon elle, l'urgence est surtout dans le développement de soins palliatifs à domicile partout dans la province, un domaine dans lequel le Québec éprouve beaucoup de retard.

«De l'intégrisme administratif»

Un peu plus tôt hier, le ministre de la Santé Gaétan Barrette n'a pas caché sa colère envers les médecins de soins palliatifs du CHUM, qui se sont tous prononcés contre l'aide médicale à mourir. Le ministre les a menacés de sanctions disciplinaires s'ils font obstacle à la loi dans leur établissement.

M. Barrette s'en est aussi pris aux responsables des maisons de soins palliatifs.

«C'est de l'intégrisme administratif. Ils vont forcer des gens en fin de vie hébergés dans leurs murs à déménager pour avoir accès à l'aide médicale à mourir? Ça dépasse l'entendement.

»

Gaétan Barrette
ministre de la Santé du Québec

Mais pour la Dre Justine Farley, médecin en soins palliatifs à l'hôpital St-Mary's, il est carrément impensable que des patients reçoivent l'aide médicale à mourir en milieu palliatif.

«Comme médecin, je réfère à d'autres spécialités quand c'est nécessaire. On change régulièrement nos patients en fin de vie d'unité, explique-t-elle. Si un patient me demande cela, je vais considérer que ce n'est pas dans mon champ de pratique.»

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