Débat linguistique musclé au PLQ

Le premier ministre Philippe Couillard lors de l'ouverture... (Photo Graham Hughes, La Presse canadienne)

Agrandir

Le premier ministre Philippe Couillard lors de l'ouverture du congrès.

Photo Graham Hughes, La Presse canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

L'aile militante des anglophones du PLQ a frappé un mur. Après un débat intense, un amendement qui aurait permis d'exiger d'être servi en anglais dans les services publics a été retiré.

Les 1400 délégués réunis en congrès ce samedi ont cependant appuyé, par une nette majorité, une motion qui forcera le gouvernement à évaluer l'impact sur la communauté anglophone de tout nouveau projet de loi, règlement ou politique.

La proposition de William Korbatly, délégué de Chomedey, membre de la commission politique, faisait déjà partie du plan de match de la direction du parti.

Il en allait autrement d'un amendement proposé par Ryan Brownstein, de Robert Baldwin, qui aurait permis aux citoyens anglophones d'être servis en anglais sur l'ensemble du territoire dans les services publics. « La loi 101 a été mise en place pour assurer que les francophones soient servis en français » de souligner George Rikas, de Laurier-Dorion, « pourquoi je n'aurais pas le droit d'être servi en anglais? On vit dans une société bilingue, au Canada. Il est temps que les anglophones ne soient plus considérés comme des citoyens de seconde classe » a-t-il lancé en appui à l'amendement.

M. Brownstein a finalement retiré sa proposition qui risquait de déboucher sur une confrontation. « Je le retire, je ne pense pas que ce soit le bon moment. La résolution (principale) dans son ensemble est bien faite ». « J'ai fait l'objet de pression » a-t-il confié à un autre délégué anglophone, il s'est refusé par la suite de commenter, ni même d'expliquer son intention.

Plusieurs délégués étaient, il faut le dire, montés au créneau pour bloquer sa proposition. Alexandre Michaud d'Outremont, a relevé qu'elle « enlèverait le fait français de la fonction publique québécoise. Le droit de se faire servir en anglais aurait amené le bilinguisme, et cela va a l'encontre des efforts qu'on a faits ».

Pierre Bouillon militant de Vanier estimait que cette proposition « poussait un peu le bouchon. Le français est la langue officielle du Québec, cela a été amené par M. Bourassa, et il n'y a pas lieu de revenir là-dessus ».

Même une déléguée anglophone, de Mégantic s'est dit opposée, « on n'a pas à aller jusque là. Ce qu'on fait adopter au congrès déjà nous fait progresser », a-t-elle dit. Pour Hébert Dufour, de Louis-Hébert, « dans les services publics, il va de soi qu'on ait une intervention en français. Qu'il y ait un fonctionnaire anglophone pour les servir je n'ai aucun problème, mais il va falloir que les anglophones apprennent qu'on est dans une province française, c'est la seule sur dix actuellement ».

La proposition principale a été adoptée par une très nette majorité des militants. On y prévoit que l'Institut de la statistique colligera davantage de données pour avoir un portrait précis de la communauté anglophone. Le PLQ demande aussi au gouvernement de sensibiliser les fonctionnaires et « développer l'expertise » sur les enjeux et les questions liés aux communautés d'expression anglaise ». On prévoit aussi la mise en place d'une « clause d'impact » sur la communauté anglophone. Tout projet de loi, de règlement ou de politique devra statuer sur son impact sur la communauté anglophone -de telles dispositions existent déjà dans les mémoires au conseil des ministres pour vérifier l'impact sur les jeunes, l'environnement et même la Ville de Montréal.

Intervenant au micro, Pierre Reid, député d'Orford, a souligné que cette résolution ne soulève pas de doute sur le fait que le Québec est francophone, mais permettait aux anglophones des régions d'obtenir des services dans leur langue. Mais Jules Gagnon, délégué de Charlebourg, a était d'avis contraire; « À Montréal très régulièrement je n'ai pas de service en français. Allez dans les autres provinces voir si vous allez être servis en français ».

Inquiétude

Plus tôt dans la journée, expliquant l'intention de la direction du PLQ, Kathleen Weil, avait souligné être inquiète que la communauté anglophone n'éprouve pas un fort sentiment d'appartenance à la société québécoise.

Responsable des Relations avec les Québécois d'expression anglaise depuis le récent remaniement ministériel, elle avait lancé un signal d'alarme à son arrivée au congrès du Parti libéral à Québec, samedi.

«Le sentiment d'appartenance est faible chez les anglophones et chez les jeunes, et surtout dans les régions», a-t-elle prévenu.

«C'est inquiétant, a-t-elle ajouté. On veut que tout le monde se sente Québécois à part entière, que ce soit des gens qui viennent d'ailleurs ou des anglophones. Il faut travailler ce sentiment d'appartenance.»

La ministre a officiellement lancé cette semaine le nouveau Secrétariat aux relations avec les Québécois d'expression anglaise. Cet organisme sera composé d'une douzaine de personnes et sa création devrait coûter environ 1,2 million.

«On veut que les jeunes sentent qu'ils ont un choix de rester ici, a expliqué Mme Weil. "Vous êtes bilingues, vous avez quelque chose à contribuer au Québec, on veut vous garder", et on lance ce message au nom de tous les Québécois.»

La ministre de l'Économie, Dominique Anglade, s'est montrée ouverte au projet de résolution.

«C'est pour qu'on inclue les anglophones de manière plus systématique, a-t-elle dit. Vous avez vu les données par rapport au taux de chômage, vous avez vu les données par rapport au taux de pauvreté. Je pense que ça répond à un objectif.»




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer