Pierre Moreau prend ses distances du discours de Jacques Chagnon

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Pierre Moreau

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(Québec) Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles Pierre Moreau, avocat de formation, croit que le président de l'Assembée nationale Jacques Chagnon «a confondu deux choses» hier dans son discours devant les parlementaires quand il a sommé l'UPAC «qu'on accuse ou qu'on s'excuse» auprès du député Guy Ouellette.

À son arrivée au caucus libéral mercredi matin, M. Moreau a rappelé en mêlée de presse que «les policiers font des enquêtes [et] à la fin, ils doivent les remettre au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui décide si des accusations sont portées. Si des accusations sont portées, il y a un tribunal qui rend une justice qui est publique et impartiale». 

«Dans tout ce débat, a-t-il poursuivi, je souhaite qu'on laisse tout ce monde faire leur travail.» 

S'il soutient le président de la chambre quand il affirme se porter à la défense des parlementaires, M. Moreau dit qu'il y a «confusion des genres» dans les propos de M. Chagnon, car «ce n'est pas à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) de porter des accusations.» 

«Tous citoyens peuvent être arrêtés sans être accusés. Ça fait partie du processus qui est prévu et que les policiers peuvent utiliser de façon légale. (...) Si M. Ouellette estime [qu'il a été victime d'intimidation], il peut déposer une plainte à la police», a-t-il affirmé.

À la période des questions, devant une motion proposée par le Parti québécois (PQ) visant à saluer «le discours historique» de Jacques Chagnon, Pierre Moreau est le seul parlementaire qui s'est levé en abstention plutôt que de l'appuyer.

«Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un discours historique», a expliqué M. Moreau au terme du vote.

«On politise un débat qui est essentiellement dans les mains du système de justice avec la séparation des pouvoirs, avec le fait notamment que la police doit faire son travail», a-t-il ajouté.

Avant son entrée au Salon bleu, Jacques Chagnon avait d'ailleurs rejeté les arguments de Pierre Moreau. «Si l'UPAC ne va pas voir le DPCP, il n'y a pas d'accusation...», a-t-il fait valoir. Selon lui, M. Moreau joue sur les mots comme l'a fait l'UPAC mardi après-midi. «Là, je comprends que c'est comme l'UPAC qui nous dit : "on ne l'a pas piégé, on l'a appâté..." C'est un peu rocambolesque. S'il y avait un chasseur dans ce groupe, il aurait de la misère à comprendre. Ou un pêcheur. Quand t'appâtes, c'est pour piéger !» a-t-il lancé.

Gaétan Barrette parle «d'un excellent» discours 

Autre son de cloche du côté du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui quelques minutes avant son collègue Pierre Moreau à l'entrée du caucus libéral a réitéré que l'allocution de Jacques Chagnon hier à l'Assemblée nationale était excellente. 

«Dans une démocratie, quand la police décide d'arrêter quelqu'un, non seulement il faut qu'elle ait de bonnes raisons, mais il faut qu'elle les explique. La confiance passe par les explications», a-t-il dit. 

De son côté, le ministre délégué à l'Intégrité des marchés publics et ancien policier, Robert Poëti, juge qu'il «manque de l'information pour être capable de poser un jugement clair».

- Avec Tommy Chouinard et Martin Croteau, La Presse




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