Accueil glacial de Québec au projet de loi sur la marijuana

La ministre responsable de la Santé publique, Lucie... (Photo Jacques Boissinot, archives PC)

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La ministre responsable de la Santé publique, Lucie Charlebois, s'est dit déçue de la proposition du gouvernement fédéral de légaliser la marijuana, car celle-ci n'est pas assortie d'un soutien financier adéquat pour les provinces.

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(Québec) Le projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana a reçu un accueil glacial du gouvernement Couillard, jeudi. Québec juge «risible» qu'Ottawa ne prévoie pas transférer des fonds supplémentaires aux provinces.

La ministre responsable de la Santé publique, Lucie Charlebois, s'est dit «déçue» de la pièce législative. Elle la juge «vague» puisqu'elle laisse de nombreuses questions en suspens.

Elle en a surtout contre les commentaires de la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpot, qui a laissé entendre en conférence de presse que les transferts fédéraux permettent déjà aux provinces de composer avec les conséquences de la consommation légale du cannabis.

«Sur le financement, honnêtement, c'est un peu risible», a ironisé Mme Charlebois.

La légalisation de la marijuana, qu'Ottawa souhaite en vigueur en juillet 2018, imposera une série d'obligations au gouvernement Québécois, a-t-elle fait valoir. La province devra prendre en charge la vente, composer avec les problèmes de santé publique et de sécurité, élaborer des programmes de prévention, former les policiers et outiller le système de justice en prévision du nouveau régime.

«Veux, veux pas, quand tu légalises le cannabis, il vient avec cela des responsabilités qu'ils nous transfèrent», a résumé la ministre.

Elle ignore si les revenus que Québec tirera de la distribution seront suffisants pour couvrir les dépenses que le gouvernement devra engager. Le projet de loi fédéral est d'ailleurs muet sur la taxation de la marijuana et sur le partage des revenus entre les différents ordres de gouvernement.

Chose certaine, selon Mme Charlebois, Ottawa devra bonifier ses transferts.

«Il nous manque de l'argent (...) pour faire plein de choses, a-t-elle dit. Je vous ai énuméré: faire la prévention, outiller les parents, sensibilisation dans les écoles, former des policiers, les mesures de sécurité routière. Ça ne va pas tomber du ciel.»

Elle a réitéré son intention de présenter une loi-cadre en prévision de l'entrée en vigueur de la loi fédérale. Cette pièce législative sera élaborée en collaboration avec l'Ontario afin d'harmoniser la réglementation des deux provinces.

Sur le fond, la ministre concède être «plutôt favorable» à la légalisation de la marijuana.

Inquiétudes de l'opposition

Bien qu'aucun n'ait une position officielle sur la légalisation du cannabis, les partis de l'opposition ont exprimé leurs préoccupations face au projet de loi fédéral.

Le député du Parti québécois, Sylvain Pagé, a pressé Québec de tenir une commission parlementaire itinérante avant de légiférer sur la question.

«Nous sommes toujours inquiets parce que nous sommes dans du droit nouveau, un peu comme quand on a légiféré en matière d'alcool», a-t-il observé.

Le député de la Coalition avenir Québec, Simon Jolin-Barrette, a fait valoir que plusieurs questions subsistent, notamment quant au nombre de plants qui pourront être cultivés ainsi que sur l'âge minimal qui sera fixé pour permettre la possession.

«Le gouvernement Couillard va devoir avoir une discussion avec la population québécoise parce que c'est un enjeu, notamment au niveau de la possibilité d'accès à cette substance», a dit M. Jolin-Barrette.




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