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Québec devancera plus de 400 millions de dépenses

Le gouvernement Couillard utilisera tout de suite près de... (Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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Le gouvernement Couillard utilisera tout de suite près de 1 milliard - 400 millions de dépenses accélérées et 450 millions pour l'abolition de la taxe santé dès 2016 -, de l'argent qui, autrement, aurait dû aller à la dette, en surplus du 1,5 milliard annuel pour le Fonds des générations déjà budgété.

Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse

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(Québec) Le gouvernement Couillard va vider la petite caisse. L'année 2016-2017 qui voguait vers un surplus de 2,3 milliards va se terminer proche de l'équilibre budgétaire. Le Conseil des ministres a donné le feu vert à une longue liste de dépenses, une facture d'environ 400 millions de dollars, payée tout de suite plutôt que portée sur la prochaine année financière, a appris La Presse.

Ce faisant, il libère autant de marge de manoeuvre pour l'an prochain, laissant prévoir une pluie d'annonces à l'approche des élections d'octobre 2018, d'autant plus que les revenus autonomes du gouvernement, venus des impôts et des taxes, seront toujours en croissance en 2017-2018.

Par comparaison, une famille qui paierait tout de suite ses factures de l'an prochain pourrait miser sur une marge de manoeuvre confortable. Au budget du 28 mars, toutefois, le ministre Carlos Leitão insistera plutôt pour dire qu'il tient à se créer un coussin important au cas où les relations commerciales avec les Américains se détérioreraient.

Le devancement de plus de 400 millions de dollars de dépenses, confirmé dans le budget du 28 mars, est toutefois un passage délicat du point de vue politique. Depuis deux ans, le gouvernement Couillard a serré la vis et imposé des compressions douloureuses à la croissance des dépenses en santé et en éducation. Il y a tout juste un an, il repoussait les demandes du secteur public lors des dernières négociations.

Ces 400 millions de dépenses anticipées s'ajoutent à une réduction de 450 millions de la taxe santé payée par les contribuables en 2016, une annonce du budget révélée par La Presse mercredi dernier.

Selon les informations obtenues, le Conseil des ministres a déjà donné son feu vert à cette série de dépenses qui auraient pu tomber en 2017-2018. Les décrets seront inscrits aux prochaines éditions de la Gazette officielle. Les 2,3 milliards de surplus pour les neuf premiers mois de l'année qui se termine allaient être réduits de toute façon - les fins d'année financière amènent toujours des décaissements supplémentaires. L'année 2016-2017 se terminera proche du zéro.

Mais le gouvernement utilisera tout de suite près de 1 milliard - 400 millions de dépenses accélérées et 450 millions pour l'abolition de la taxe santé dès 2016 -, de l'argent qui, autrement, aurait dû aller à la dette, en surplus du 1,5 milliard annuel pour le Fonds des générations déjà budgété.

Des traversiers aux musées

Morceau central de ces dépenses accélérées, Québec provisionnera tout de suite les 100 millions supplémentaires qu'il risque de devoir verser pour que soient terminés les deux traversiers commandés à la MIL Davie de Lauzon. Les navires devaient être livrés en 2015 à un coût de 125 millions, mais l'échéancier et les budgets sont largement défoncés. L'argent sera provisionné, mais ne sera pas décaissé ; des négociations restent à venir avec Davie.

Les exemples de devancement sont nombreux. On paiera par exemple à l'avance pour plusieurs dizaines de millions des vaccins qui seraient tombés sur le budget de Gaétan Barrette pour 2017-2018. Beaucoup d'initiatives du ministère de l'Économie et de l'Innovation sont devancées ; des subventions en matière d'innovation, de réseau de fibre optique, des organismes de recherche, de développement scientifique verront tout de suite leurs budgets à long terme assurés. Les secteurs des Fôrets et du Tourisme auront aussi des sous à l'avance, tout comme les municipalités.

Autre exemple, les musées auront des montants forfaitaires pour leur fonctionnement. Mais beaucoup de ces dépenses sont des gestes normalement récurrents qui seront fait à l'avance et qui libéreront de l'espace pour la prochaine année financière.

«On passe la gratte»

Des programmes prévus pour trois ans seront payés tout de suite. « Ce ne sont pas de nouvelles dépenses, elles auraient été faites de toute façon », explique-t-on. Une autre source au gouvernement est plus catégorique : « On passe la gratte et ce qui peut être achetable maintenant est acheté ! »

Il faut aussi mettre les choses en perspective : 1 milliard de dollars de dépenses représentent seulement 1 % du budget du gouvernement.

En coulisses, le gouvernement veut aussi se créer une marge de manoeuvre au cas où Washington ferait des gestes radicaux en matière de commerce international. Le secteur du bois, susceptible d'être visé par une surtaxe par Washington, nécessiterait alors un coûteux plan d'urgence.




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