Pierre Paradis, «le meilleur ministre de l'Agriculture en 15 ans», dit l'Union paysanne

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Or, la réforme de Pierre Paradis (photo) fait en sorte que la gestion du programme de remboursement est transférée à Revenu Québec.

Jacques Boissinot, archives PC

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(Québec) Le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, reçoit un appui sans réserve de l'Union paysanne au moment où l'Union des producteurs agricoles (UPA) réclame sa tête. Le syndicat des agriculteurs craint la fin de son « monopole amoral », estime son président Benoit Girouard.

Selon lui, Pierre Paradis est « le meilleur ministre en 15 ans ». « Pendant ces années-là, il y a eu un paquet de rapports sur l'agriculture. Tous ces rapports démontrent qu'on a besoin de réformes. Mais on a eu neuf ministres en 15 ans. On a besoin de stabilité, et on l'a avec M. Paradis. Et que l'UPA grogne, c'est un excellent signe », a-t-il affirmé à La Presse vendredi.

Après le passage houleux de M. Paradis au congrès de l'UPA jeudi, le président du syndicat, Marcel Groleau, a soutenu que « le lien de confiance est rompu » avec le ministre et que Philippe Couillard doit le dégommer à l'occasion du prochain remaniement de son cabinet.

Le principal litige entre M. Paradis et l'UPA porte sur la réforme du programme de remboursement des taxes foncières pour les agriculteurs. C'est le deuxième programme d'aide en importance après l'assurance stabilisation des revenus. MM Paradis et Groleau se livrent une bataille de chiffres sur le sujet.

Benoit Girouard ne croit pas les chiffres de l'UPA, qui affirme que plus de 80 % des producteurs subiront une hausse de leur compte de taxes se situant entre 30 % et 40 % en moyenne. « Oui, il y aura un impact, mais pour la plupart, c'est relativement faible, entre 100 $ et 300 $ », a dit M. Girouard.

Selon lui, « ce qui fâche l'UPA dans cette réforme et ce qu'il ne dit pas publiquement », c'est que M. Paradis mettrait fin à une pratique qui, depuis le milieu des années 90, protège les cotisations syndicales et, ultimement, le monopole.

Le gouvernement péquiste de l'époque avait décrété que les cotisations syndicales et le remboursement des taxes foncières sont liés. Si un producteur ne paie pas ses cotisations, il ne peut recevoir de remboursement. La mesure a été adoptée au moment où des producteurs contestaient leurs cotisations. Elle a cassé ce mouvement de protestation.

Or, la réforme de Pierre Paradis fait en sorte que la gestion du programme de remboursement est transférée à Revenu Québec. Il n'y aurait plus obligation de payer ses cotisations syndicales pour toucher le chèque du gouvernement, a expliqué M. Girouard.

Certes, tout membre d'un syndicat doit payer ses cotisations, sous peine de poursuite. Mais il y aurait bientôt une brèche dans le monopole de l'UPA que l'Union paysanne souhaite exploiter. Il n'y a plus de menace financière à remettre en question les cotisations.

« On va conseiller à nos membres de contester les cotisations parce que le monopole de l'UPA est amoral », a indiqué Benoit Girouard. L'Union paysanne compte un millier de membres selon lui. Il y a environ 29 000 producteurs agricoles au Québec.




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