Churchill Falls: «ça reste une conversation du passé», dit Fournier

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Le ministre des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Après avoir ouvert la porte à une renégociation d'un contrat d'approvisionnement en électricité à bas prix de la centrale de Churchill Falls, le gouvernement du Québec a fait marche arrière, mercredi.

Le ministre des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, a situé cette entente dans un «passé» sur lequel les libéraux veulent tourner la page afin de regarder vers «l'avenir» avec Terre-Neuve-et-Labrador (T.-N.-L.).

Durant la période des questions, M. Fournier a rappelé que T.-N.-L. a été incapable, malgré 17 recours juridiques, d'obtenir une modification à la hausse du contrat d'approvisionnement, conclu en 1969.

«On s'est toujours défendus, on a toujours dit que le contrat était bon, mais ça, ça reste une conversation du passé, a-t-il dit. On n'y touchera pas, c'est bien beau. Bon. Peut-on regarder l'avenir? C'est ça qu'on a dit la semaine dernière.»

Questionné dans un point de presse sur la possibilité de rouvrir le contrat de Churchill Falls pour inclure la production de la nouvelle centrale de Muskrat Falls, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a affirmé mardi que le Québec était ouvert à tout bon «deal» qui pourrait se présenter, à la condition que Terre-Neuve renonce d'abord à la voie judiciaire.

Mercredi, l'opposition a tenté d'interroger M. Arcand, en chambre, mais c'est M. Fournier, également leader parlementaire du gouvernement, qui a répondu.

M. Fournier a affirmé que l'ouverture à la discussion démontrée par le gouvernement ne vise que le projet de Muskrat Falls, auquel Ottawa a accordé récemment une nouvelle aide financière, dénoncée par Québec.

«On n'a jamais dit Churchill Falls. On parle de Muskrat Falls», a-t-il dit.

Selon M. Fournier, le gouvernement du Québec est prêt à négocier avec T.-N.-L. pour déterminer «l'avenir» du développement hydroélectrique des deux provinces.

«On a des marchés à l'est, à l'ouest, au sud, a-t-il dit. Comment on peut, ensemble, essayer de trouver une nouvelle façon de voir nos relations commerciales?»

Mardi, M. Arcand a expliqué que le premier ministre Philippe Couillard avait amorcé des discussions afin «d'enterrer la hache de guerre» avec le premier ministre terre-neuvien, Dwight Ball.

Terre-Neuve a récemment décidé de s'adresser à la Cour suprême dans un ultime recours pour contester la valeur du contrat conclu par Hydro-Québec avec Nalcor, la société d'État qui exploite la centrale de Churchill Falls au Labrador, malgré des échecs devant des tribunaux inférieurs.

Dans une entrevue à CBC, mercredi, M. Ball a exprimé son ouverture à s'entendre avec le gouvernement québécois, sans toutefois évoquer directement le contrat de Churchill Falls.

«Il s'agit d'une occasion à saisir, il s'agit d'une attitude responsable de la part d'un premier ministre de cette province», a-t-il dit.

En raison des dépassements de coûts importants du projet de Muskrat Falls, M. Ball a plutôt parlé d'un partenariat possible dans le cadre d'un autre projet hydroélectrique, également au Labrador, celui de Gull Island.

«On a toujours dit que le meilleur potentiel de développement de Gull Island passait par une distribution par le territoire québécois», a-t-il dit.

M. Couillard a déclaré il y a dix jours qu'il gardait espoir qu'une solution puisse être négociée avec Terre-Neuve-et-Labrador, malgré la «décision malheureuse» d'Ottawa d'accorder une garantie de prêt supplémentaire à Muskrat Falls.

Cette aide de 2,9 milliards $ s'ajoute à une première garantie de prêt de 6,3 milliards, accordée en 2013 par le gouvernement fédéral, que Québec avait déjà dénoncée comme une source de concurrence déloyale, Hydro-Québec n'ayant jamais reçu pareille aide.

Dans un point de presse qui a précédé la période des questions, mercredi, le chef péquiste Jean-François Lisée a accusé M. Arcand d'avoir affaibli la position du Québec en laissant la porte ouverte à une renégociation d'une entente d'Hydro-Québec pour l'achat d'électricité de la centrale de Churchill Falls, qui n'arrivera pas à échéance avant 25 ans.

M. Lisée a estimé qu'il est à peu près impossible de tirer profit d'une entente qui inclurait Muskrat Falls, en raison de l'explosion de ses coûts de construction.

Selon le chef péquiste, la position de négociation québécoise devrait être de refuser la réouverture de l'entente.

«De dire qu'on va rouvrir Churchill Falls, avant d'avoir quelque offre que ce soit, avant de savoir quelle serait notre plus-value, c'est vraiment saper son propre rapport de force», a-t-il dit.

Le chef caquiste François Legault, qui a été le premier à envisager la réouverture de l'entente de Churchill Falls, en fin de semaine, a affirmé que cette éventualité ne sera possible que pour augmenter les profits qu'Hydro-Québec tire déjà de cet approvisionnement.

«On a un prix très bas, puis nous, on peut revendre à meilleur prix, puis ça, c'est jusqu'en 2041, ça, c'est dans notre poche, c'est un acquis, puis on a des jugements de notre côté, a-t-il dit. (...) Si, effectivement, Terre-Neuve est mal prise avec Muskrat Falls, puis on peut les aider, bien là, il y a peut-être moyen de regarder l'ensemble du dossier, mais il n'est pas question de donner un sou à Terre-Neuve.»

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