Pas de «virage à 180 degrés» sur la laïcité, prévient Lisée

Le nouveau chef péquiste Jean-François Lisée n'a pas voulu préciser... (PHOTO Jacques Boissinot, PC)

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Le nouveau chef péquiste Jean-François Lisée n'a pas voulu préciser quels éléments de sa plateforme il est prêt à abandonner pour assurer l'adhésion de ses troupes.

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(QUÉBEC) Bien qu'il soit ouvert à modifier ses positions sur l'immigration et la laïcité, Jean-François Lisée prévient qu'il n'effectuera pas un «virage à 180 degrés» sur ces questions explosives.

Le nouveau chef péquiste a rencontré ses députés pour la première fois depuis son élection, vendredi. Avant la rencontre, il a confirmé son intention de «rééquilibrer» certaines propositions afin d'obtenir l'adhésion de ses troupes.

Mais au terme des échanges, il a prévenu qu'il n'est pas question de revoir des pans entiers de sa plateforme identitaire.

«Il n'y aura pas un virage à 180 degrés, a dit M. Lisée. Il y aura un aménagement sur la base des propositions que j'ai faites et des propositions qui ont été faites par les collègues, pour que chacun s'y retrouve. Il y aura des gens qui seront enthousiastes, il y aura des gens qui diront "je suis capable de vivre avec ça".»

Ces derniers mois, M. Lisée a proposé d'interdire le port des signes religieux aux fonctionnaires en situation d'autorité comme les juges et les policiers, comme le proposait le rapport Bouchard-Taylor. Il a également milité pour la mise sur pied d'une campagne incitative visant à décourager les employés de l'État de porter des signes religieux. 

Le député a aussi promis de réduire le nombre d'immigrants s'il devient premier ministre. Il a proposé que le vérificateur général soit mandaté pour recommander un seuil qui correspondra à la capacité d'accueil du Québec.

M. Lisée a également ouvert la porte à interdire le niqab et la burka dans l'espace public.

Ces promesses ont été vertement critiquées par Alexandre Cloutier, qui a accusé son rival de vouloir créer une «Charte 3.0» pendant la course. 

M. Lisée n'a pas voulu préciser quels éléments de sa plateforme il est prêt à abandonner pour assurer l'adhésion de ses troupes. Il marqué sa volonté d'ouverture en confiant à Agnès Maltais le rôle de critique péquiste en matière de laïcité. La députée de Taschereau avait appuyé M. Cloutier pendant la course et elle a vivement critiqué les commentaires de M. Lisée sur le voile intégral.

Bérubé, leader parlementaire

Le nouveau chef a par ailleurs confirmé que Pascal Bérubé sera le nouveau leader parlementaire du Parti québécois. M. Bérubé avait quitté sa neutralité pour appuyer M. Lisée pendant la course à la direction.

Un partisan de M. Cloutier, Sylvain Rochon, sera le leader parlementaire adjoint. Carole Poirier, une autre partisante de M. Lisée pendant la campagne, agira comme whip.

Le quatrième officier du parti, le président du caucus, sera désigné au terme d'une élection la semaine prochaine.

Alexandre Cloutier conserve son rôle comme critique du PQ en matière d'éducation. Martine Ouellet hérite de la Culture et des communications, mais conserve le dossier du taxi. Quant à celui qui a dirigé le PQ par intérim, Sylvain Gaudreault, il sera porte-parole en matière d'Environnement.

Le député Maka Kotto, qui était critique en matière d'Immigration et de Communautés culturelles, a pour sa part hérité du rôle de porte-parole en matière de Revenu et de Protection du consommateur.

M. Lisée s'est défendu d'avoir rétrogradé le député de Bourget, seul représentant des communautés culturelles dans son caucus.

«Ce sont deux dossiers très importants que je veux voir portés par quelqu'un de fort», a-t-il assuré.

Ouellet dénonce Bouchard

Plus tôt dans la journée, la députée Martine Ouellet a lancé une flèche à l'ex-premier ministre Lucien Bouchard. La veille, l'ancien chef péquiste avait dit ne pas comprendre «la répugnance exprimée par certains à gouverner une province», une pointe à l'égard de la députée de Vachon, qui a accusé ses adversaires de «provincialisme» pendant la course à la direction.

«Je ne sais pas trop à qui il s'adressait avec des propos un peu détournés et, je trouve, inutilement provocateurs, a affirmé Mme Ouellet. [...] Je ne connais personne dans le mouvement souverainiste-indépendantiste qui n'a pas un très grand respect pour l'État du Québec et je ne comprends pas ses propos.»

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