Lisée s'engage à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat

Jean-François Lisée se lancera lundi dans la course à... (Archives La Presse)

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Jean-François Lisée se lancera lundi dans la course à la succession de Pierre Karl Péladeau. Le député péquiste de Rosemont s'engagera d'emblée à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat péquiste.

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(Québec) Le député péquiste de Rosemont, Jean-François Lisée, se lancera lundi dans la course à la succession de Pierre Karl Péladeau avec un engagement audacieux : l'aspirant chef s'engagera d'emblée à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat péquiste.

Ce positionnement, qui surprendra bien des militants, M. Lisée le teste depuis plusieurs jours auprès de péquistes influents. Il a rencontré sa poignée de supporters à deux reprises depuis une semaine, et leur a fait savoir hier qu'il comptait finalement faire le saut. Il a prévenu en après-midi ses adversaires Alexandre Cloutier et Véronique Hivon.

La semaine dernière, il avait fait savoir qu'il « songeait » à se présenter, et que sa décision allait tomber cette semaine.

La Presse l'avait alors interrogé sur son intention de reporter le référendum au-delà du premier mandat. « C'est très compliqué », s'était-il contenté de répondre.

Prise deux

Jean-François Lisée s'était déclaré candidat dans la course à la direction précédente, contre Pierre Karl Péladeau, même si le patron de Québecor avait de toute évidence une bonne longueur d'avance. Il avait secoué le pommier en soutenant d'entrée de jeu que M. Péladeau, propriétaire important de médias, était «une bombe à retardement» pour son parti.

Il avait mis du temps à se lancer en piste, pour passer du temps avec ses trois enfants à Paris. Il en a deux autres d'une précédente union. Il avait quitté la scène avant le début formel de la course, non sans y aller d'un autre coup d'éclat. Il avait prédit que le PQ vivrait «son moment Péladeau», une prémonition voulant que le règne du futur chef serait bien éphémère.

Il s'était désisté de la course au moment où les candidats devaient déposer les 2000 signatures dans 12 régions nécessaires pour devenir candidat. Il devait au même moment faire un chèque de 10 000 $ pour officialiser sa candidature. Son retrait lui avait évité les deux tests. Il avait tout de même engagé des dépenses au préalable et avait sollicité des proches, et même des connaissances libérales pour l'épauler financièrement.

Récemment, depuis Paris, où il se trouvait au moment de la démission de M. Péladeau, il avait fait savoir que ses dettes de campagne étaient effacées et que l'argent n'entrait pas en ligne de compte dans sa décision.

Avec l'annonce de M. Lisée, il ne manque que Martine Ouellet, qui devrait aussi se lancer sous peu dans la course.

Solide bagage

Au cours des derniers mois, M. Lisée s'est fait remarquer par l'intensité de ses interventions pour les groupes sociaux, contre les compressions budgétaires décrétées par Québec. Il avait eu le choix d'un dossier plus prestigieux comme critique à l'Assemblée nationale, mais avait préféré conserver ses dossiers plus au ras des pâquerettes.

Comme ministre des Relations internationales, il s'était fait remarquer parfois par des sorties surprenantes, a relevé Dominique Lebel, un adjoint de Mme Marois, dans ses mémoires politiques. Il avait par exemple indiqué que le Québec devrait prendre pied dans l'aide internationale devant le retrait de l'ACDI fédérale. Sous Pauline Marois, M. Lisée était aussi ministre responsable de la région de Montréal.

Il s'est fait connaître comme journaliste, pour La Presse Canadienne et La Presse à Washington, avant de devenir chroniqueur politique à L'actualité. Auteur de plusieurs ouvrages, dont Le tricheur et Le naufrageur sur l'échec de l'entente du lac Meech, il est passé en 1994 conseiller de Jacques Parizeau, nouvellement élu.

Il a poursuivi sous Lucien Bouchard, continuant de multiplier les scénarios susceptibles de sortir le Parti québécois de l'impasse. Il a publié Sortie de secours, qui faisait table rase d'un référendum sur la souveraineté. Par la suite, depuis le Centre d'études et de recherches internationales (CERIUM) de l'Université de Montréal, il a conseillé Pauline Marois, devenue chef du PQ. Il était derrière la stratégie du «Nous», un virage identitaire pour le PQ qui aurait privé les non-francophones du droit de briguer les suffrages au Québec. 

Par la suite, il a pris clairement ses distances de la Charte de la laïcité, ou des valeurs québécoises, présentée par son collègue ministre Bernard Drainville.

- Avec la collaboration de Tommy Chouinard, La Presse

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