Affaire Normandeau : plus grave que le scandale des commandites, dit l'opposition

Le député péquiste Pascal Bérubé.... (Photothèque Le Soleil, PC JACQUES BOISSINOT)

Agrandir

Le député péquiste Pascal Bérubé.

Photothèque Le Soleil, PC JACQUES BOISSINOT

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(QUÉBEC) L'arrestation de l'ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau et de plusieurs hauts gradés du Parti libéral est « plus grave que le scandale des commandites », a affirmé l'opposition, jeudi.

Le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire ont soutenu tour à tour que rien n'a changé dans le parti de Philippe Couillard depuis l'époque des gestes reprochés à l'ancienne vice-première ministre.

En matinée, le premier ministre a pris ses distances du gouvernement Charest après la rafle policière qui a visé Mme Normandeau et l'ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté.

Mais pour le PQ, le premier ministre ne peut se dissocier des gestes commis par un gouvernement dont il faisait lui-même partie. Il a d'ailleurs côtoyé Mme Normandeau au conseil des ministres de 2003 à 2008, a souligné le député Pascal Bérubé.

« Gravité historique »

« Ce n'est pas un nouveau gouvernement, a déclaré M. Bérubé. C'est essentiellement le même Parti libéral, la même organisation libérale et, dans plusieurs cas, les mêmes ministres qui, ce matin, n'avaient rien à dire sur les accusations très graves à l'égard d'une ancienne collègue. Comme s'ils ne l'avaient jamais connue. »

La nature des accusations - complot, abus de confiance, fraude - et l'importance des personnes en cause - Mme Normandeau était vice-première ministre - sont d'une « gravité historique » aux yeux du député.

La Coalition avenir Québec a abondé dans le même sens. À ses yeux, l'opération policière de jeudi prouve que le PLQ était « probablement gangréné de la tête aux pieds » et que « la corruption était érigée en système » sous Jean Charest.

Or, a souligné la députée caquiste Nathalie Roy, 13 ministres actuels ont siégé au cabinet avec Mme Normandeau.

Des excuses et un remboursement

« Je ne vais pas poser de jugement de valeur sur tout le Parti libéral, a-t-elle dit. Mais cependant, ce qui se passe actuellement au Parti libéral, c'est plus grave que le scandale des commandites. »

La députée réclame des excuses du premier ministre, le remboursement des sommes perçues frauduleusement et un engagement formel qu'aucun autre membre de son parti ne sera accusé de corruption.

Du côté de Québec solidaire, on somme le Parti libéral de rembourser tous les dons qu'il a perçus « frauduleusement » pendant la période couverte par la commission Charbonneau. Selon la députée Françoise David, c'est la seule façon pour Philippe Couillard de prouver que son parti a changé.

Elle presse également le premier ministre de s'excuser pour le comportement du Parti libéral sous Jean Charest, faisant valoir que le chef caquiste François Legault l'a fait au sujet des pratiques de financement de l'Action démocratique du Québec.

« C'est comme s'il y avait des personnages politiques qui étaient incapables, de temps en temps, d'avoir un petit peu d'humilité, a dénoncé Mme David. Et pourtant, ça devrait être une qualité en politique. »

Un peu d'encouragement

Certains ex-collègues de Mme Normandeau ont eu des mots encourageant pour l'ancienne vice-première ministre. C'est le cas du maire de Val d'Or, Pierre Corbeil, qui a été ministre de 2003 à 2007, puis de 2008 à 2012.

« Si j'avais l'occasion de lui parler, je lui dirais bon courage dans cette épreuve, a-t-il indiqué en entrevue. Je le dis en tant qu'ami et fraternellement. »

- Avec la collaboration de Jean-François Bégin

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer