Remaniement ministériel: Philippe Couillard fait table rase

Dominique Anglade devient la ministre responsable de l'Économie,... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Dominique Anglade devient la ministre responsable de l'Économie, un poste qui n'avait pas été occupé par une femme depuis Pauline Marois, il y a 12 ans.

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(Québec) On s'attendait à un jeu de chaises musicales ou à ce que les cartes soient vigoureusement rebattues. Mais c'est une véritable tornade qui s'abattra aujourd'hui sur le Conseil des ministres de Philippe Couillard.

Désireux de faire passer son gouvernement en deuxième vitesse pour le mener aux élections de l'automne 2018, Philippe Couillard a redistribué les portefeuilles avec une audace qu'on ne lui aurait pas soupçonnée. Bien entendu, des ministres conservent les mêmes fonctions, mais les changements touchent des acteurs importants et des postes stratégiques.

Premier coup de tonnerre dans l'administration, la néophyte Dominique Anglade devient « la » ministre responsable de l'Économie, un poste qui n'avait pas été occupé par une femme depuis Pauline Marois, il y a 12 ans. La rumeur envoyait plutôt Mme Anglade, ancienne présidente de la CAQ, à un poste bien moins stratégique, l'Innovation.

Selon les informations colligées par La Presse en soirée - de 13 h à 23 h, M. Couillard et sa garde rapprochée ont rencontré les ministres au dernier étage d'un hôtel anonyme de la Capitale -, le nouveau Conseil des ministres se rapproche, sans l'atteindre, de la parité, avec 40 % de femmes, l'un des objectifs de Philippe Couillard. Trois nouveaux ministres sont dans la jeune quarantaine.

Changement d'air pour Coiteux

Autre surprise de taille, Martin Coiteux quittera le Conseil du trésor. Il a mené à bien les négociations avec le secteur public et avait demandé un changement d'affectation. On l'attendait à un poste économique, mais il déjouera les parieurs. M. Coiteux devient responsable du ministère des Affaires municipales, poste qu'il cumulera avec le ministère de la Sécurité publique.

Aujourd'hui, il confirmera l'objectif du gouvernement, qui se propose de fusionner à terme ces deux portefeuilles pour instaurer un véritable ministère de l'Intérieur. Il remplacera donc Pierre Moreau, qui occupait ces deux fonctions depuis le départ en congé de maladie de Lise Thériault. En outre, on lui accorde la responsabilité de Montréal.

À l'évidence le meilleur compteur de l'équipe libérale, Pierre Moreau est envoyé à la rescousse en Éducation, le deuxième budget en importance à Québec. Gaétan Barrette a pu stabiliser le réseau de la santé, mais l'autre super-réseau bat de l'aile. L'assurance dont a fait preuve Pierre Moreau dans tous les postes qu'on lui a confiés jusqu'ici fait de l'ancien adversaire de Philippe Couillard à la succession de Jean Charest l'un des piliers politiques du gouvernement avec Jean-Marc Fournier, qui, lui, ne change pas d'affectation.

Une rétrogradation cuisante pour François Blais, l'universitaire qui en un an n'était pas parvenu à faire sa marque au poste laissé vacant par Yves Bolduc. M. Blais quitte l'Éducation au moment où son projet de réforme devait être soumis à une consultation à l'Assemblée nationale. Son retour à l'Emploi présente des avantages, puisque c'est son champ de spécialisation, et il est à l'origine de la réforme que devait défendre son successeur Sam Hamad.

M. Hamad, premier député à avoir appuyé la candidature de Philippe Couillard à la direction du PLQ, obtient une promotion importante, au Conseil du trésor, un poste taillé sur mesure pour un résidant de Québec. M. Hamad lorgnait un poste plus proche du développement économique, mais en bon soldat, il avait accepté le Trésor dès les premiers coups de sonde des collaborateurs de M. Couillard. Toujours dans la région de Québec, Sébastien Proulx accède au Conseil des ministres, mais pas Véronyque Tremblay, qui avait arraché la circonscription caquiste de Chauveau.

Jacques Daoust est sorti à la fois réconforté et satisfait de sa rencontre avec le premier ministre Couillard. Le ministre de l'Économie, ancien patron d'Investissement Québec, passe dans un autre univers: les Transports. Un pas en arrière par rapport à ses anciennes responsabilités, sans doute un soulagement pour un ministre dont certains prévoyaient l'éjection du gouvernement. Aux Transports, l'ex-banquier pourra jouer un rôle important dans les relations avec la Caisse de dépôt, chargée de réaliser des mandats gigantesques de transports collectifs à Montréal.

Un autre qui a traversé avec soulagement la journée d'hier est David Heurtel. Beaucoup lui prédisaient une rétrogradation, il conserve son mandat à l'Environnement.

Poëti écope

L'arrivée de Daoust aux Transports va toutefois déclencher un tsunami qu'aucun observateur n'avait prévu. Robert Poëti, l'ancien porte-parole de la Sûreté du Québec, redevient simple député, manifestement victime de la volonté affichée de Philippe Couillard d'augmenter la proportion de femmes au Conseil. Des proches se perdaient en conjectures sur les conséquences de cette décision sur le bouillant Poëti, susceptible, pense-t-on, de le pousser à la démission. M. Poëti a été le dernier rencontré en toute fin de soirée hier, a-t-on appris par ailleurs.

Une autre rétrogradation était bien moins difficile à prédire. Le départ de Jean-Denis Girard du Conseil des ministres était prévisible. Philippe Couillard préférait revoir Julie Boulet comme représentante de la Mauricie. L'ancienne ministre des Transports sous Jean Charest avait été mise au rancart durant la commission Charbonneau. Elle atterrit au Tourisme. Toujours pour accroître la représentation régionale et la jeunesse, on fait monter Luc Fortin, député de Sherbrooke, qui s'occupera du Loisir et du Sport, qui relevaient jusqu'à hier de l'Éducation.

Le retour de Lise Thériault au sein du Conseil des ministres était dans les cartes, elle qui n'avait jamais perdu la confiance de Philippe Couillard. Comme l'avait annoncé La Presse dès décembre dernier, elle demeure ministre, mais occupera des fonctions moins accaparantes. Elle obtient le portefeuille de M. Girard aux Petites et Moyennes Entreprises et à l'Allègement réglementaire. Elle conserve ses responsabilités de vice-première ministre.

Dominique Vien, qui était au Tourisme, passe au Travail, l'un des deux ministères que dirigeait Sam Hamad. Francine Charbonneau était souvent sur la sellette à la Famille. Elle ne conservera qu'une partie de son ministère, comme responsable des Aînés. La responsabilité de la Famille sera confiée à Sébastien Proulx, nouvel élu à Québec.

Les ministères laissés intacts

Par rapport à avril 2014, le Conseil des ministres augmente d'un siège. C'est 28 limousines ministérielles, sans compter Philippe Couillard - on n'avait pas ajouté de chaise quand Yves Bolduc avait démissionné.

Les autres ministres conservent les fonctions qui leur avaient été confiées au lendemain de l'élection du printemps 2014. Hélène David reste à la Culture, Christine St-Pierre aux Relations internationales. Pierre Arcand pourra déposer le mois prochain sa politique énergétique. Pierre Paradis continuera à l'Agriculture, Laurent Lessard aux Forêts, Geoffrey Kelley aux Autochtones, Jean D'Amour à la Stratégie maritime et Luc Blanchette aux Mines.

Un autre pilier à Québec, Jean-Marc Fournier, reste responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et Stéphanie Vallée conserve la Justice. Tout le monde s'y attendait: Carlos Leitao et Gaétan Barrette conservent leurs ministères respectifs, les Finances et la Santé.

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