Les députés péquistes sont divisés sur le registre des armes

Le porte-parole en Sécurité publique, Pascal Bérubé, avait... (Photothèque Le Soleil, PC JACQUES BOISSINOT)

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Le porte-parole en Sécurité publique, Pascal Bérubé, avait demandé d'être dessaisi du dossier des armes à feu pour mieux refléter l'opinion de ses électeurs.

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(Saguenay) La création d'un registre québécois des armes à feu est un enjeu «délicat» au sein du caucus du Parti québécois, reconnaît le leader parlementaire, Bernard Drainville. Des réticences s'expriment. Et une ligne de fracture apparaît entre des élus de régions rurales et ceux de milieux urbains.

Le vote libre est réclamé sur le projet de loi déposé par le gouvernement Couillard l'automne dernier.

Le porte-parole en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, a demandé que le dossier du registre lui soit retiré pour être confié à l'un de ses collègues. Au cours des dernières semaines, il a exprimé d'importantes réserves sur le projet de loi déposé par le ministre Pierre Moreau en décembre. Il a fait valoir que dans sa circonscription de Matane-Matapédia, un grand nombre de chasseurs s'opposent à la création d'un registre. Il n'a pas voulu parler aux médias jeudi.

«Les gens sont inquiets sur le registre» et «beaucoup d'électeurs» de la Gaspésie sont contre, a affirmé son collègue de Gaspé, Gaétan Lelièvre. Il se dit «en partie» favorable à cette mesure. «Mais il y a quand même des éléments qui m'inquiètent», a-t-il ajouté. L'obligation de buriner les armes pourrait faire de la valeur aux pièces de collection, par exemple. «Je pense que les citoyens de la Gaspésie sont ouverts à un certain contrôle, mais c'est dans les modalités qu'on va devoir regarder ça.»

Il a également souligné que «les chasseurs ont l'impression d'être vus comme des méchantes personnes, des gens qui sont violents, alors que c'est une fausse représentation».

Il n'est pas le seul à exprimer des réticences au sein du caucus, a-t-il reconnu. Il n'est «absolument pas» isolé. Il souhaite que son chef Pierre Karl Péladeau accorde le vote libre à ses députés sur cet enjeu. Au caucus, «les gens des régions expriment les préoccupations de leurs citoyens, et les gens des régions plus urbaines échangent sur leur préoccupations également. Et c'est comme ça qu'on devrait arriver à un bon compromis», a-t-il dit.

«C'est clair qu'il y a un débat de fond entre l'urbanité et la ruralité», a affirmé de son côté le vétéran François Gendron, d'Abitibi-Ouest.

«Les armes d'épaule sont déjà toutes enregistrées. Il n'y a pas personne qui m'a montré que ça prend quelque chose de neuf», a-t-il ajouté. «Est-ce que c'est requis d'avoir un registre quand on a la conviction qu'on pourrait faire un transfert d'informations qui existe ? Moi, je pense ça. Il me reste à valider ça de façon certaine. Essayez d'avoir une arme d'épaule... Si vous n'avez pas suivi de cours d'armes à feu, vous n'avez pas le droit. Donc il doit y avoir un contrôle à quelque part. Il va falloir vérifier ça.» Selon lui, les chausseurs «se sentent victimisés, traités un peu comme des criminels en attente».

«Je vais écouter les arguments légitimes de mon électorat, mais en même temps je sais ce qu'on a fait avant. On ne peut pas oublier ce qu'on a fait avant comme parlementaire. Il y avait un très large consensus su la nécessité d'un registre», a-t-il ajouté.

Lorraine Richard (Duplessis) a indiqué que sur la Côte-Nord, «les gens sont pour le registre». Dans Berthier, il n'y pas d'opposition non plus, selon André Villeneuve. «Je vous dirais que si on enregistre une automobile, si on enregistre un chien à la municipalité, on devrait enregistrer une arme à feu», a-t-il dit.

«Sur le fond», le caucus souhaite un registre, selon la leader adjointe Agnès Maltais. «Il y a des députés qui nous ont transmis les réticences des gens, et on regarde comment les aménager», a-t-elle dit. 

«Je ne dirais pas qu'il y a des dissensions, je dirais qu'il y a  des discussions. Et c'est un enjeu qui est délicat, il faut le reconnaître», a soutenu de son côté Bernard Drainville. «Maintenant, notre façon de gérer ça comme caucus, et ce n'est pas la première fois qu'on a des enjeux comme ça qui sont plus délicats, c'est de s'en parler et de trouver un compromis.» Le caucus n'a pas statué sur le recours au vote libre, a-t-il précisé.

Au Parti libéral, quelques députés ont exprimé des réticences également au sujet de la création d'un registre.

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