Protectrice du citoyen: des services souffrent du «cumul des compressions»

Raymonde Saint-Germain... (Archives La Presse Canadienne)

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Raymonde Saint-Germain

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(Québec) Contrairement à ce que prétend le gouvernement Couillard, la Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, soutient que «le cumul des compressions au fil des ans» a eu un impact sur l'accès et la qualité de certains services à la population. C'est le cas pour les soins d'hygiène dans les CHSLD et le soutien à domicile, par exemple.

Elle s'inquiète également «des répercussions d'un sous-investissement là où les besoins sont pourtant criants», comme en santé mentale.

«Le cumul des compressions au fil des ans et les choix qui en découlent ont, entre autres, entraîné des délais d'attente croissants, la diminution de l'intensité de certains services ainsi que des indemnités moindres dans des programmes publics» comme celui de la CSST, affirme-t-elle dans son rapport annuel déposé à l'Assemblée nationale jeudi.

Elle ne remet pas en cause la nécessité ou la pertinence des mesures budgétaires. «La gestion serrée des finances publiques n'est pas inconciliable, à mon avis, avec une offre de services de qualité, dit-elle. Mais attention, la diminution ou la réaffectation des ressources commande des choix avisés, planifiés et rigoureusement appliqués.» Or certains de ces choix «se sont faits au détriment des citoyens», a-t-elle constaté au fil de ses enquêtes.

Des CHSLD «diminuent les mesures d'hygiène alors qu'ils devraient les accroître», par exemple. Des aînés sont privés de bain ou de douche faute d'équipements requis pour offrir ce service. Et «l'imposition de frais, certains indus et non toujours légalement exigibles, s'accentue, en particulier dans le réseau de la santé et des services sociaux». «En contexte budgétaire, alors que les établissements de santé sont à la recherche de sources de financement additionnelles, la vigilance s'impose pour éviter tout glissement vers une facturation abusive», prévient Mme Saint-Germain. Des balises claires doivent être adoptées.

Selon elle, «il est également nécessaire de mesurer les répercussions d'un sous-investissement là où les besoins sont les plus criants». «Je constate, avec déception, que des dossiers majeurs ne sont pas sur l'écran radar des pouvoirs publics, alors qu'ils sont lourds de conséquences sociales et économiques», dit-elle. «Il en est ainsi des services aux personnes dont la santé mentale est déficiente», par exemple. Dix ans après la parution d'un plan d'action 2005-2010 en cette matière, les objectifs fixés ne sont toujours pas atteints «alors que les besoins sont aussi cruciaux que croissants». Le plan n'a pas été renouvelé depuis 2010.

Autre exemple: les services de soutien à domicile devraient selon elle être davantage priorisés dans un contexte de vieillissement de la population et alors que l'accès à l'hébergement public est restreint. D'ailleurs, contrairement à ce qu'il a promis en campagne électorale, le gouvernement n'alloue pas 150 millions de plus par année aux soins et services à domicile. Il devait le faire dès son arrivée au pouvoir et pendant cinq ans, selon son engagement. Des aînés sont victimes d'une réduction de services et de délais d'attente importants. On assiste également à un «épuisement des proches aidants», selon la Protectrice.

En matière d'éducation, ajoute Raymonde Saint-Germain, «les services devraient être mieux adaptés aux besoins des élèves en difficulté, notamment ceux qui présentent un trouble du spectre de l'autisme».

Elle relève également que des résidences privées conçues pour des aînés autonomes ou semi-autonomes accueillent des personnes dont les besoins sont supérieurs à ceux qu'elles peuvent satisfaire. Elles n'offrent donc pas à ces personnes «les garanties nécessaires à la qualité de leurs services et à leur sécurité». Ces personnes tardent à être relogées par les autorités du réseau de la santé, dénonce Mme Saint-Germain. Il y a un manque de places disponibles en CHSLD.

Revenu Québec est une fois de plus blâmé. Dans ses opérations de récupération fiscale, il «a émis des avis de cotisation erronés, basés sur de simples présomptions, sans permettre aux contribuables visés de faire valoir leurs arguments». «Des plaintes fondées démontrent que l'attitude de Revenu Québec s'est durcie face aux contribuables», ajoute Mme Saint-Germain. Des décisions ont été revues après ses interventions.

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