Legault: Couillard et Péladeau devraient s'inspirer de l'Allemagne

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Selon François Legault, le premier ministre Philippe Couillard et le chef péquiste Pierre Karl Péladeau devraient faire le même voyage pour s'ouvrir les yeux et présenter aux Québécois des propositions économiques plus élaborées.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Philippe Couillard et Pierre Karl Péladeau auraient tout intérêt à étoffer leur programme économique plutôt superficiel en faisant un pèlerinage en Allemagne, estime le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui terminait, vendredi, une mission d'une dizaine de jours dans ce pays.

M. Legault a séjourné en Bavière ainsi qu'à Hambourg, deux puissances économiques régionales allemandes, pour s'inspirer de leur expérience et rencontrer plusieurs représentants du secteur des affaires.

Dans une entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, vendredi, le chef de la CAQ a vanté le modèle de ces deux États fédérés, notamment parce qu'ils misent sur des zones d'innovation dans des secteurs de pointe, parce qu'ils accordent une aide directe aux entreprises, et parce qu'ils valorisent une grande concertation entre les entreprises et les universités.

Selon François Legault, le premier ministre Philippe Couillard et le chef péquiste Pierre Karl Péladeau devraient faire le même voyage pour s'ouvrir les yeux et présenter aux Québécois des propositions économiques plus élaborées.

«D'ici à 25 ans, qui va être capable de suivre les États-Unis? Les États-Unis mettent tellement d'argent dans leurs universités, ils y font tellement d'innovations, qui sera capable de les suivre? Les Allemands. Effectivement, cela vaudrait la peine qu'ils (MM. Couillard et Péladeau) viennent voir ici ce qui se fait.»

Le chef de la CAQ s'est même permis de lancer une flèche vers son adversaire du PQ en faisant référence à ses séjours à l'étranger, liés davantage à ses intérêts politiques. «Si, quand on va en Europe, c'est pour voir le référendum en Écosse, ce n'est pas comme la mission économique que je suis en train de faire.»

Et sur la même lancée, il a écorché le premier ministre Philippe Couillard sur sa stratégie maritime, inspirée en partie du Projet Saint-Laurent du chef caquiste. Il a déploré qu'aucune annonce d'investissement privé n'ait été faite lors du lancement de la stratégie maritime à Montréal récemment.

«Je n'ai pas vu au Parti québécois ou au Parti libéral un programme aussi détaillé que ce qu'on a fait avec le Projet Saint-Laurent, a-t-il relevé. Nous, on a sorti des chiffres, des données, des montants.»

La Bavière et Hambourg investissent aussi davantage, en proportion, que le Québec, en matière de recherche et développement, et ce sont des champions de l'exportation, a fait remarquer M. Legault. Résultat: le revenu moyen par habitant d'un Bavarois est 35 pour cent plus élevé que celui d'un Québécois, tandis que l'écart est encore plus grand avec un citoyen de Hambourg, soit 65 pour cent.

Mais pour que le Québec les rattrape, il faut d'abord un «changement de mentalités», a insisté le chef caquiste, et particulièrement dans les relations entre les entreprises et les universités, qui doivent collaborer davantage.

«L'université, c'est une grande clé, c'est là que devrait se faire le premier déclic», a dit M. Legault.

La mise sur pied partout au Québec de zones d'innovation, qui concentreraient des entreprises spécialisées dans un domaine précis et des chercheurs universitaires, doit suivre, a-t-il poursuivi. Et c'est en passant par ces zones d'innovation que l'État pourra accorder des aides directes aux entreprises, ce qu'il ne pourrait pas faire avec des subventions directes, en vertu des traités internationaux.

À titre d'exemple, les autorités allemandes ont mis le paquet dans la zone d'innovation aéronautique de Hambourg en investissant 1 milliard $, a évoqué M. Legault. Pas moins de 26 000 employés bien payés y travaillent.

Mais encore, pour financer plus adéquatement les entreprises de cette façon, l'État québécois doit d'abord faire le ménage dans son système de crédits d'impôt, qui lui coûte 800 millions $, et changer la mission d'Investissement Québec, a plaidé le chef de la CAQ.

Selon lui, ce n'est pas à Revenu Québec de déterminer ce qui est de l'investissement en recherche et développement. Dans les zones d'innovation allemandes, ce sont des experts universitaires qui décident de l'aide qui doit être attribuée, projet par projet.

Quant à Investissement Québec, ce bras financier du gouvernement devrait s'inspirer de la Banque de développement bavaroise, qui joue un rôle bien plus actif dans l'attraction d'investissements étrangers, tout comme les chambres de commerce allemandes, qui sont «obsédées» par l'exportation et les foires commerciales internationales, a soutenu M. Legault.

Le chef caquiste estime enfin que le Québec pourrait aussi apprendre du modèle de concertation entre le patronat et les syndicats en Allemagne, un modèle qui est incidemment aussi louangé par le chef péquiste Pierre Karl Péladeau. Cependant, M. Legault, qui se targue d'apporter des solutions «constructives», doute que les deux partis puissent travailler sur cet enjeu.

«Pour avoir été au PQ, ce n'est pas toujours bien vu (le rapprochement entre les syndicats et le patronat)», a-t-il conclu, de par son expérience d'ancien ministre péquiste.

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