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Des dizaines de hauts fonctionnaires tablettés

La fonction publique québécoise a subi de profondes... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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La fonction publique québécoise a subi de profondes transformations depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux. En un an, le gouvernement a déplacé plus de 70 hauts fonctionnaires, sous-ministres et dirigeants d'organismes.

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(Québec) Un an après son arrivée au pouvoir, le gouvernement Couillard a déplacé plus de 70 hauts fonctionnaires, sous-ministres et dirigeants d'organismes. Une vingtaine d'entre eux, associés au gouvernement Marois, ont été carrément mis sur la touche, avec des responsabilités bien réduites, tout en conservant leur salaire. Au même moment, une trentaine de mandarins plus proches des libéraux ont vu leur carrière prendre un nouvel élan.

Dans les documents préparés pour l'étude des crédits du conseil exécutif, en réponse à une question de l'opposition, on a dressé une liste des fonctionnaires qui ont changé d'attribution durant l'année financière 2014-2015. On sous-estime souvent l'importance du contingent de mandarins dont la nomination dépend du gouvernement - on retrouve 150 sous-ministres ou sous-ministres adjoints dont les salaires totalisent 25 millions de dollars. À ceux-ci s'ajoutent 730 présidents, vice-présidents ou membres d'organismes qui coûtent 110 millions par année en rémunération.

Parmi les mandarins mis sur la touche, on retrouve le premier fonctionnaire, Jean Saint-Gelais, secrétaire général de Pauline Marois. M. Saint-Gelais qui vient de quitter la fonction publique avait été recasé comme président de la Commission des normes du travail, en conservant son salaire de greffier du conseil exécutif, à 318 000$. Le sous-ministre responsable de l'ensemble des communications sous Pauline Marois, Hubert Bolduc, est «en prêt de service» à Investissement Québec, comme «professionnel spécialisé», tout en conservant son salaire de 218 000$ par année.

Chef du protocole sous le PQ, Juliette Champagne est devenue «administratrice invitée» à l'École nationale d'administration publique, tout en conservant son salaire de 146 000$. Ancien chef de cabinet du ministre Bertrand St-Arnaud, Me Martin Philippe Côté est passé de sous-ministre aux Finances (Tourisme) à «administrateur d'État affecté auprès du président directeur de la Société québécoise des infrastructures»; ses responsabilités sont réduites mais pas son salaire de 148 000$.

Proche de Pauline Marois, Ginette Galarneau passe du poste stratégique de responsable des emplois supérieurs à celui de présidente de l'Office de protection du consommateur, son salaire reste inchangé: 208 000$. Rachel Laperrière, une bonne connaissance de l'ex-chef de cabinet de Mme Marois, Nicole Stafford, est passée de sous-ministre à la Culture à «sous-ministre à forfait affectée auprès du directeur général de l'ENAP (administratrice invitée)», par la même rémunération: 175 000$. Mario Laprise, nommé patron de la SQ sous le PQ est toujours payé à partir du budget de la police, même s'il est désormais «titulaire hors structure en prêt de services à Hydro-Québec», à 195 000$. Fonctionnaire de carrière aux Finances puis au Trésor, Clément d'Astous était sous-ministre à l'Environnement. À l'arrivée des libéraux il a été réaiguillé comme vice-président aux politiques à la Régie des rentes, toujours à 208 000$.

Charles Larochelle, longtemps chef de cabinet dans les gouvernements péquistes, était passé sous-ministre, puis était devenu président de la Société d'habitation sous Pauline Marois. Avec l'arrivée des libéraux, il est passé «membre» à la Commission municipale, mais son salaire est resté à 179 000$. Brigitte Pelletier était chef de cabinet de Bernard Landry alors que sous le gouvernement Marois elle était sous-ministre à l'Emploi et à la Solidarité sociale. Depuis l'élection elle est passée à la tête de la Commission municipale, toujours au même salaire de 208 000$.

Me Alain Parenteau était vice-président aux affaires juridiques à la Société québécoise des infrastructures, le principal architecte de la loi 1 du PQ pour priver de contrats publics les professionnels crapuleux. Il est devenu «administrateur invité auprès du directeur général de l'ENAP». Vice-président à la SHQ, Jean-François Arteau est passé «titulaire hors structure» au même organisme, à 139 000$ toujours. Directrice générale de l'Office des personnes handicapées, Sylvie Tremblay est mise sur la touche aussi toujours à 138 000$, comme «titulaire hors structure en prêt de services auprès du PDG par intérim de l'Agence de la santé de Laval. Une autre nomination du gouvernement Marois est aiguillée sur une voie de garage: Josée Tremblay, qui était secrétaire générale associée à la Capitale-Nationale, est elle aussi garée à l'ENAP, toujours à 148 000$.

Lise Verreault était sous-ministre au superministère de la Santé, elle avait conservé le même niveau à l'enseignement supérieur. Elle conserve son salaire de 229 000$ même si elle devient sous-ministre adjointe sous François Blais.

À l'étranger

L'ex-journaliste Dominique Poirier avait été nommée à New York par le gouvernement Marois, on lui a maintenu son salaire de 180 000$ mais elle est passée en prêt de service pour les relations internationales de la Ville de Montréal. L'arrivée du gouvernement Couillard a aussi fait rouler des têtes dans les délégations à l'étranger. À Munich, le délégué général Michel Côté a quitté ses fonctions avec une indemnité de départ de 49 000$, Caroline Emond a reçu 26 000$ pour quitter son poste à Bruxelles, Richard Yves Le Lay, 32 000$ pour la fin de son contrat à Ottawa, et Stéphane Paquet, 29 000$ pour le rachat de son mandat de délégué à Londres. Dans les organismes, Michel Létourneau a obtenu 109 000$ pour la fin de son contrat comme président de la Régie du cinéma où le PQ avait délogé France Boucher, mandarin libéral, transférée depuis l'automne 2012, à plein salaire, à la Régie des installations olympiques.

- Avec la collaboration de Serge Laplante

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