Elvis Gratton: les libéraux dénoncent les propos de Péladeau

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Le député du PQ et candidat à la direction du parti, Pierre Karl Péladeau

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Les libéraux ont déclaré mardi que le candidat à la direction du Parti québécois Pierre Karl Péladeau a manqué de respect en les comparant à la caricature de fédéraliste incarnée par le personnage d'Elvis Gratton.

Trois ministres du gouvernement ont dénoncé les propos de M. Péladeau, qui a fait référence au personnage créé par le cinéaste Pierre Falardeau à au moins deux occasions, lors de rassemblements militants.

Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a affirmé que les propos de M. Péladeau étaient une insulte envers les libéraux.

«Oui, passablement, mais ça c'est dans les critères du député de Saint-Jérôme», a-t-il dit dans un échange avec des journalistes à l'Assemblée nationale.

M. Arcand a rappelé une manchette coiffant un article qui rapportait des propos du leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, la semaine dernière, concernant les colères de M. Péladeau.

«Notre leader la semaine passée a dit qu'il avait quelque chose d'une brute dans une certaine mesure, a-t-il dit. Je pense que c'est le cas encore une fois. On voit que le député de Saint-Jérôme n'amène pas la politique à un niveau très élevé.»

Le cabinet de M. Arcand a précisé par la suite que M. Fournier n'avait pas lui-même utilisé le mot brut, lors d'une sortie la semaine dernière où il avait affirmé que le candidat péquiste est «incapable de contrôler ses pulsions agressives» et que la manchette contenant ce mot avait ensuite été corrigée.

Mardi, M. Fournier a de son côté invité M. Péladeau à s'inspirer du respect des institutions comme l'Assemblée nationale lorsqu'il s'en prend à ses adversaires politiques.

«Je n'ai pas trouvé que c'est quelque chose qui doit être dit comme ça, a-t-il dit. On peut avoir des opinions différentes, mais minimalement on devrait avoir un peu de respect les uns pour les autres. Je souhaiterais que M. Péladeau puisse envisager l'Assemblée nationale comme étant un lieu où des débats importants doivent se faire dans un cadre démocratique, dans le respect des opinions de tout le monde.»

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a soutenu qu'avec ses propos, M. Péladeau s'éloigne des qualités qu'un leader doit nécessairement posséder.

«M. Péladeau se comporte comme un impoli et quelqu'un qui manque carrément de respect à l'égard de la fonction qu'il exerce lui-même», a-t-il dit.

Selon M. Moreau, M. Péladeau manque également de respect envers les électeurs qui ont choisi de voter pour d'autres formations politiques que le PQ.

«Les gens ont élu des péquistes en moins grand nombre, heureusement, mais ils ont élu des caquistes et des libéraux, a-t-il dit. Qu'est-ce que vous dites à un électeur qui a voté pour un député libéral ou un caquiste ou quelqu'un d'autre que lui? En réalité, si je comprends bien, il n'y a que lui qui soit bon.»

M. Péladeau n'est pas le premier dans les rangs péquistes à faire référence à Elvis Gratton, personnage principal d'un film culte du cinéma québécois.

En 2008, l'ancienne chef Pauline Marois avait fait un parallèle entre le personnage et une des propositions de la commission Bouchard-Taylor, dont le rapport recommandait de remplacer l'expression «Québécois de souche» par «Québécois d'origine canadienne-française».

Cette comparaison avec le personnage, qui se présentait comme un «Canadien américain francophone d'Amérique» et comme «un Américain du nord français francophone canadien-français», avait froissé l'ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard, qui avait pris la défense de son frère Gérard, coprésident de la commission.

M. Péladeau était absent de l'Assemblée nationale, mardi, en raison d'activités de campagne, mais dans les rangs péquistes, les commentaires sont demeurés limités.

Le chef intérimaire Stéphane Bédard a affirmé que le gouvernement libéral actuel est le plus fédéraliste de l'histoire récente.

«Je ne reprendrai pas des termes précis mais je vous dirais que le gouvernement là-dessus est sur une pente descendante», a-t-il dit.

Partisan de M. Péladeau, le député Pascal Bérubé n'a pas fait de commentaires.

«M. Péladeau assume ses paroles, je vais lui laisser le soin de commenter», a-t-il dit.

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