Ligne de transports d'Hydro-Québec: source de discorde entre Drainville et Péladeau

La construction de la nouvelle ligne de transmission... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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La construction de la nouvelle ligne de transmission électrique d'Hydro-Québec doit commencer dès l'été prochain. Les 400 kilomètres entre le Lac-Saint-Jean et Montréal nécessiteront des travaux de 1,3 milliard et fourniront de l'emploi à 1000 ouvriers pendant cinq ans.

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(QUÉBEC) La nouvelle alliance entre Pierre Karl Péladeau et Bernard Drainville forcera les deux députés à une discussion inattendue. Cette semaine, à l'Assemblée nationale, le député Drainville a accusé le gouvernement Couillard et Hydro-Québec de «massacrer le paysage» des résidants de Lanaudière avec une nouvelle ligne de transmission électrique.

Or Hydro-Québec a approuvé ce projet de liaison entre le poste de la Chamouchouane et celui du Bout-de-l'Île ainsi que son budget de 1,134 milliard le 21 février 2014. La construction de cette première ligne de 735 kV depuis 20 ans avait été entérinée peu de temps avant les dernières élections, par le conseil d'administration de la société d'État, présidé alors par Pierre Karl Péladeau. Celui qui allait devenir quelques jours plus tard candidat péquiste dans Saint-Jérôme était présent et a présidé la séance du conseil, note le procès-verbal. Il était aussi présent au moment où le tracé de la nouvelle ligne électrique a été choisi.

Devant «l'entêtement d'Hydro-Québec les citoyens de Lanaudière sont toujours autant en colère», a pourtant soutenu Bernard Drainville, à l'Assemblée nationale, le jour même où il s'est rallié au magnat de la presse. Le projet traverse des terres agricoles, des secteurs résidentiels et des municipalités, a relevé le député de Marie-Victorin. «Pourquoi le gouvernement libéral s'entête-t-il à appuyer ce projet, que le BAPE n'approuve pas, alors qu'il existe une option moins chère, viable, qui ne détruirait pas nos paysages et qui ne mettrait pas le monde de Lanaudière en maudit?», a lancé M. Drainville.

Cette sortie n'est pas la seule note discordante du côté péquiste devant le projet; un vétéran, le président de l'Association péquiste de Richelieu, Marcel Fafard, applaudit à la décision du gouvernement, qui n'a pas voulu suivre la recommandation du Bureau d'audience publique sur l'environnement en reportant dans le temps sa décision.

«Moi, je dis bravo au gouvernement pour ignorer cet organisme qui sort de plus en plus de sa mission tout en n'ayant pas les compétences. Cet organisme n'analyse pas une dimension du développement durable... l'économie», soutient M. Fafard dans un courriel envoyé à La Presse de la part «d'un péquiste qui ne croit plus à l'utilité de cet organisme qu'est le BAPE».

Le député Bernard Drainville, lui, appuie le constat du BAPE qui estime qu'Hydro-Québec pourrait utiliser les emprises des vieilles lignes de 230 kV ou 315 kV pour construire sa nouvelle ligne. «Hydro-Québec n'a pas produit d'étude ni démontré de façon satisfaisante» que cela n'est pas envisageable, insiste M. Drainville.

«Un projet incontournable»

Pour le ministre de l'Énergie, Pierre Arcand, le projet qui doit être annoncé officiellement cet après-midi à Montréal «est un projet important au caractère incontournable. Il y a eu un appui de la Régie de l'énergie, de la Commission de protection du territoire agricole, il y a eu un appui de toutes les municipalités par rapport à ce projet sauf une, la municipalité de Sainte-Émélie-de-l'Énergie». Le projet mis de l'avant par le regroupement Citoyens sous haute tension serait «infiniment plus coûteux», estime le ministre, citant les conclusions de la Régie de l'énergie.

«Chaque fois qu'on a ce genre de projet-là, il y a toujours des oppositions. Il y a eu plus de 300 consultations qui ont été faites par rapport à ce projet, et il est clair que ce projet, il est, dans l'ensemble, bénéfique pour les Québécois», a soutenu M. Arcand. «Lorsqu'on parle d'acceptabilité sociale, ça ne veut pas dire nécessairement toujours l'unanimité», a-t-il renchéri.

La Presse a révélé la semaine dernière l'imminence de l'annonce de cette construction qui devrait commencer dès l'été prochain. Les 400 kilomètres entre le Lac-Saint-Jean et Montréal nécessiteront des travaux de 1,3 milliard et fourniront de l'emploi à 1000 ouvriers pendant cinq ans.

Au cours des derniers jours, a souligné M. Drainville, six MRC ont adopté des résolutions pour que le gouvernement libéral étudie l'option des emprises existante. Dans Lanaudière, en particulier à Rawdon, on pousse pour qu'Hydro-Québec fasse passer sa nouvelle ligne par les corridors déjà utilisés par les anciens pylônes. La société d'État soutient qu'elle se sert au maximum de ces anciennes emprises.

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