PKP dénonce la motion «scélérate» de Legault

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Pierre Karl Péladeau demande au chef de la Coalition avenir Québec s'il s'est rendu compte «de la nature loufoque de sa motion».

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(Québec) La «motion PKP» adoptée il y a une dizaine de jours est «loufoque», «scélérate» et serait illégale, selon Pierre Karl Péladeau.

L'actionnaire de contrôle de Québecor, candidat pressenti à la direction du Parti québécois, a lancé sur sa page Facebook une tirade contre l'initiative de la Coalition avenir Québec, lundi matin. Il s'en prend surtout au chef caquiste François Legault.

«Il serait utile pour M. Legault de consulter des juristes avant de se donner en spectacle», écrit-il dans un texte mis en ligne en matinée.

Pour appuyer son point de vue, M. Péladeau cite plusieurs extraits de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne ainsi que de la Charte canadienne des droits et libertés. Ces textes prévoient en outre que toute personne « a droit de se porter candidat lors d'une élection et a droit d'y voter ».

Le député de Saint-Jérôme note aussi que la motion, telle que rédigée, forcerait sa conjointe, Julie Snyder, à se départir de sa propre entreprise médiatique.

«Est-ce que M. Legault s'est rendu compte de la nature loufoque de sa motion qui aurait comme conséquence de forcer Julie à vendre ses actions dans l'entreprise médiatique, les Productions J, qui sont à l'origine des émissions de télé les plus populaires de l'histoire ? demande-t-il. C'est pour vous dire !»

L'adjectif «scélérate» utilisé par M. Péladeau pour dénoncer la motion est le même qu'avait utilisé Yves Michaud pour critiquer la motion de blâme qui l'a visé en 2000.

Le député péquiste rappelle au passage que François Legault a tenté de le recruter.

Dans une déclaration écrite envoyée sur l'heure du midi, le député caquiste François Bonnardel a donné la réplique au magnat de la presse.

«M. Péladeau tente de faire diversion afin de ne pas répondre aux questions entourant l'indépendance des médias, a-t-il ironisé. Il sait plus que quiconque que le fait de placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard ne règlera absolument rien.»

Il s'est d'ailleurs permis une pointe à l'égard de PKP, notant que ses sorties écrites sur Facebook lui permettent d'esquiver les questions des médias.

«Je l'invite dès demain à accepter les règles du jeu et à répondre aux questions des journalistes, plutôt que se cacher derrière un clavier», a-t-il écrit.

Des balises

Plusieurs juristes contactés par La Presse au cours des dernières semaines ont convenu que le droit de briguer les suffrages n'est pas «absolu» et qu'il est possible de le restreindre pour éviter des situations injustes. C'est pour cette raison qu'on plafonne les dépenses électorales, cite en exemple l'avocat Julius Grey: cela permet d'éviter que des candidats fortunés jouissent d'un avantage indu.

«Je pense qu'il serait facile de démontrer que le contrôle d'un organisme de presse pourrait constituer un accroc important aux règles de dépenses électorales», estime Me Grey.

Le gouvernement Couillard doit donner suite à la «motion PKP» en tenant une commission parlementaire pour se pencher sur l'indépendance des médias et le pouvoir politique.

PKP n'a pas encore confirmé qu'il briguera la chefferie du Parti québécois bien qu'il ait mis sur pied une organisation à cet effet. Il y a deux semaines, il a promis de placer ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard s'il est élu chef du PQ. Il s'est aussi engagé à faire une «déclaration sur l'honneur» de ne jamais intervenir dans ses médias.

Quelques jours après cette promesse, le commissaire à l'éthique a ouvert une enquête sur une intervention en commission parlementaire de M. Péladeau en faveur de Québecor dans la vente de l'entreprise Vision Globale. M. Péladeau a reconnu les faits, révélés par La Presse, mais a assuré qu'il agissait pour conserver Vision Globale aux mains d'intérêts québécois.

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