Le PLQ veut la tête de Daniel Breton

Le ministre de l'Environnement, Daniel Breton.... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Le ministre de l'Environnement, Daniel Breton.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

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L'opposition libérale réclame la démission du ministre de l'Environnement, Daniel Breton, parce qu'il a «compromis l'indépendance» du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). L'Association de l'exploration minière du Québec accuse quant à elle l'ex-militant environnementaliste d'avoir fait une nomination «doctrinaire» et «purement politique» en désignant le journaliste Louis-Gilles Francoeur à la vice-présidence de l'organisme.

À l'Assemblée nationale, jeudi, le Parti libéral du Québec (PLQ) a affirmé que M. Breton a fait une intervention «illégale» auprès du BAPE au cours d'une rencontre avec une cinquantaine de ses employés, le 24 octobre. Le ministre aurait déclaré qu'il allait téléphoner au président du BAPE lorsqu'il sera insatisfait d'un rapport d'enquête, selon le Journal de Québec. Il aurait également demandé la liste des numéros de téléphone cellulaire des commissaires. Daniel Breton nie ces allégations. Le PLQ rejette son démenti. Son chef intérimaire, Jean-Marc Fournier, accuse le ministre d'avoir «délibérément intimidé les membres du BAPE, compromis l'indépendance de ce tribunal et contrevenu à la règle de séparation des pouvoirs» entre l'exécutif et le judiciaire. «Il n'a pas le choix, il doit démissionner!», a-t-il tonné.

La première ministre Pauline Marois a répliqué qu'«on n'est plus à l'époque des Post-it» et que son gouvernement respecte l'indépendance des organismes comme le BAPE.

Daniel Breton soutient qu'il n'a jamais demandé les numéros de téléphone des commissaires ni affirmé qu'il passerait des coups de fil pour dire qu'il est mécontent d'un rapport. «Ce qui est vrai, a-t-il dit, c'est que l'ancien vice-président du BAPE était attaché politique» du PLQ, à la fin des années 80.

Daniel Breton a limogé ce vice-président, Pierre Fortin, cette semaine, après avoir montré la porte au président Pierre Renaud le mois dernier. Quand il était militant environnementaliste, il a attaqué l'intégrité et l'indépendance des dirigeants de l'organisme.

Ingérence politique

Selon Jean-Marc Fournier, «les comportements de M. Breton jusqu'ici démontrent qu'il veut être le maître du BAPE. Or, le BAPE n'est pas l'objet du ministre. C'est un organisme quasi judiciaire». Il «détruit» le BAPE avec son ingérence politique et «contamine» ses décisions futures, a-t-il ajouté.

Après les débats en Chambre, Daniel Breton a quitté le parlement en trombe, en se contentant de dire que les allégations sont fausses. Son attachée de presse, Danielle Rioux, a confirmé la tenue de la rencontre du 24 octobre. Ce n'était selon elle qu'une «visite de courtoisie»: M. Breton s'est présenté et a confirmé son intention de «moderniser le BAPE». Sa garde du corps a demandé une liste de numéros de téléphone à la réceptionniste pour des motifs de sécurité, «dans le cadre de son travail», mais M. Breton n'a ni vu ni obtenu ce document, a-t-elle dit.

Contrairement au Parti libéral, la Coalition avenir Québec estime que le président du BAPE devrait être nommé par l'Assemblée nationale. Le comportement de Daniel Breton est «inquiétant», selon le chef caquiste François Legault.

De son côté, le président de l'Association de l'exploration minière du Québec, Jean-Marc Lulin, est renversé par la nomination de Louis-Gilles Francoeur. «J'ai cru à une mauvaise blague au début parce que M. Francoeur est surtout connu comme un polémiste, voire comme un idéologue. Il a des positions qui sont tranchées, voire dogmatiques. Il n'est pas connu comme ayant une formation scientifique, comme ayant quelque expérience que ce soit pour juger de l'impact de projets industriels», a-t-il affirmé. Selon lui, le gouvernement Marois «n'a pas fait le partage entre l'idéologie et la gestion des affaires de l'État».

Des groupes écologistes comme la Fondation David Suzuki saluent les nominations de Louis-Gilles Francoeur et de Pierre Baril, à la présidence du BAPE dans son cas. «Elles vont dans le sens d'une plus grande indépendance du BAPE», victime de l'ingérence politique au cours des dernières années, selon le président de Vivre en ville, Alexandre Turgeon.

 

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