Parité au Conseil des ministres: Charest refuse de s'engager

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Le départ de Monique Jérôme-Forget a mis en péril la parité hommes-femmes au Conseil des ministres.

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(Québec) Le premier ministre Jean Charest n'a pas voulu, hier, s'engager à restaurer la parité hommes-femmes au sein de son Conseil des ministres à la première occasion.

«Je continue de croire à la parité, mais ce n'est pas uniquement une question de chiffres. C'est aussi une question de talent, qui est au coeur des responsabilités que chacun doit assurer», a soutenu M. Charest.

 

Pourtant, l'occasion était belle de promettre de ramener la parité, mise en veilleuse depuis le départ de Monique Jérôme-Forget, au début d'avril. Avec le titulaire du Travail, David Whissell, et la responsable de la Condition féminine, Christine St-Pierre, M. Charest participait à une conférence de presse pour souligner l'adoption, à l'unanimité à l'Assemblée nationale, d'amendements importants à la loi sur l'équité salariale.

Avec l'arrivée probable de Clément Gignac comme membre du Conseil des ministres après la complémentaire du 22 juin, c'est un déficit de deux femmes que devrait combler M. Charest à la première occasion où il retouchera à son équipe. «Je crois dans la parité, nous continuerons de tout faire en notre pouvoir pour la maintenir», a-t-il soutenu, prétextant qu'il ne voulait pas discuter davantage du prochain remaniement, tout de suite après les élections complémentaires, si on se fie aux rumeurs. Depuis la formation du gouvernement en décembre, qui avait respecté la parité instaurée en 2007, les candidates encore susceptibles de monter au Conseil ne sont pas légion au sein du caucus libéral.

En 2006, Québec avait adopté une loi pour assurer la parité hommes-femmes dans les conseils d'administration du secteur public, a rappelé aussi M. Charest. Or, même si un délai de cinq ans n'est pas encore terminé, déjà 44,3% des postes de direction sont occupés par des femmes, une hausse de 61% par rapport à la situation avant 2006, a rappelé M. Charest.

Plus tôt à l'Assemblée nationale, les députés avaient adopté unanimement une série de modifications à la loi adoptée sous Lucien Bouchard en 1996. Depuis 10 ans, «un progrès avait été accompli, mais il restait encore beaucoup de chemin à parcourir pour éliminer les écarts salariaux entre les hommes et les femmes», a soutenu hier le titulaire du Travail, David Whissell. Une longue liste de groupes, des syndicats et des chambres de commerce faisaient partie de la conférence de presse.

Le projet de loi 25 vise à forcer les entreprises de plus de 10 employés à vérifier le respect de l'équité dans les échelles salariales - on était à 25 employés et plus auparavant. Des entreprises trop petites pourront s'aligner sur des groupes de référence dans leur secteur. Seulement 50% des entreprises se sont pliées aux obligations de la loi de 1996. «Jusqu'au 31 décembre 2010, on donne une dernière chance à toutes les entreprises du Québec de réaliser un premier exercice d'équité salariale», a expliqué M. Whissell, parrain du projet de loi.

La Commission de l'équité salariale obtiendra cette année 1,5 million de plus et 2,5 millions l'an prochain pour appliquer la loi de façon plus serrée. Après mai 2011, les entreprises récalcitrantes se verront imposer des sanctions plus lourdes, jusqu'à 3% de la masse salariale qui ira aux femmes et non au fonds consolidé du gouvernement, promet M. Whissell.

Dans l'audience, les députées péquistes Carole Lavallée, Nicole Léger et Monique Richard trépignaient. «On était là pour l'adopter, ce projet de loi», a lancé Mme Léger avant qu'en toute fin de conférence de presse, le ministre Whissell ne fasse mention de la contribution de ces élues péquistes. La ministre St-Pierre ne fut pas en reste, rebaptisant le Conseil du statut de la femme, le «Conseil consultatif de la condition féminine».

Le gouvernement Charest avait en 2007, à quelques jours de l'élection, payé près de 2 milliards en équité salariale à 200 000 salariées du gouvernement.

 




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