Course au NPD: la question de la neutralité religieuse fait des étincelles

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Le huitième et dernier débat aura lieu à Vancouver le 10 septembre.

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Joël-Denis Bellavance
La Presse Canadienne

La question de la neutralité religieuse de l'État a provoqué quelques étincelles dimanche durant le débat en français entre les quatre candidats briguant la direction du NPD. Et c'est le député du Québec Guy Caron qui a donné le ton en défendant le pouvoir de l'Assemblée nationale de légiférer pour imposer la laïcité dans la prestation et l'obtention de services publics.

Alors que les questions identitaires s'imposent de plus en plus dans cette course au leadership à trois semaines du début du vote des militants, le député Guy Caron a mis au défi celui qui est considéré comme le meneur de la campagne, Jagmeet Singh, de dire s'il respecte le droit de l'Assemblée nationale d'adopter des lois pour assurer la neutralité religieuse de l'État.

M. Singh, qui porte le turban et le kirpan et qui est député provincial du NPD en Ontario, a affirmé à quelques reprises qu'il ne croit pas qu'un gouvernement peut dicter à une personne comment s'habiller. Il s'est donc prononcé contre le projet de loi 62 du gouvernement libéral de Philippe Couillard sur cette question, se disant convaincu que cela ne respecte pas la Charte des droits et libertés du Québec et la charte canadienne et que les tribunaux pourraient l'invalider en cas de contestation.

S'il croit aussi que l'État ne peut dicter une tenue vestimentaire aux gens, Guy Caron a soutenu qu'il revient quand même à l'Assemblée nationale de trancher cette question. 

« Soyons clairs: je ne crois pas que l'État ait le droit dire à une femme ou un homme quoi porter ou ne pas porter. Mais nous sommes devant un débat entre la neutralité religieuse de l'État et la liberté de religion. (...)  Refuser ce débat, c'est laisser toute la place à la droite réactionnaire. La laïcité devrait être à notre image : progressiste et inclusive. Rejeter la laïcité parce qu'on pense que c'est juste du racisme, c'est ne pas comprendre le Québec », a dit M. Caron dans sa déclaration d'ouverture.

Il a aussi affirmé que le NPD risquait de sombrer à nouveau dans la marginalité s'il ne prenait pas la mesure des aspirations des Québécois sur cette question.

« Je ne suis pas ici pour vous convaincre d'accepter mon turban et ma barde. Mais je suis ici pour vous convaincre que je partage les mêmes valeurs que vous », a pour sa part affirmé Jagmeet Singh en levée de rideau.

Les deux autres candidats, Niki Ashton et Charlie Angus, se sont aussi prononcés contre l'idée que l'État puisse imposer des tenues vestimentaires aux individus. Mais ils n'ont toutefois pas voulu se prononcer sur la justesse du projet de loi du gouvernement Couillard.

Durant le débat, qui s'est déroulé devant environ 300 personnes au Club Soda de Montréal, les quatre candidats ont affiché une relative unanimité sur les questions telles que l'accueil des demandeurs d'asile, les projets de pipeline et la lutte aux changements climatiques, l'aide au développement international et les subventions aux grandes entreprises comme Bombardier.

Le huitième et dernier débat aura lieu à Vancouver le 10 septembre. Les militants pourront commencer à voter le 18 septembre. Les résultats du premier tour de scrutin seront connus le 1er octobre.

Les candidats à la direction du NPD

Charlie Angus : 54 ans, député de Timmins-Baie James (Ontario) depuis 2004, ex-président du caucus du NPD et ex-porte-parole pour les affaires autochtones. S'exprime en français avec hésitation. Nombre d'appuis au caucus : deux dont la députée Christine Moore. Autres appuis notoires : le scientifique et environnementaliste David Suzuki, la présidente de l'Alliance de la fonction publique du Canada, Robyn Benson, de même que les ex-députés fédéraux Andrew Cash et Pat Martin.

Niki Ashton : 34 ans, députée de Churchill-Keewatinook Aski (Manitoba) depuis 2008, ex-porte-parole du NPD en matière d'emploi et de développement de la main-d'oeuvre. S'exprime en français avec quelques hésitations. Nombre d'appuis au caucus : cinq, dont le député Roméo Saganash. Autres appuis notoires : l'ex-député fédéral Joe Comartin. Elle est aussi soutenue par Cherri diNovo, ancienne candidate à la direction néo-démocrate actuellement députée à Queen's Park.

Guy Caron : 49 ans, député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques depuis 2011 (Québec), ex-porte-parole du NPD en matière de finances. Bilingue. Nombre d'appuis au caucus : trois, dont la députée Ruth Ellen Brosseau et le président du caucus québécois, Robert Aubin. Autres appuis notoires : les ex-députés fédéraux Yvon Godin et Rosanne Doré-Lefebvre. Il est également soutenu par l'ex-chef du NPD en Ontario, Howard Hampton.

Jagmeet Singh : 38 ans, député provincial de l'Ontario depuis 2011, chef adjoint du NPD dans cette province. S'exprime en français avec certaines hésitations. Nombre d'appuis au caucus : six dont la députée Hélène Laverdière. Autres appuis notoires : le député fédéral Brian Masse et l'ancienne députée fédérale Mylène Freeman. Il est également soutenu par de nombreux députés provinciaux de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.




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