Les espions canadiens à l'affût des drones autour de leur QG

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Les survols de drones dans les environs du quartier général du Service canadien du renseignement de sécurité causent une réelle agitation derrière les murs de l'immeuble triangulaire.

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(Ottawa) Avis aux amateurs de drones : faire voler votre avion téléguidé près du quartier général des espions canadiens ne passe pas inaperçu à l'intérieur de l'immeuble sous haute surveillance.

Des documents obtenus par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information montrent que ces survols dans les environs du quartier général du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), dans l'est d'Ottawa, causent une réelle agitation derrière les murs de l'immeuble triangulaire.

Dans l'un des cas répertoriés dans la quarantaine de pages de courriels et de rapports de sécurité largement caviardés par le SCRS, un employé parle d'un individu qui fait voler un appareil de taille importante, de deux à trois pieds de long, dans un champ appartenant au Centre national de recherches du Canada, tout juste au nord de l'immeuble du SCRS.

«En aucun temps, l'avion n'était dirigé vers le QGN [quartier général national], et il n'était pas manipulé de manière qui suggère une activité de surveillance, a écrit cet employé. L'avion était dirigé d'une manière typiquement récréative faisant des boucles, des virages serrés, et l'opérateur paraissait en contrôle.»

«Ceci dit, l'appareil était d'une taille considérable et était capable d'atteindre une hauteur beaucoup plus élevée que le toit du QGN, a ajouté l'employé. Je fais état de cet incident uniquement en vertu de [la] directive concernant toute conduite inhabituelle dans les environs du QGN en cette période de sécurité accrue.»

«Menace»

Une telle attitude est d'ailleurs encouragée par le Service. L'un des documents obtenus énonce certaines mesures qui devraient être prises pour améliorer la sécurité de l'immeuble. La question du survol des drones y est évoquée, sous le titre «Menace des drones à l'établissement du SCRS». On y énonce également le besoin de limiter la diffusion de l'adresse sur l'internet, et celle de faire stationner les véhicules de visiteurs à l'extérieur de l'enceinte.

«Les grands espaces entourant le QGN offrent un environnement idéal pour ceux qui ont le survol de drones pour passe-temps.» - Extrait d'un document du SCRS

Le service de renseignement recommande donc que ses employés restent vigilants afin que tout incident fasse l'objet d'une «évaluation et soit répertorié de manière appropriée».

Un agent a suivi cette recommandation à la lettre et a même avisé un autre service de renseignement, le Centre de sécurité des télécommunications, de la présence d'un drone près du QGN. L'un de ses collègues a même déclaré en marge de l'un des incidents «qu'on devra peut-être finir par apposer des écriteaux derrière M-50 [au nord du QGN] pour dire que c'est une "zone d'exclusion aérienne"». Ce type d'écriteau existe déjà sur les clôtures du SCRS pour avertir les curieux qu'il est interdit de filmer ou de prendre des photos.

***

CF-18 DE BAGOTVILLE DÉPLOYÉS À CAUSE D'UN DRONE

Les drones sont de plus en plus communs au Canada et leur présence cause certains maux de tête aux gouvernements, qui doivent jongler avec leur utilisation sécuritaire et la protection des infrastructures stratégiques. Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a diffusé plusieurs capsules à la veille de Noël sur le site de son ministère afin de sensibiliser la population à certains problèmes liés à ces appareils téléguidés. L'un de ces problèmes est le fait de les faire voler trop près d'avions commerciaux. Cela n'a pas empêché les Forces armées canadiennes d'avoir à déployer deux avions de chasse CF-18 de Bagotville en mai, alors qu'un appareil téléguidé de taille importante s'approchait trop de ces avions dans le ciel de la capitale fédérale.

LES SERVICES SECRETS SUR TWITTER

Par ailleurs, le SCRS est maintenant sur Twitter. Il a lancé son premier gazouillis le 13 juillet, après s'être joint au média social quatre mois plus tôt. Son directeur, Michel Coulombe, a annoncé dans un communiqué de presse que «l'ouverture du compte Twitter est une des mesures prises pour renforcer le dialogue avec les Canadiens». Lorsque La Presse a demandé à l'organisme quelles autres mesures avaient été prises en ce sens, une porte-parole a répondu que «comme le directeur l'a indiqué, le SCRS tâchera d'exploiter la technologie afin de mieux informer la population canadienne [...]. D'autres informations seront diffusées en temps utile».

- Avec la collaboration de William Leclerc

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