Stéphane Dion défend le contrat avec l'Arabie saoudite

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« Si le Canada doit cesser de faire affaire avec les pays qui exécutent et qui reconnaissent la peine de mort, la liste risque d'être longue et pas très loin de nous », a déclaré Stéphane Dion.

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Agence France-Presse
OTTAWA

Le gouvernement canadien de Justin Trudeau, sous le feu des critiques des défenseurs des droits de l'homme, a justifié vendredi un important contrat de vente d'armements à l'Arabie saoudite.

Après l'exécution la semaine dernière de 47 personnes dont le chef religieux chiite Nimr Baqer al-Nimr, figure de la contestation contre le régime saoudien, le ministre canadien des Affaires étrangères a estimé nécessaire d'entretenir des relations avec le royaume wahhabite pour faire avancer les droits de l'homme.

Pas question pour Stéphane Dion, ministre des Affaires étrangères, de remettre en cause un contrat de 13 milliards de dollars américains. Signé en 2014 par le précédent gouvernement conservateur, le contrat porte sur la vente de véhicules blindés légers à l'Arabie saoudite et qui seront fabriqués par la filiale canadienne du groupe américain General Dynamics.

Pour Stéphane Dion, la signature d'un contrat ne signifie pas pour autant un cautionnement d'un régime politique.

Le Canada « a des contrats de vente d'armes à des pays dont on n'aime pas forcément les régimes », a déclaré vendredi M. Dion sur les ondes de Radio-Canada.

Le ministre des Affaires étrangères, qui avait dimanche « réprouvé » les 47 exécutions en Arabie, a voulu dissocier la défense des droits de l'homme et les contrats commerciaux.

« Si le Canada doit cesser de faire affaire avec les pays qui exécutent et qui reconnaissent la peine de mort, la liste risque d'être longue et pas très loin de nous », a-t-il déclaré en référence à certains États du voisin américain, premier partenaire commercial du Canada.

Le ministre des Affaires étrangères, en parlant d'une « entente » avec l'Arabie, a estimé que les véhicules blindés avaient pour but de « protéger le pays » et « pas à tirer sur la population ».

Dans ce type de contrat, « il y a une entente » et « si des gouvernements ne respectent pas les ententes » alors le Canada serait en droit de remettre « en cause notre capacité de faire affaire avec eux dans bien des domaines ».

Lors de la campagne électorale, le premier ministre Justin Trudeau avait assuré qu'il n'annulerait pas le contrat tout en affirmant : « ce ne sont pas des armes, ce sont des jeeps ».

Le quotidien Globe and Mail a souligné vendredi que les véhicules blindés seraient équipés de systèmes de missiles antichars ou de canons.

>> À LIRE AUSSI : Trudeau incité à approfondir les liens avec l'Arabie saoudite

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