Campagne de la FTQ: Denis Lebel demande une enquête

Denis Lebel, lieutenant politique du premier ministre Stephen Harper... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Denis Lebel, lieutenant politique du premier ministre Stephen Harper au Québec, avait dénoncé en janvier dernier la volonté de la FTQ de faire campagne contre les conservateurs dans certaines circonscriptions ciblées du Québec.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le ministre Denis Lebel soupçonne la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) de vouloir se livrer à de la «collusion» dans l'objectif de contourner les règles de financement électoral dans le cadre de sa campagne anti-conservatrice.

Le lieutenant québécois du premier ministre Stephen Harper a donc officiellement demandé vendredi au commissaire aux élections fédérales, Yves Côté, d'ouvrir une enquête sur la stratégie de la centrale syndicale.

«La Loi électorale du Canada permet aux tiers de faire de la publicité durant l'élection, mais à des conditions très strictes. Cependant, la collusion par la FTQ et ses alliés peuvent (y) contrevenir», écrit M. Lebel dans la lettre obtenue par La Presse Candienne.

L'article 351 de cette loi interdit «d'esquiver ou de tenter d'esquiver les plafonds (de dépenses électorales) en se divisant en plusieurs tiers ou en agissant de concert avec un autre tiers de sorte que la valeur totale de leurs dépenses de publicité électorale dépasse les plafonds fixés à cet article».

Or, la FTQ compte justement agir de concert avec un tiers en amassant des sommes «pour mener bataille sur les ondes payantes en complément de celle menée avec le Congrès du travail du Canada», peut-on lire dans la missive signée par le ministre Lebel.

La centrale syndicale a annoncé en janvier son intention de faire campagne contre les conservateurs dans certaines circonscriptions ciblées du Québec en prévision des élections générales prévues en octobre 2015.

Dans un document stratégique intitulé «Battre les conservateurs», qui avait été coulé à la station de radio FM93, la FTQ disait vouloir tout faire pour empêcher des gains dans huit circonscriptions, surtout dans la région de Québec, mais également celle de M. Lebel.

Le principal intéressé avait rapidement dénoncé les velléités du regroupement de travailleurs dans un message publié sur son site Internet, présentant leur stratégie comme «une nouvelle tentative d'intimidation».

Sa décision de s'adresser au commissaire aux élections fédérales n'a d'aucune manière surpris le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Ce geste traduit selon lui toute l'inquiétude qui a envahi le député de Roberval-Lac-Saint-Jean depuis que le syndicat a confirmé son intention de travailler à lui faire mordre la poussière.

«Lebel, il est frustré par le fait qu'on ait ciblé sa circonscription électorale. Il est fâché de ça, ou il craint la FTQ», a suggéré M. Cadieux en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, vendredi.

Il assure que l'organisation syndicale mènera ses actions de manière indépendante, et non pas en concertation avec des alliés pancanadiens.

«Le Congrès du travail du Canada est une entité différente de la FTQ (...) Il va peut-être s'impliquer dans la campagne électorale, j'ai aucune espèce d'idée s'il va le faire ou pas.»

«La FTQ va organiser sa campagne au Québec», s'est-il défendu à l'autre bout du fil.

La démarche entreprise par M. Lebel auprès du commissaire Côté ne tient par ailleurs pas la route, a plaidé M. Cadieux.

«Il est en train de nous dire qu'on va contrevenir au financement prévu par la loi électorale. Il n'y a même pas de campagne électorale», a-t-il lâché.

«Au moment où on se parle, on peut dépenser trois millions si on veut, et ça ne sera pas comptabilisé dans rien, parce que n'importe qui peut faire n'importe quoi au moment où on se parle.»

Il n'a pas voulu dévoiler quel montant d'argent serait consacré aux frondes contre les conservateurs au Québec, mais a assuré que le tout se ferait dans le respect de la Loi électorale.

La FTQ a délaissé son allié traditionnel, le Bloc québécois, pour concentrer ses énergies à faire réélire les députés du Nouveau Parti démocratique (NPD) qui ont été élus à la faveur de la vague orange qui a balayé le Québec aux dernières élections fédérales, en mai 2011.

Les huit circonscriptions ciblées sont Beauport-Limoulou, Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Louis-Saint-Laurent, Louis-Hébert, Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Portneuf-Jacques-Cartier, Roberval-Lac-Saint-Jean et Jonquière.

Une seule d'entre elles est conservatrice - celle de M. Lebel. Le syndicat estime que les quatre autres candidats conservateurs du Québec sont trop bien en selle pour être déstabilisés par leur opération.

Les sept autres circonscriptions sont détenues par les néo-démocrates.

Serge Cadieux n'exclut pas que le nombre de circonscriptions ciblées soit revu à la hausse compte tenu de la récente progression du Parti conservateur dans les sondages d'opinion au Québec.

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