Projet de loi antiterroriste: le NPD hésite encore

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Dans une lettre ouverte publiée jeudi dans le Globe and Mail, Ed Broadbent (photo) et Roy Romanow fustigent le projet de loi antiterroriste, qu'ils souhaitent voir «retiré ou défait au Parlement».

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) fera connaître «dans les prochains jours» sa position sur le projet de loi antiterroriste que l'un des anciens chefs de la formation exhorte le Parlement à rejeter.

La porte-parole adjointe du parti en matière de sécurité publique, Rosane Doré Lefebvre, admet que sa formation a de sérieuses préoccupations quant à certaines dispositions du projet de loi C-51.

Mais elle ne va pas jusqu'à réclamer son retrait pur et simple, comme l'ont fait l'ancien chef du NPD Ed Broadbent et un autre influent néo-démocrate, l'ex-premier ministre de la Saskatchewan Roy Romanow.

«On partage des idéaux politiques, mais au bout du compte, c'est nous (le NPD) qui allons prendre une décision à savoir si on appuie ou si on n'appuie pas le projet de loi», a fait valoir Mme Doré Lefebvre en entrevue téléphonique.

Dans une lettre ouverte publiée jeudi dans le Globe and Mail, Ed Broadbent et Roy Romanow fustigent le projet de loi, qu'ils souhaitent voir «retiré ou défait au Parlement».

«Comme nous l'avons constaté récemment, notre système de sécurité nationale n'est pas parfait. Mais cela n'est pas dû à des insuffisances de notre législation en matière de sécurité. C'est le résultat du surmenage et du sous-financement des services policiers et sécuritaires», ont-ils plaidé dans la missive.

Les deux hommes soutiennent dans leur lettre - comme l'ont fait les libéraux et les néo-démocrates - que l'accroissement des pouvoirs du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) devrait s'accompagner d'une supervision plus étroite que celle offerte par le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS).

«Le projet de loi s'attaque aux droits civils de tous les Canadiens», écrivent-ils en faisant valoir que «la sécurité nationale signifie aussi la défense de notre démocratie».

Le chef libéral Justin Trudeau a annoncé mercredi dernier que sa formation voterait en faveur du projet de loi, et ce, même si celui-ci comporte des lacunes.

Les libéraux proposeront des amendements, mais ils se rangeront derrière le projet de loi peu importe que les conservateurs acceptent de les intégrer ou pas, a précisé M. Trudeau.

Le NPD a accusé les libéraux d'avoir offert un chèque en blanc aux conservateurs, qui sont majoritaires en Chambre.

«J'ai été déçue de voir que le deuxième parti d'opposition agissait comme ça», a réagi Mme Doré Lefebvre.

Le projet de loi C-51 renforcerait considérablement les pouvoirs du SCRS.

L'agence canadienne d'espionnage pourrait notamment contrer les projets de voyage de présumés extrémistes, interrompre des transactions bancaires et intervenir secrètement sur des sites Web radicaux.

Quelques jours à peine après le dépôt du projet de loi, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) annonçait l'arrestation d'une personne et le dépôt d'accusations contre deux autres en lien avec des activités terroristes.

Ce coup de filet a semé le doute chez certains quant à la réelle nécessité, pour le gouvernement, de renforcer son arsenal législatif antiterroriste.

Les signataires de la lettre ouverte ont déjà fait leur nid sur cette question: «Le Canada s'est déjà doté des mécanismes, des pratiques et des lois nécessaires pour contrer le terrorisme», ont-ils argué.

Les députés devraient débattre du projet de loi C-51 la semaine prochaine à la Chambre des communes, alors qu'ils rentreront d'une semaine de relâche parlementaire.

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