Explulsion de deux libéraux: «J'avais une responsabilité d'agir», affirme Trudeau

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Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, lors de la période de questions, hier, à la Chambre des communes.

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(OTTAWA) Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, maintient qu'il avait l'obligation d'agir de manière décisive quand il a été informé, le mois dernier, du fait que deux députés libéraux s'étaient comportés de manière répréhensible envers deux élues d'une autre formation politique.

Les gestes qui étaient reprochés à Massimo Pacetti, député de la région de Montréal depuis 2002, et à Scott Andrews, député de Terre-Neuve depuis 2008, étaient suffisamment graves à ses yeux pour justifier leur expulsion immédiate du caucus libéral, a réitéré hier M. Trudeau.

La situation était d'autant plus délicate, a ajouté le chef libéral, qu'il a été informé de vive voix par l'une des présumées victimes alors qu'il se trouvait à Hamilton afin d'assister aux funérailles du caporal Nathan Cirillo, tué par Michael Zehaf Bibeau devant le Monument commémoratif de guerre du Canada, le 22 octobre.

Pas de plainte

Mais M. Trudeau doit maintenant composer avec la possibilité qu'il n'y ait jamais d'enquête sur les allégations formulées par les députées du Nouveau Parti démocratique (NPD), puisque ces dernières n'ont pas l'intention de déposer une plainte formelle contre MM. Pacetti et Andrews et souhaitaient que cette affaire ne soit pas rendue publique.

Et s'il n'y a pas de plainte, il ne peut y avoir d'enquête des autorités de la Chambre des communes, des forces policières ou de toute autre organisation ayant une expertise en la matière.

«J'ai reçu directement et personnellement une plainte extrêmement sérieuse sur le comportement de deux de mes députés. J'avais une responsabilité d'agir et j'ai agi», a affirmé M. Trudeau hier aux journalistes.

«L'autre aspect de ma responsabilité en tant que chef, c'est aussi d'encourager et de protéger ceux et celles qui se manifestent avec des enjeux de cette nature», a-t-il ajouté.

Réintégration

Si les présumées victimes maintiennent leur refus de déposer une plainte, M. Trudeau pourrait-il réintégrer MM. Pacetti et Andrews au sein du caucus libéral? «Je ne veux pas spéculer sur les prochaines étapes», a-t-il répondu. M. Trudeau a aussi suspendu la candidature des deux députés en prévision des prochaines élections fédérales, prévues dans 11 mois.

Il a dit vouloir attendre la réponse que donnera le président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, à sa demande d'instituer un mécanisme d'enquête indépendant qui traiterait les cas de harcèlement entre députés.

Rappelons que MM. Pacetti et Andrews ont nié les allégations et déclaré vouloir collaborer avec les autorités qui mèneront une enquête dans cette affaire.

Mais devant la tournure des événements, MM. Pacetti et Andrews risquent de se retrouver sans recours pour répondre aux allégations formulées contre eux.

Retour en Chambre

M. Pacetti a fait son retour en Chambre hier. Dans un courriel transmis à La Presse Canadienne, il a affirmé: «Par respect pour les individus qui pourraient être concernés par cette situation et tous mes collègues de la Chambre des communes, je m'abstiendrai de tout commentaire sur des allégations et soupçons qui sont présentement rapportés. Je vous remercie d'accepter cette position qui est motivée par le fait que je ne veux pas porter préjudice à qui que ce soit ou à quelque organisation que ce soit.»

Pour sa part, le chef du NPD, Thomas Mulcair, s'est montré avare de commentaires, invitant les journalistes à poser à Justin Trudeau leurs questions sur l'avenir des députés suspendus si aucune plainte n'est déposée.

La semaine dernière, M. Mulcair a écrit une lettre au premier ministre Stephen Harper et à M. Trudeau, les invitant à s'attaquer au fléau du harcèlement. Il a notamment proposé l'adoption d'un code de conduite et la nomination d'un agent du Parlement indépendant ayant le mandat d'examiner les événements et de faire enquête au besoin.

Un comité sans mandat

Le Bureau de régie interne (BRI), qui siège à huis clos, s'est réuni pour la première fois, hier, depuis la suspension des deux élus. À l'issue de cette réunion, le porte-parole du BRI, le député conservateur John Duncan, a admis que ce comité n'avait pas le pouvoir d'enquêter sur cette affaire. Les membres du BRI ont aussi jugé bon d'adresser ce délicat dossier à un autre comité parlementaire, le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre. «Les [deux] députés sont dans les limbes jusqu'à ce qu'on trouve une sortie de cette impasse, mais le BRI n'a pas le pouvoir de trouver cette sortie», a dit M. Duncan.

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