Les Affaires autochtones manquent de ressources

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Le ministre  des Affaires autochtones du Canada, Bernard Valcourt

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La Presse Canadienne
Ottawa

Le ministère des Affaires autochtones se sert des ressources allouées aux infrastructures pour combler ses manques en éducation et dans les programmes sociaux, selon un document obtenu par La Presse Canadienne.

Le ministère aurait transféré, en six ans, un demi-million de dollars dédiés aux infrastructures vers ses autres programmes en manque de revenus.

Le résultat n'est toutefois guère satisfaisant. Comme l'argent réaffecté en éducation et aux programmes sociaux ne s'est pas avéré suffisant, des montants provenant d'autres programmes ont dû être utilisés pour tenter d'effacer le reste de l'ardoise. «Cette réaffectation continuelle exerce une pression sur les fonds prévus pour les infrastructures, des programmes qui sont déjà limités. Elle ne permet toujours pas de répondre adéquatement aux besoins liés aux programmes sociaux et éducationnels», peut-on lire dans ce document de 22 pages rédigé en juin 2013.

Ce document fait partie des nombreuses pièces écrites déposées devant le Tribunal des droits de la personne par Cindy Blackstock, une militante passionnée des droits des enfants qui poursuit une longue bataille judiciaire pour que les enfants autochtones reçoivent du gouvernement fédéral les mêmes subventions que les provinces versent aux enfants non autochtones.

Selon ce document, qui devait accompagner un diaporama sur le sujet, le ministère aurait effectué des «réaffectations significatives» évaluées à 505 millions $ des ressources de l'infrastructure vers d'autres programmes sociaux et éducatifs.

La redistribution financière a des répercussions importantes sur la vie des collectivités autochtones, affirme Franklin Paibomsai, le chef de la Première nation Whitefish River, dans le nord de l'Ontario. Il ajoute qu'à cause de cela, des écoles ne sont pas construites et que des collectivités doivent faire bouillir leur eau avant de la consommer. «Ces répercussions sont réelles quand elles touchent les foyers. (Les infrastructures) sont le pain et le beurre de toutes les collectivités», a-t-il dit.

Dans ce document, le gouvernement fédéral reconnaît n'avoir aucune idée sur la comparaison entre ses dépenses pour les Autochtones et celles des gouvernements provinciaux et territoriaux pour les autres secteurs de la population. «Il n'existe aucune étude étendue sur (ce sujet), peut-on lire dans une note remise au ministre des Finances Joe Oliver en juin. Toutefois, les 11 milliards $ dépensés par tous les ministères et agences fédérales pour les peuples autochtones ne se comparent pas aux montants globaux dépensés pour les autres groupes.»

Des questions précises ont été posées au sujet du premier document au cabinet du ministre des Affaires autochtones Bernard Valcourt. Le cabinet a préféré répondre en blâmant le précédent gouvernement libéral pour avoir imposé un plafond des dépenses. «Notre gouvernement a investi en éducation, dans les infrastructures et dans d'autres domaines importants bien au-delà du plafond des deux pour cent.»

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