Une députée québécoise claque la porte du NPD

Sana Hassainia a été élue en 2011 dans... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Sana Hassainia a été élue en 2011 dans la circonscription de Verchères-Les Patriotes, dans la foulée de la vague orange.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

(OTTAWA) Une députée québécoise claque la porte du NPD en critiquant sévèrement le leadership de Thomas Mulcair et la position du parti dans le conflit israélo-palestinien.

Sana Hassainia, élue en 2011 dans la circonscription de Verchères-Les Patriotes dans la foulée de la vague orange, siégera en tant qu'indépendante à la Chambre des communes jusqu'aux élections prévues à l'automne 2015.

C'est la quatrième députée à quitter ainsi les rangs néo-démocrates depuis les dernières élections. Lise St-Denis a joint le Parti libéral, Claude Patry le Bloc québécois et Bruce Hyer, le Parti vert.

Mme Haissainia, qui s'était fait connaître en se rendant aux Communes avec son bébé, a indiqué que son mécontentement remontait à l'élection de Thomas Mulcair à la tête du parti, qu'elle n'avait pas appuyé.

Elle avait choisi d'appuyer Brian Topp plutôt que M. Mulcair, notamment en raison de la position de ce dernier sur le conflit israélo-palestinien. Or, dès son élection, M. Mulcair lui a fait payer ce « manque de loyauté », dit-elle.

« Qu'on le veuille ou pas, j'ai eu le courage d'affronter l'ire de celui qui allait devenir mon chef de parti, a-t-elle écrit dans un communiqué. J'ai même payé ce qui a été vu comme un manque de loyauté en étant démise de mes fonctions au sein du comité de la Condition féminine et en me voyant reléguée dans les sièges du fond à la Chambre des Communes. »

Elle a dénoncé cette façon de faire. « J'ai quitté la Tunisie pour ne plus avoir à subir cette primauté de la pensée unique, cette omerta dès qu'on aborde certains sujets, cette façon de favoriser certains en faisant deux poids, deux mesures », a-t-elle ajouté.

La goutte d'eau

Mme Hassainia a précisé que la décision de quitter le giron néo-démocrate « n'a pas été facile à prendre », mais qu'elle avait été « précipitée, entre autres par les positions du parti sur le conflit israélo-palestinien ».

« Le premier communiqué que le NPD a publié est clairement ignoble à mes yeux, a-t-elle dénoncé. On y déclarait grosso modo qu'Israël a le droit de se défendre contre les attaques terroristes du Hamas. »

Par la suite, a-t-elle poursuivi, la position a évolué en raison de pressions venant de l'extérieur du parti, « vers quelque chose de moins clairement pro-Israël. Quelques sorties médiatiques et quelques tweets plus tard, la position officielle du parti devenait celle d'un parti qui voulait sauver les petits palestiniens en les faisant soigner au Canada ».

« Pour moi, il s'agit juste de lisser l'image du NPD en essayant, tant bien que mal, de prendre une position moins catégorique, mais au fond ce n'est un leurre pour personne. [...] Décréter que nous sommes pour la paix au Proche-Orient, ce n'est pas une position, c'est même une non-position », a tranché Mme Hassaina.

La députée a conclu en disant : « Un chef de parti doit être aimé comme l'était Jack Layton et non craint. Aujourd'hui, j'ai le courage de poser un geste significatif, de me délester d'un gros poids et d'assumer mes convictions. Ce soir, je dormirai sur mes deux oreilles, et demain je pourrai me regarder dans le miroir avec fierté ».

Surprise au NPD

La virulente sortie de Sana Hassainia a été accueillie avec surprise au NPD. Selon un échange de courriels obtenu par La Presse, des stratèges du parti travaillaient déjà avec elle pour élaborer un communiqué de presse dans lequel elle aurait annoncé prochainement qu'elle ne se représenterait pas aux prochaines élections, mais continuerait à militer au sein de la formation.

Dans ce communiqué de presse initial, qui n'a jamais été publié, Mme Haissainia expliquait sa décision par son besoin de passer plus de temps avec sa famille. Elle a eu deux enfants depuis son élection en 2011 et elle n'a participé qu'à 22 des 224 votes qui se sont tenus aux Communes depuis l'automne 2013. 

« La conciliation travail-famille n'est jamais évidente, mais un député est souvent sur la route entre la circonscription, la Chambre des communes à Ottawa, les événements les soirs et les fins de semaine. C'est possible de le faire, certaines de mes collègues y arrivent fort bien, mais j'ai personnellement besoin de passer plus de temps avec ma famille et d'avoir un horaire plus stable », pouvait-on lire dans cette version initiale.

Le président du caucus néo-démocrate, Robert Aubin, était perplexe lorsque La Presse l'a joint par téléphone.

« Pour moi, c'est de l'ordre de l'incompréhension. Ça n'a jamais été discuté à l'interne, je n'ai pas vu ce malaise-là; s'il y en avait un, elle n'est pas venue m'en parler non plus... Et il y a longtemps que l'ensemble des députés ont tourné la page sur la course à la chefferie », a déclaré M. Aubin.

Il a décrit la position actuelle du NPD sur le conflit israélo-palestinien comme étant la même que le parti défend depuis de nombreuses années.




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