Harper accueilli par une foule en liesse au Mur des lamentations

Durant sa visite au Mur des lamentations, c'est... (AHMAD GHARABLI)

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Durant sa visite au Mur des lamentations, c'est un Stephen Harper rayonnant qui s'est arrêté pendant quelques instants pour discuter avec des passants, avant de se recueillir en ce lieu saint.

AHMAD GHARABLI

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Lee-Anne Goodman
La Presse Canadienne
JÉRUSALEM

Stephen Harper a profité d'un bain de foule à Jérusalem, mardi, alors que des centaines d'Israéliens l'ont accueilli à la manière d'un héros pendant qu'il visitait le Mur des lamentations, peu après que le premier ministre et son homologue israélien ont convenu qu'ils ne s'entendaient pas sur tout.

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Si cela est chose rare en terre canadienne, M. Harper a été accueilli par des centaines de personnes en liesse lorsqu'il est arrivé au Mur, chaudement salué par la foule en raison de son appui indéfectible envers l'État hébreu.Le premier ministre en est à sa deuxième journée complète en Israël, lors de laquelle il a entre autres rencontré le président israélien, Shimon Peres, en plus de tenir des rencontres bilatérales en compagnie du premier ministre Benyamin Nétanyahou et six de ses propres ministres, dont John Baird (Affaires étrangères) et Jason Kenney (Emploi).

M. Nétanyahou et son épouse ont ensuite accompagné M. Harper et sa femme Laureen au Musée de l'Holocauste Yad Vashem, pour se souvenir des horreurs perpétrées contre les Juifs par l'Allemagne nazie.

«Quand on est une minorité, ce n'est pas qu'il est impossible de critiquer celle-ci, mais il faut d'abord tenter de comprendre cette position de minorité sur la scène mondiale, voire soutenir cette minorité.»

Stephen Harper

«Leur mémoire survivra à jamais dans nos coeurs, dans nos prières et, plus important encore, dans notre détermination», a écrit le premier ministre canadien dans le livre d'or du musée. «Plus jamais.»

De son côté, le leader israélien a servi de guide, avec force détails, à la visite officielle de l'endroit, dans un élégant bâtiment conçu par l'architecte canadien Moshe Safdie, situé sur une colline plantée de cèdres.

Durant sa visite au Mur des lamentations, c'est un Stephen Harper rayonnant qui s'est arrêté pendant quelques instants pour discuter avec des passants, avant de se recueillir en ce lieu saint.

La politique a cependant rapidement repris ses droits lorsqu'un député conservateur a demandé à plusieurs reprises à un adjoint du premier ministre s'il pouvait lui aussi participer à la cérémonie.

«C'est la réélection», a plaidé Mark Adler, un député de la région de Toronto qui s'est envolé pour Israël avec la délégation du premier ministre en portant un t-shirt au nom de ce dernier. «C'est la photo à un million de dollars.»

Plus tôt, mardi, M. Nétanyahou a reconnu que son homologue canadien et lui ne s'entendent pas sur la question des colonies israéliennes en territoires qui font l'objet d'un différend entre Israéliens et Palestiniens. M. Harper a résolument refusé de clarifier la position gouvernementale sur cette question, mais le site Internet des Affaires étrangères considère toujours l'occupation des territoires par Israël comme une violation de la quatrième Convention de Genève.

M. Harper a pour sa part reproché aux journalistes d'avoir tenté de l'amener à critiquer publiquement l'État hébreu pour sa position concernant les territoires, affirmant que les reporters lui avaient posé des questions à ce sujet tant en Cisjordanie qu'en Israël.

«Quand on est une minorité, ce n'est pas qu'il est impossible de critiquer celle-ci, mais il faut d'abord tenter de comprendre cette position de minorité sur la scène mondiale, voire soutenir cette minorité», a-t-il déclaré à propos de l'État hébreu. «Il s'agit d'une valeur canadienne fondamentale.»

Malgré cette bonne volonté, la complexe réalité du Proche-Orient était bien visible alors que M. Harper visitait Jérusalem. Une visite prévue au Dôme du Rocher, un lieu saint musulman sur le mont du Temple, dans la vieille ville, a été annulée pour des raisons de sécurité.

Une Palestinienne se trouvant au Mur des lamentations a toutefois tourné cette explication en ridicule, affirmant qu'il était bien plus probable que les Israéliens aient ordonné à M. Harper de ne pas s'y rendre - une autre démonstration des tensions et de la méfiance qui caractérisent les relations entre Juifs et Arabes dans la région.

Au cours de leur rencontre de mardi à Jérusalem, Stephen Harper et Benyamin Nétanyahou ont signé un protocole d'entente couvrant un grand nombre d'objectifs bilatéraux, et ont accepté de revoir l'Accord de libre-échange Canada-Israël (ALECI).

Les deux leaders ont annoncé que les négociations sur l'ALECI se dérouleraient en sol israélien du 3 au 9 février, et permettraient de moderniser et d'étendre la portée de l'accord entré en vigueur le 1er janvier 1997.

Le but de ces pourparlers est de réduire les barrières techniques entravant les échanges commerciaux, de régler plus rapidement les problèmes d'accessibilité au marché et de créer de nouvelles occasions d'affaires pour les entreprises canadiennes des secteurs de l'agriculture, de l'agroalimentaire ainsi que des poissons et fruits sur le marché israélien.

«Un accord de libre-échange plus large et plus moderne avec Israël générera plus d'emplois et favorisera la croissance économique tant au Canada qu'en Israël, tout en renforçant l'amitié entre nos deux pays», a indiqué M. Harper.

Les deux premiers ministres ont également convenu, mardi, d'allonger la liste de leurs intérêts communs dans le cadre d'un protocole d'entente sur le partenariat stratégique Canada-Israël. Ce protocole prévoit notamment une plus grande coopération entre les deux pays sur le plan de la sécurité et du renseignement, le renforcement de leurs relations en matière de défense et de sécurité, de même qu'une amélioration de leurs liens commerciaux et académiques. Il porte aussi sur l'innovation, l'énergie, l'aide internationale et la promotion des droits de la personne.

L'objectif est d'augmenter le commerce de marchandises entre le Canada et Israël, qui, selon le cabinet du premier ministre Harper, a atteint 1,41 milliard $ en 2012.

Dans un communiqué, Stephen Harper a indiqué que le protocole d'entente établissait «l'orientation stratégique pour le renforcement des relations entre les deux pays».

«Le Partenariat stratégique porte sur l'énergie, la sécurité, l'aide internationale et le développement, l'innovation et la promotion des droits de la personne dans le monde, soit des secteurs où l'on peut tirer parti de l'expertise des Canadiens et des Israéliens pour améliorer la qualité de vie chez soi et dans le monde», poursuit le communiqué. «Les nombreux secteurs dans lesquels nous désirons tous deux élargir notre collaboration témoignent véritablement de la bonne entente entre nos deux nations.»

Six ministres étaient aux côtés de M. Harper lors de sa rencontre, mardi, avec Benyamin Nétanyahou: outre MM. Baird et Kenney, on retrouvait le ministre de l'Industrie, James Moore, le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, le ministre du Développement international, Christian Paradis, et le ministre du Commerce international, Ed Fast.

Le premier ministre canadien a rencontré M. Nétanyahou, qui l'a appelé par son prénom et a souvent fait référence à lui comme étant «un ami d'Israël», après avoir été chaleureusement accueilli par le président israélien, Shimon Peres, à son bureau.

Lundi, M. Harper avait prononcé un discours historique à la Knesset, le Parlement d'Israël, dans lequel il avait prévenu les Israéliens que l'antisémitisme s'est transformé, et que ceux qui s'opposent à l'État juif sont bel et bien antisémites.

Plus tôt lundi, Stephen Harper avait rencontré le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et offert 66 millions $ en aide supplémentaire canadienne aux Palestiniens.

Visite au Dôme du rocher annulée

Invoquant des questions de sécurité, le premier ministre Stephen Harper a annulé une visite prévue mardi à la Coupole du rocher, un lieu saint musulman par ailleurs situé sur une poudrière politique.

La Coupole et la mosquée al-Aqsa sont situées sur une place connue dans la religion juive comme le Mont du temple, et tout le site constitue un sanctuaire pour les musulmans.

Cette Coupole resplendissante domine l'horizon de la vieille ville de Jérusalem et surplombe le mur des Lamentations, une ruine du Second Temple détruit par les Romains en l'an 70 avant Jésus-Christ. Le Mur est l'un des plus importants sites saints du judaïsme.

Le Mont du temple est un lieu de confrontations depuis des décennies. En septembre 2000, Ariel Sharon avait visité l'endroit en compagnie d'un puissant dispositif de sécurité. Il affirmait s'y trouver en mission de paix, mais sa démarche a déclenché une émeute meurtrière et entraîné l'éclatement de la deuxième intifada, lors de laquelle des milliers de Palestiniens ont trouvé la mort.

Selon le porte-parole du premier ministre Harper, Jason MacDonald, les démarches de planification et l'aspect logistique d'une telle visite «peuvent s'avérer complexes, et nous n'avons malheureusement pas pu organiser le tout pour répondre aux exigences en matière de sécurité».

En fait, dit le porte-parole, les services de sécurité israéliens n'ont pas voulu garantir qu'ils n'entreraient pas dans la mosquée.

L'endroit a été le lieu de plusieurs manifestations violentes, de heurts, de jets de pierres et de fusillades, malgré son importance religieuse pour les juifs, les chrétiens et les musulmans.

La Coupole et la mosquée font l'objet de l'attention d'extrémistes en tous genres. Des groupes juifs radicaux réclament que les structures soient rasées pour y ériger un nouveau temple. Ce point de vue est partagé par certains chrétiens fondamentalistes, qui croient que cela hâtera le retour du Messie.




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