Droits et démocratie: 92 000$ pour des détectives privés

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Depuis le début de l'année, Droits et Démocratie... (Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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Depuis le début de l'année, Droits et Démocratie a traversé une période houleuse: mort subite de son président, congédiement de trois cadres qui ont riposté par des poursuites, pétition de 47 des 48 employés réclamant le congédiement de trois membres du conseil d'administration...

Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse

Louise Leduc
La Presse

Pendant deux mois, au moins 92 000$ de fonds publics ont servi à payer des détectives privés chargés d'enquêter à Droits et Démocratie. Cet organisme en pleine crise relève du ministère des Affaires étrangères, et la majorité des membres de son conseil d'administration est nommée par Ottawa.

Depuis le début de l'année, Droits et Démocratie a traversé une période houleuse: mort subite de son président, congédiement de trois cadres qui ont riposté par des poursuites, pétition de 47 des 48 employés réclamant le congédiement de trois membres du conseil d'administration...

En commission parlementaire, au printemps, l'un de ces administrateurs, Jacques Gauthier, s'est défendu d'avoir reçu des directives du gouvernement Harper pour changer les orientations de l'organisme.

À la suite d'une demande d'accès à l'information, La Presse a appris que les services de la firme Sirco Solutions avaient été retenus le 29 janvier 2010, jusqu'à une date «indéterminée». Au 1er avril, cela avait déjà coûté précisément 91 983,72$.

Quel était le mandat précis des détectives privés de Sirco Solutions à Droits et démocratie? Quel a été le résultat de l'enquête? Combien a-t-elle coûté au final? Où est le rapport? Impossible de le savoir. Gérard Latulippe, président de Droits et Démocratie, était en réunion, nous a-t-on dit hier, et il devait nous rappeler. Il ne l'a pas fait.

C'est plutôt Marie-Hélène Bachand, agente des relations extérieures de Droits et Démocratie, qui nous a rappelés pour dire que l'organisme «ne peut divulguer le rapport, car il est d'une importance capitale dans un probable futur litige au sujet des trois personnes congédiées».

Il n'a pas été possible d'obtenir plus de réponses du côté du ministère des Affaires étrangères. Au téléphone, la porte-parole Dana Crydarman nous a lu le paragraphe qui suit: «Le gouvernement du Canada n'a pas offert de contrat à la compagnie Sirco Solutions en lien avec Droits et Démocratie et n'a pas reçu de rapport de cette compagnie touchant à cette organisation.»

Sirco Solutions a pour sa part renvoyé La Presse à Droits et Démocratie, sa cliente.

La firme de détectives privés avait déjà fait les manchettes, en mai, quand elle a été retenue pour faire enquête sur une trentaine d'employés du Service de protection contre les incendies de la Ville de Québec, pour la somme de 90 000$. Cette enquête avait été demandée au moment où la Ville et le syndicat des pompiers étaient en arbitrage pour le renouvellement du contrat de travail.

Au mois de janvier, le président de Droits et Démocratie, Rémy Beauregard, est mort d'un infarctus après une réunion orageuse du conseil d'administration. Une note interne alors obtenue par le magazine Maclean's révèle que M. Beauregard avait été l'objet d'un rapport très critique du C.A., qui l'accusait notamment d'avoir participé à la conférence contre le racisme à Durban, au cours de laquelle, selon le gouvernement Harper, des propos antisémites auraient été prononcés.

Par écrit, M. Beauregard avait répliqué que Droits et Démocratie n'avait jamais participé à cette conférence.

- Avec la collaboration de William Leclerc

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