Les rumeurs rattrapent le PCC

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Le sénateur Léo Housakos... (Photo: Robert Skinner, Archives La Presse)

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Le sénateur Léo Housakos

Photo: Robert Skinner, Archives La Presse

Hugo de Grandpré
La Presse

(Ottawa) Les allégations de corruption en politique municipale montréalaise rattrapent le Parti conservateur du Canada. La Presse a appris hier que Giulio Maturi, un proche du sénateur Léo Housakos, n'était plus organisateur pour le parti de Stephen Harper dans la métropole depuis la fin de la semaine dernière.

Ce départ coïncide avec l'entrevue de trois heures donnée par l'ancien chef de Vision Montréal, Benoit Labonté, à Radio-Canada, et dont une heure a été diffusée jeudi. Au cours des deux heures non diffusées, M. Labonté a affirmé que c'était le propriétaire de la firme Simard-Beaudry Construction, Tony Accurso, qui lui avait présenté M. Housakos en août 2008, qui a à son tour présenté Giulio Maturi à l'ancien aspirant maire.

 

Selon ce qu'a déclaré M. Labonté à Radio-Canada, les deux hommes auraient plus tard insisté pour que le parti Vision Montréal embauche quatre personnes, payées par des entreprises privées. Le refus de l'ancien chef aurait envenimé leurs relations et MM. Housakos et Maturi auraient quitté Vision Montréal peu après. Ce dernier occupait jusqu'à son départ, en 2009, le poste de directeur général de la formation. Il avait remplacé Yves Lemire, qui avait rejoint le chef libéral Michael Ignatieff, à Ottawa.

M. Maturi n'a pas rappelé La Presse, hier. Quant au Parti conservateur, on n'a pas voulu expliquer les circonstances de son départ. «M. Maturi n'est plus un employé du Parti conservateur», s'est borné à dire le porte-parole de Christian Paradis, Mark Quinlan. M. Paradis est le lieutenant québécois du premier ministre Stephen Harper. À ce titre, il est chargé de superviser l'organisation électorale dans la province.

Deux sources conservatrices ont dit toutefois douter que le départ de M. Maturi soit une coïncidence, étant donné les circonstances. «Je ne pense pas que ce soit lui qui ait quitté», a ajouté l'une d'elles. Ces sources nous ont expliqué que le début de son engagement avec le PC remontait à la fin de l'été.

Charge aux Communes

Giulio Maturi et Léo Housakos étaient ensemble dans l'aile jeunesse du Parti conservateur. M. Maturi a ensuite assisté M. Housakos lorsque ce dernier s'est présenté pour l'Alliance canadienne, en 2000, dans une circonscription de Laval. Ils ont par la suite travaillé pour l'ADQ.

Les deux organisateurs politiques sont entrés à Vision Montréal afin de donner un coup de main au parti lors des élections partielles dans Ahuntsic-Cartierville. M. Labonté a déclaré à Radio-Canada qu'il avait confié ses «difficultés organisationnelles» à Tony Accurso. «M. Accurso m'avait référé M. Housakos, que je ne connaissais pas du tout à ce moment-là», a-t-il relaté.

Cette proximité entre le sénateur Léo Housakos et l'entrepreneur en construction a rebondi jusqu'à la Chambre des communes, hier - à propos d'un autre sujet. Le député libéral Marcel Proulx a en effet questionné le gouvernement à propos d'un article paru sur le site internet des employés en lock-out du Journal de Montréal, RueFrontenac.com.

«On apprend aujourd'hui que le sénateur Housakos organisait des événements de financement pour Mario Dumont et l'ADQ au restaurant Onyx, du complexe Tops à Laval, propriété de Tony Accurso. C'est M. Accurso qui aurait payé l'addition de 14 000$», a lancé M. Proulx.

«Le premier ministre bénéficie-t-il lui aussi du vaste réseau d'amitié tissé par MM. Housakos et Soudas?» a-t-il ajouté en faisant allusion à Dimitri Soudas, attaché de presse de longue date du premier ministre Harper et l'un de ses principaux conseillers. M. Soudas, lui aussi issu de la branche adéquiste du Parti conservateur actuel, est un ami de longue date de Léo Housakos.

Le ministre des Transports, John Baird, a répondu à la question en invitant le député à répéter ses propos à l'extérieur de la Chambre des communes, où il ne jouit pas de l'immunité parlementaire.

Le sénateur Housakos a refusé la demande de La Presse pour réagir à l'entrevue de Radio-Canada.

 

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