Le débat constitutionnel reprend sa place à l'Assemblée nationale

Le document Québécois, notre façon d'être Canadiens - Politique... (Jacques Boissinot, PC)

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Le document Québécois, notre façon d'être Canadiens - Politique d'affirmation du Québec et de relations canadiennes préconise que le Québec occupe toutes les tribunes au pays pour reprendre le dialogue et faire accepter ses revendications traditionnelles, jusqu'à leur enchâssement dans la Constitution, une condition pour que le Québec redevienne membre de la fédération canadienne.

Jacques Boissinot, PC

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

« Nous formons une nation et la conscience que nous avons d'être une nation est antérieure à 1867 », a déclaré le premier ministre Philippe Couillard jeudi en Chambre en s'adressant aux Québécois, dans la foulée de la présentation de sa nouvelle politique d'affirmation nationale.

Le débat constitutionnel a ainsi repris sa place à l'Assemblée nationale jeudi matin après une longue absence. En ce 150e anniversaire de la Confédération, le gouvernement Couillard veut en effet relancer les pourparlers, selon un document de 200 pages obtenu par La Presse canadienne avant sa diffusion jeudi après-midi.

Questionné à ce propos par le chef de l'opposition officielle Jean-François Lisée, le premier ministre a tenu à inscrire la démarche de son gouvernement dans l'Histoire et à justifier aux Québécois la relance du dialogue. Il a rappelé avec un air de solennité qu'une communauté spécifique de langue française existait bien avant 1867.

« Je dis aux Québécois aujourd'hui qu'avec ce document nous faisons une déclaration d'affirmation du peuple québécois et voulons enclencher une démarche », a-t-il affirmé.

« C'est que nous formons une nation et que la conscience que nous avons d'être une nation, en fait, est antérieure à 1867. Tous les événements de types gouvernementaux ou quasi constitutionnels qui se sont déroulés après la conquête britannique de 1759 ont eu, comme point central, l'existence d'une communauté spécifique différente de langue française en Amérique du Nord. Donc, ça existait avant la fédération canadienne. »

S'adressant à l'opposition, il a dit espérer que sur un sujet semblable « nous serons capables de faire l'unité ici, dans cette Chambre », sauf évidemment, sur l'objectif ultime de l'avenir constitutionnel du Québec.

En conférence de presse en matinée, M. Lisée a tenu à féliciter pour une rare fois le premier ministre Philippe Couillard parce qu'il aborde ainsi le « problème structurel de la fédération » en voulant relancer le débat constitutionnel.

« C'est le retour à la lucidité » du Parti libéral, a-t-il déclaré, après des années d'aveuglement et d'échecs dans les doléances auprès d'Ottawa, que ce soit sur les transferts fédéraux en santé, la Banque fédérale d'infrastructures, la nomination des juges à la Cour supérieure, l'aide à Bombardier, etc.

Et comme le gouvernement Couillard reconnaît dans son document qu'il faut poser un geste pour que « les Québécois ne se (sentent) plus exilés au sein de leur propre pays », le chef péquiste a dit qu'il partage au moins ce constat, soit de dire « à tous les Québécois et à tous les fédéralistes : le Canada est brisé et vous êtes des exilés dans votre propre pays tant que ce n'est pas réparé. Ça, c'est important ».

Rappelons que le document Québécois, notre façon d'être Canadiens - Politique d'affirmation du Québec et de relations canadiennes préconise que le Québec occupe toutes les tribunes au pays pour reprendre le dialogue et faire accepter ses revendications traditionnelles, jusqu'à leur enchâssement dans la Constitution, une condition pour que le Québec redevienne membre de la fédération canadienne.

Le gouvernement y reprend également à son compte toutes les revendications traditionnelles du Québec et s'approprie, en les actualisant, les fameuses cinq conditions préalables fixées par le gouvernement de Robert Bourassa en 1986 : la reconnaissance du Québec comme société distincte, des limites au pouvoir fédéral de dépenser, une garantie d'une représentation québécoise à la Cour suprême, un droit de veto sur les modifications constitutionnelles et des pouvoirs accrus en matière d'immigration.




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