Jacques Landreville (1945-2014): d'un quartier ouvrier aux plus hauts sommets

Bourreau de travail, Jacques Landreville, mort le 24... (PHOTO FOURNIE PAR STÉPHANE CHAMPAGNE)

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Bourreau de travail, Jacques Landreville, mort le 24 mai à 68 ans, «n'a jamais prisde vraie retraite».

PHOTO FOURNIE PAR STÉPHANE CHAMPAGNE

Nathalie Côté

Collaboration spéciale

La Presse

De fils d'épicier-boucher du quartier Saint-Henri à dirigeant d'entreprise multimillionnaire, Jacques Landreville en a fait du chemin. Décrit par ses proches comme un travailleur acharné et un homme au grand coeur, il s'est éteint le 24 mai, à l'âge de 68 ans.

M. Landreville a d'abord travaillé pour un ami de son père comme dresseur de chevaux. C'est dans ce cadre qu'il a rencontré son premier mentor: Fridolin Simard. Le propriétaire de l'Estérel l'a embauché comme chauffeur privé. « Un jour, M. Simard lui a dit qu'il était trop brillant pour rester simple chauffeur, raconte sa conjointe, Cécile Ledoux. Il l'a incité à retourner aux études. Il lui payait son salaire à temps plein même lorsqu'il travaillait à temps partiel. »

Il a étudié à HEC Montréal puis a fait un MBA à l'Université de Sherbrooke et un pré-doctorat à l'INSEAD, en France. C'est d'ailleurs lors de ses études à Sherbrooke qu'il a rencontré sa conjointe. « Ses amis et lui ont été mes premiers clients au restaurant où je travaillais, ils étaient arrogants d'ailleurs, raconte-t-elle en riant. Jacques me disait à la blague que je n'aurais pas de pourboire si je lui facturais sa crème glacée. »

Plus tard, M. Landreville a travaillé comme professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi, avant de devenir directeur du MBA à l'Université de Sherbrooke. Mais ce travail le laissait sur sa faim. « Il avait énormément d'énergie et il avait besoin de plus de défis », indique Mme Ledoux.

Carrière dans les affaires

Il a donc poursuivi sa carrière comme cadre supérieur chez Humpty Dumpty, Lassonde puis Culinar. En 1991, il est devenu président et chef de la direction d'Uni-Sélect. À l'époque, l'entreprise de distribution de pièces d'automobile avait un chiffre d'affaires de 200 millions. À sa retraite, en 2007, il était de près de 1,2 milliard.

« Il posait beaucoup de questions pour s'assurer de bien comprendre, se rappelle Michel Maheux, qui a travaillé avec lui chez Uni-Sélect. C'était un gestionnaire très exigeant, rigoureux et au tempérament bouillant. »

Véritable bourreau de travail, M. Landreville a ensuite continué à siéger à plusieurs conseils d'administration. « Il n'a jamais pris de vraie retraite, note M. Maheux. Il s'était acheté un condo en Floride et n'y passait jamais plus de deux semaines consécutives. Il voulait participer à ses réunions. »

Il a d'ailleurs été réélu au conseil d'administration de Lassonde à peine 11 jours avant son décès, rappelle son collègue Luc Provencher.

L'ancien professeur d'université avait aussi toujours à coeur d'aider les jeunes entrepreneurs. Il en prenait régulièrement sous son aile comme mentor. « Il était toujours prêt à aider », indique M. Maheux. Homme au grand coeur, M. Landreville était aussi engagé auprès de différents organismes, souligne M. Provencher.

Les funérailles de M. Landreville ont été célébrées samedi dernier, en l'église de Saint-Hubert, à Longueuil.




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