Forces armées: Trump exclut les «trans», Ottawa leur tend la main

L'armée canadienne compterait plus de 200 transgenres dans ses... (PHOTO ED JONES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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L'armée canadienne compterait plus de 200 transgenres dans ses rangs.

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(Ottawa) Le gouvernement canadien a réitéré hier sa politique d'ouverture à l'égard des militaires transgenres, alors que le président Donald Trump a suscité la surprise et soulevé l'indignation en annonçant sur Twitter leur exclusion des forces armées américaines.

« Les personnes transgenres sont en mesure de servir librement au sein des Forces canadiennes depuis 1992. Notre position en ce qui a trait aux précieux services qu'elles offrent aux Forces armées canadiennes n'a pas changé », a déclaré Jordan Owens, une porte-parole du ministre de la Défense Harjit Sajjan.

Le président Trump a fait cette annonce sur Twitter hier matin, disant que compte tenu des coûts associés à l'emploi de militaires transgenres, le gouvernement ne leur permettrait pas « de servir dans aucun service de l'armée américaine ».

On compte entre 2500 et 15 000 personnes transgenres dans les forces américaines. L'administration Obama avait annoncé l'an dernier l'admission de recrues transgenres à compter du 1er juillet 2017. À l'heure actuelle, un militaire transgenre ne peut être congédié.

Recours judiciaires envisagés

On ignore la portée qu'auront ces nouvelles mesures, si elles sont adoptées. En point de presse, la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders, n'a pas écarté la possibilité que des militaires transgenres actuellement en service soient démobilisés.

«C'est une question sur laquelle le département de la Défense et la Maison-Blanche devront travailler ensemble», a-t-elle indiqué.

Des groupes comme la Transgender American Veterans Association se sont insurgés contre cette sortie du président et ont promis d'avoir recours aux tribunaux pour contester d'éventuelles mesures. « On va lutter. Je suis en désaccord avec ses positions, je crois qu'il n'est pas patriotique du tout et je crois personnellement qu'il n'est pas apte à servir en tant que commandant en chef », a lancé le président de l'association Evan Young.

M. Young a ajouté que le Canada servait de modèle à cet égard pour bon nombre de militaires américains concernés. 

« Plusieurs m'ont même confié qu'ils pourraient tenter de déménager au Canada ! », a-t-il dit.

Les Forces canadiennes (FC) ont mis un terme à l'interdiction faite aux membres de la communauté LGBT de servir dans ses rangs en 1992. Une politique de « Gestion des militaires transsexuels des FC » a été adoptée en 2011. On y énonce les obligations de l'institution et du commandement en matière d'ouverture et d'accommodement à l'égard des membres concernés.

Encore du chemin à faire

Le député du Nouveau Parti démocratique Randall Garrison a reconnu que beaucoup de chemin avait été parcouru au cours des dernières années, mais qu'il restait encore du travail à faire, notamment pour continuer de faire évoluer la culture à l'interne. Il a demandé hier au premier ministre Justin Trudeau de dénoncer la sortie de son homologue américain.

« Je vois une condamnation de la politique américaine comme faisant partie [de ce changement de culture] », a-t-il noté. Il craint que des militaires canadiens soient directement touchés par une éventuelle politique américaine compte tenu de l'ampleur de la coopération militaire entre les deux pays.

- Avec l'Agence France-Presse

ILS ONT DIT...

« C'est incroyable. My God. Je me mets à la place des personnes trans qui sont militaires dans l'armée américaine et ça doit être terrible. Ça doit être très stressant. Je me mets à leur place. Ça ne doit pas bien aller. »

- Mélyssa Legault, militaire dans les Forces canadiennes de 1990 à 2006, qui a entrepris par la suite sa transition d'homme à femme

« À mon avis, il y a eu une évolution dans les Forces. On n'est plus au même endroit. [...] Par contre, il y a quand même une culture dans l'organisation qui est à travailler. »

- Pascal Vaillancourt, ancien militaire et directeur général d'Interligne (anciennement Gai Écoute)




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