Montréal vu par...

Kathy Reichs

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Sonia Sarfati
La Presse

L'anthropologue judiciaire et romancière américaine Kathy Reichs a succombé aux charmes de Montréal, au point où elle en a fait la ville d'adoption de Temperance Brennan, son alter ego dans les intrigues policières qu'elle signe chaque année depuis 1997. Tempe se promène ainsi régulièrement entre la Caroline du Nord et le Québec. Comme sa créatrice qui, elle, fait le tour du monde « en compagnie » de la métropole.

Premier séjour

C'était en 1989. Kathy Reichs enseignait à l'Université de Caroline du Nord quand, lors d'une réunion du conseil, il a été question d'un échange de professeurs avec l'Université Concordia. « Ça m'intéressait, je me suis portée volontaire. On m'a demandé si je parlais français, j'ai répondu : ‟Mais bien sûr !" » Après tout, elle avait suivi le cours de français 101 à l'école secondaire. Quelques mois après son arrivée, elle a appris que le laboratoire de médecine légale de Montréal était à la recherche d'un anthropologue judiciaire. « Il fallait être certifié. Je l'étais. Il fallait maîtriser le français. Je pensais que je le parlais », conclut-elle en éclatant de rire. Elle a obtenu le poste et, à partir de là, a organisé son horaire pour revenir à Montréal au moins une fois toutes les six semaines. Si elle est maintenant très à l'aise dans la langue de Molière, c'était moins le cas à l'époque.

Première impression

« C'était l'été ! Il faisait chaud, tout le monde était dehors, les terrasses étaient pleines, les gens dansaient sur le site du Festival de jazz. » Montréal portait ses atouts festifs à l'arrivée de Kathy Reichs. L'impact a été tel qu'elle a fait une place à cette première impression dans son premier roman, Déjà Dead.

Première déception

Et soudain, ç'a été l'hiver. « Tout le monde est rentré. » La fête était finie, en particulier pour elle, habituée à la douceur du Sud. « Le temps froid, ce n'est pas pour moi. Après 30 ans à venir au Québec régulièrement, j'aurais dû m'y faire. Mais pas du tout. Je déteste ça ! »

Premiers romans

Déjà Dead et Death du jour, les deux premiers romans mettant en scène Temperance Brennan, se passent entièrement (le premier) ou en partie (le deuxième) au Québec. Depuis, l'alter ego de la romancière se retrouve régulièrement sous nos cieux. « Quand je me suis lancée dans la fiction, je visais le public nord-américain. Je ne suis dit que Montréal offrait un décor assez familier pour que mes compatriotes se sentent à l'aise dans mes intrigues, mais aussi assez exotique pour les intriguer. Une ville européenne en Amérique, c'était une bonne combinaison. En plus, à cette époque, personne ne l'utilisait pour y camper ce genre de romans. »

Première qualité

« Sa diversité ! » La réponse fuse dans la seconde. Kathy Reichs la voit et la sait profonde, cette diversité montréalaise. Pas plaquée à la façon d'un vernis. « Vous descendez Sainte-Catherine et vous entendez toutes les langues du monde ! J'aime ça, et j'aime comment ça se reflète sur les restaurants, la cuisine, la culture. »

Premier défaut

« Vous ne pouvez pas tourner à droite au feu rouge ! » Cette réponse fuse aussi. « En Amérique du Nord, il n'y a que deux villes où c'est interdit, Manhattan et Montréal ! Bon, la circulation est également problématique, les travaux aussi - mais ils vont bien finir... par finir - et il faut une maîtrise en je-ne-sais-quoi pour comprendre les panneaux de stationnement, mais le virage à droite interdit, ça me dépasse », reprend-elle. Pause soudaine, comme un stop. Puis, elle prend une autre direction : « Et il y a les gens, qui sont tellement bien habillés ici que vous vous sentez facilement hors-jeu. Vous devez redoubler d'efforts pour être à la hauteur [rires]. »

Premières étapes

Une des étapes indissociables aux séjours montréalais de Kathy Reichs est le Hurley's Irish Pub. « Je viens d'y passer le week-end, entre autres pour fêter la Saint-Patrick », s'amuse celle qui a des racines irlandaises et qui aime comment Montréal célèbre le 17 mars. « J'aime aussi le mont Royal, cet îlot de verdure au coeur de la ville, et, bien sûr, le Vieux-Montréal. Mais ce serait formidable qu'il soit mieux intégré à la ville. Là, il en est un peu séparé. »




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