Montréal vu par...

Stéphane Gonthier

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La Presse

Chef de la direction, GardaWorld Transport de valeurs. Originaire de Rouyn-Noranda, Stéphane Gonthier a fait ses études en droit à l'Université de Montréal. Après avoir travaillé pour Alimentation Couche-Tard et Dollarama, il est parti vivre en Californie en 2013 où il était président de 99& Cents Stores Only Stores. Il travaille maintenant en Floride.

Votre premier ou votre plus beau souvenir de Montréal ?

C'est les saisons, les couleurs, la culture, les printemps, les étés, les terrasses, la vie culturelle dans les rues. Chaque ville a ses odeurs aussi. Montréal sur le bord du Saint-Laurent, ça ne sent pas la même chose que la Californie.

Que représente Montréal pour vous ?

C'est une ville qui a un grand rayonnement et qui est perçue comme une ville culturellement très active, qui est différente grâce à son bilinguisme. Il y a une joie de vivre qu'on ne trouve pas ailleurs, car il y a une meilleure intégration des différentes communautés. Il y a une véritable liberté de pensée, une liberté culturelle. Quand je suis à Montréal et que je regarde les nouvelles et qu'on se plaint du manque d'intégration de communautés culturelles, je me dis que ces gens-là devraient aller passer du temps dans les autres capitales dans le monde, car Montréal, c'est probablement la ville qui connaît la meilleure intégration, celle qui a le plus grand sens de l'acception, la plus grande tolérance, le plus grand respect des libertés et des droits, surtout la liberté de penser différemment. Montréal, c'est un exemple dans le monde. Tout cela est perçu par les étrangers quand ils parlent de Montréal, et ça fait une grande différence.

Quelle est la plus grande qualité et quel est le plus grand défaut de Montréal ?

Il y a une grande diversité culturelle, une grande contribution des différentes cultures. L'intégration pour moi, c'est la clé. Pour les défauts, je dirais la lenteur administrative et le manque d'ambition. Le temps nécessaire pour mettre en place des projets, les longs processus de consultation et le temps d'exécution. Il manque un sentiment d'urgence à Montréal à une époque où il y a une accélération de la cadence dans le monde, compte tenu des nouvelles technologies. Les villes deviennent de grandes entreprises, et il y a une compétition entre elles pour attirer le talent culturel et d'affaires pour devenir plus créatif. Montréal est plus lente que les villes américaines pour créer et mettre en place des projets associés à la création de richesse. Pour moi, c'est un manque d'ambition. Il n'y a pas de grand projet pour faire de Montréal un moteur économique au Québec, au Canada et dans le monde et un centre d'attraction pour le talent et les entreprises. Les gens sont ambitieux, mais il manque de grands projets porteurs à long terme. Ça marche, Montréal, mais ça pourrait marcher pas mal mieux !

Que souhaitez-vous à Montréal pour son 375e anniversaire ?

Je lui souhaite plus d'ambition. Il y a beaucoup de talent à Montréal, ce n'est pas un manque d'ambition des individus, mais c'est trop géré à la petite semaine. Il faut une pensée à long terme qui va permettre un plus grand rayonnement de Montréal à l'international. On a des spécificités, on a tellement de qualités, si on avait des projets et un plus grand sens de l'urgence... Mais je ne veux pas avoir l'air méchant parce que j'aime Montréal. D'ailleurs, je ne l'ai pas quittée, je suis parti à l'aventure.

- propos recueillis par Marie-Eve Fournier




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