Une association de déneigeurs dément servir de paravent à la collusion

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Lundi, le Bureau de l'inspecteur général (BIG) de Montréal publiait un rapport affirmant que la collusion avait toujours cours dans le secteur du déneigement de la métropole.

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Décrite par l'inspecteur général de Montréal comme un lieu de rencontre de déneigeurs collusionnaires, l'Association des entrepreneurs de déneigement du Québec (AEDQ) se défend de servir de paravent à la collusion. L'organisation invite Me Denis Gallant à venir assister à ses rencontres pour le constater par lui-même.

Lundi, le Bureau de l'inspecteur général (BIG) de Montréal publiait un rapport affirmant que la collusion avait toujours cours dans le secteur du déneigement de la métropole. Le document indiquait que les entrepreneurs se faisaient plus vigilants depuis les travaux de la commission Charbonneau, mais continuent à se voir. Fini les rencontres téléphoniques ou au restaurant et les courriels, ils se réuniraient plutôt «au coin d'une rue ou dans un véhicule pour ne pas attirer l'attention».

Une des façons de se rassembler sans attirer l'attention serait justement de profiter des rencontres de l'AEDQ, selon l'enquête du BIG. «Les rencontres de l'Association des entrepreneurs en déneigement du Québec sont d'ailleurs identifiées par certains témoins, dans une moindre mesure, comme un lieu de rencontre des entrepreneurs collusionnaires. L'assemblée générale annuelle du conseil d'administration de cette association constituerait en quelque sorte des occasions de se rencontrer sous un couvert officiel.»

L'AEDQ rejette ces accusations. «Nous réfutons catégoriquement toute participation de l'association, par nos instances officielles ou autrement, à quelque stratagème de collusion que ce soit», dit le directeur général, Mario Trudeau. L'organisation invite l'inspecteur général Denis Gallant à participer «à chacune de nos rencontres et à nous transmettre toute recommandation qu'il estimerait pertinente».

L'association assure être favorable à la libre concurrence à ce que tous aient libre accès aux différents marchés publics. «Notre code d'éthique, en vigueur depuis l'an dernier, précise explicitement le respect des lois sur la concurrence», poursuit M. Trudeau.

Le directeur général de l'AEDQ estime aussi que le rapport du BIG ne démontre pas la présence de collusion, mais rapporte plutôt le mécontentement de certains entrepreneurs n'ayant pas réussi à décrocher de contrat à Montréal. «Ça me donne l'impression d'un rapport statistique. On a interrogé des entrepreneurs qui ont émis leur opinion. C'est certain qu'il y en a qui sont fâchés. Mais ça manque d'informations. Je pense qu'il doit y avoir un travail pour aller plus loin», dit M. Trudeau.

Rappelons que le BIG a entendu les témoignages d'une soixantaine d'entrepreneurs en déneigement et décidé d'alerter le Bureau de la concurrence du Canada afin qu'il fasse enquête. Selon lui, une vingtaine d'entrepreneurs oeuvrant à Montréal auraient conclu des pactes de non-agression et soumettraient des soumissions de complaisance pour se partager le territoire. Des menaces, du vandalisme et de l'intimidation lui ont aussi été rapportés.

L'AEDQ a été fondée en 1975 et regroupe les principaux entrepreneurs en déneigement oeuvrant dans la région de Montréal.

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